Nous diffusons ce communiqué, publié le 12 juin 2026 par le Conseil Œcuménique des Eglises, dont CDM est partenaire, à l’issue d’une réunion de son Comité exécutif. Y est constatée la difficulté d’accès toujours plus grande aux territoires palestiniens occupés, avec ce que cela implique pour les chrétiens de ces pays.
Déclaration sur la présence chrétienne, le témoignage et la liberté de culte pour tous les peuples en Terre Sainte.
Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés;
dans des impasses, mais nous arrivons à passer.
(2 Corinthiens 4,8)
Le Comité exécutif du Conseil œcuménique des Églises (COE), réuni en ligne du 8 au 12 juin 2026, constate avec regret qu’il n’a pas pu se réunir à Bethléem comme prévu initialement. Cette réalité ne fait que refléter les défis profonds qui tenaillent aujourd’hui la Terre Sainte, où l’occupation israélienne, les restrictions d’entrée, les conflits, les guerres et l’insécurité ont considérablement entravé l’accès à la Palestine, empêchant de nombreux pèlerins, délégations ecclésiastiques et fidèles de se rendre sur les lieux emblématiques de la foi chrétienne et d’accompagner les Églises locales dans leur témoignage et leur ministère.
Pourtant, même face à ces défis, le Comité exécutif tient avant tout à affirmer le témoignage inébranlable de la communauté chrétienne palestinienne, dont la présence sur la terre de la naissance, du ministère, de la crucifixion et de la résurrection du Christ demeure un témoignage vivant de foi, d’espérance et de résilience. Depuis des générations, les chrétiens et chrétiennes de Palestine ont su préserver leur engagement envers leur terre, leurs églises et leur vocation d’artisans de paix en dépit de l’occupation, des déplacements, de la discrimination et des difficultés économiques. Leur présence continue n’est pas seulement une réalité démographique, mais un témoignage spirituel enraciné dans l’Évangile et dans la conviction que la justice, la réconciliation et la dignité humaine sont indissociables d’une paix authentique.
Le Comité exécutif reconnaît l’émergence et le développement d’une théologie chrétienne palestinienne, façonnée par une expérience particulière de vie et ancrée dans les Écritures, qui prône la fermeté, la non-violence, l’espoir, la justice et l’égale dignité conférée par Dieu à tous les êtres humains. Ce témoignage théologique enrichit le mouvement œcuménique mondial et apporte une contribution importante à la réflexion chrétienne sur la foi, les droits humains, la consolidation de la paix et la réconciliation dans des contextes de conflit et d’oppression.
Dans le même temps, le Comité exécutif reste profondément préoccupé par les restrictions persistantes qui entachent la liberté de culte et l’accès aux lieux saints, en particulier à Jérusalem et lors des grandes célébrations religieuses. Ces restrictions portent atteinte aux droits protégés par le droit international relatif aux droits humains, notamment l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Le Comité exécutif note en outre avec inquiétude la multiplication des incidents de harcèlement, d’intimidation, de violence et de profanation visant le clergé, les fidèles, les institutions et les communautés chrétiennes, en particulier à Jérusalem. De tels actes menacent à la fois la sécurité des personnes et la viabilité future de la présence chrétienne autochtone en Terre Sainte.
Le déclin continu de la population chrétienne à Jérusalem et dans l’ensemble de la Palestine, causé par l’occupation et par l’oppression, doit être considéré comme une question urgente pour les Églises du monde entier.
Par conséquent, le Comité exécutif:
Réaffirme le droit à la liberté de religion, de culte et d’accès aux lieux saints pour toutes et tous, sans discrimination.
Appelle les autorités israéliennes à honorer leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits humains et à garantir un accès sûr et sans entrave aux lieux de culte.
Condamne tous les actes de harcèlement, d’intimidation, de violence, de profanation et d’incitation à la haine dirigés contre les communautés, le clergé, les fidèles et les lieux saints de la Chrétienté.
Exprime sa profonde préoccupation face à l’érosion continue de la présence chrétienne autochtone en Terre Sainte et affirme que ces communautés font partie intégrante et irremplaçable du tissu historique, culturel, spirituel et social de la région.
Encourage les Églises du monde entier à écouter, accompagner et faire entendre la voix du peuple chrétien palestinien et à s’intéresser sérieusement à son témoignage théologique et à son expérience.
Appelle la communauté internationale à favoriser la mise en place de conditions permettant au peuple chrétien de Palestine et à toutes les communautés de Terre Sainte de vivre dans la sécurité, la dignité, l’égalité, l’autodétermination et la paix.
Invite les Églises membres du COE et ses partenaires œcuméniques à continuer de prier, de promouvoir et d’œuvrer pour la justice, la paix, la réconciliation et l’épanouissement des communautés chrétiennes vivantes de Terre Sainte.
Approuvé par la PIC (Public Issues Sub-Committee, Sous-commission des questions publiques).
