Après l’adoption par le Parlement européen d’une réforme du règlement dit “retour”, un appel de la CIMADE.

Nous relayons cet appel de la CIMADE, dont CDM est partenaire, au moment où vont entrer en vigueur les dispositions du nouveau règlement “retour” de l’Union Européenne, dans un climat de xénophobie systématisée.

Les personnes étrangères ont besoin de votre soutien. 

“Renvoyez-les ! Renvoyez-les !” ont scandé les élu·e·s d’extrême droite le 17 juin dernier après l’adoption par le Parlement européen d’une réforme du règlement dit “retour” qui durcit radicalement le système européen d’expulsion des personnes étrangères.

Fichage généralisé, traque organisée, marginalisation des personnes étrangères, amoindrissement des possibilités de régularisation, durée de rétention allongée, accès à la justice restreint, accélération et renforcement des expulsions… La Cimade dénonce une attaque frontale contre les droits fondamentaux et la dignité humaine et s’inquiète d’un texte imprégné de présupposés racistes, annonciateur de politiques migratoires toujours plus absurdes et mortifères.

Surveillance, contrôle et coercition sont les leviers de ce texte.

Le renforcement des logiques de fichage à travers l’Union européenne menace la vie privée et familiale et empêche la régularisation des personnes, les forçant à demeurer sans papiers aux marges de la société, ce qui accroît les risques de précarisation et d’exploitation.

Le texte compromet également l’assistance juridique, la représentation en justice gratuite pour les personnes n’ayant pas les moyens de se défendre, et remet en question le fait qu’une décision de justice puisse être mise en pause le temps qu’un recours soit examiné (les personnes pourraient être expulsées avant la décision finale d’un juge), autant d’éléments pourtant essentiels au respect de l’état de droit.

En multipliant les motifs de placement en rétention et la durée maximale de détention (jusqu’à 24 mois, voire plus en cas de “risques sécuritaire”), cette réforme aura des conséquences dramatiques pour les personnes concernées.

Cette réforme part une nouvelle fois du postulat que l’immigration serait un problème, et que toutes les politiques, y compris les plus attentatoires aux droits humains et à la dignité des personnes, peuvent être mises en place pour empêcher l’arrivée de celles et ceux qui sont considérées comme indésirables.

A rebours de ce durcissement des réglementations qui va encore précariser, marginaliser et criminaliser les personnes étrangères, d’autres politiques sont pourtant possibles pour remettre les principes d’accueil et de solidarité au cœur de notre avenir commun.

Face à ce nouveau tournant répressif européen, il est encore temps d’agir !

Le Conseil européen va adopter le texte d’ici l’automne. Dès lors, la France aura un an pour mettre en œuvre un certain nombre de dispositions du texte. Il reste une petite marge de manœuvre lors de cette période de mise en œuvre au niveau national.

Avec votre soutien, La Cimade peut :

Continuer à interpeller nos responsables politiques pour qu’ils et elles privilégient une approche humaine et respectueuse des droits, plutôt que de valider une vision sécuritaire et stigmatisante des migrations.

Former les équipes bénévoles de La Cimade à accompagner et conseiller les personnes étrangères face à de nouvelles règles juridiques complexes et restrictives.

Intensifier notre lutte contre les préjugés et sensibiliser l’opinion publique pour déconstruire les préjugés et montrer la réalité des politiques migratoires.

Ensemble, faisons le choix de la solidarité et de la dignité.

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