Le président Trump a des soucis plus urgents que la mise en œuvre de son plan de paix pour Gaza, et l’actualité de la guerre est plutôt du côté de l’Iran et des pays du Golfe alliés d’Israël et des Etats-Unis. Son attention s’est détournée de Gaza et de la Palestine occupée et de ce fait leur situation est largement sortie de l’information courante.
A Gaza pourtant la violence se poursuit, presque chaque jour des Palestiniens son tués par des tirs israéliens, et l’on parle d’une reprise de la colonisation dans la partie du territoire délimitée par une “ligne jaune” reculant au gré des prises de possession israéliennes. Voici des documents émanant de diverses sources, attentives au devenir des plusieurs millions de “non-Juifs”, principalement des Arabes, soumis au pouvoir israélien, Arabes d’Israël devenus citoyens de seconde zone, habitants de Jérusalem, Palestiniens de la Cisjordanie occupée dans laquelle les trois zones des accords d’Oslo ont perdu toute signification, habitants de Gaza. Ces statuts sont soigneusement compartimentés, pour qu’une action solidaire soit rendue à peu près impossible.
Taybeh, ce dernier village chrétien de Cisjordanie qui “vit dans la peur permanente des attaques” israéliennes
Quotidien La Croix du 17 juillet 2026
La Croix assure une veille attentive de l’information concernant Israël et la Palestine, dans une présentation équitable qui se distingue du biais pro-israélien systématique d’un certain nombre de médias français. Nous présentons ici cet article de Charlie Deulme, envoyée spécial à Taybeh (Cisjordanie) dont voici l’introduction :
Cerné par les colonies et les avant-postes israéliens, le village palestinien de Taybeh, où Jésus a séjourné, voit ses terres se réduire, son économie s’effondrer et ses habitants quitter le pays. La communauté chrétienne redoute désormais de disparaître.
Voici le lien vers la totalité de l’article (sous condition d’abonnement) : https://www.la-croix.com/religion/taybeh-ce-dernier-village-chretien-de-cisjordanie-qui-vit-dans-la-peur-permanente-des-attaques-israeliennes-20260717
L’information fournie par La Croix est riche et variée. Qu’on en juge par quelques titres d’articles de ces dernières semaines, accessibles par le lien Conflit israélo-palestinien : dernières actus. Ils sont généralement réservés aux abonnés du journal.
En plus de l’article sur Taybeh ici présenté, nous relevons :
–La Jordanie, victime paradoxale de la guerre entre son protecteur américain et l’Iran. Par Julie Connan
–Gaza : malgré la dissolution de ses instances dirigeantes, le Hamas règne toujours, sans alternative viable. Par Julie Connan
–“Israël, une course vers l’abîme”, d’Omer Bartov : la solution d’un Cassandre israélien. Par Thomas Hofnung
–Hôpitaux en crise, secouristes pris pour cible… Se soigner est devenu un parcours d’obstacles en Cisjordanie occupée. Par Charlie Deulme, correspondante à Jérusalem.
–À Gaza, les ONG prises au piège du statu quo humanitaire. Par Jean-Baptiste François.
A suivre…
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L’urgence de prier pour la paix, un an après l’attaque contre la paroisse de Gaza – Vatican News
Dans cet article de Beatrice Guarrera, daté du 18 juillet 2026 depuis la Cité du Vatican, le curé de la paroisse de la Sainte-Famille à Gaza, le père Gabriel Romanelli, évoque le raid qui a coûté la vie à trois personnes le 17 juillet 2025 et annonce une célébration spéciale ce dimanche [19 juillet]. Dans la bande de Gaza, la crise humanitaire n’est toujours pas terminée: les bâtiments et les routes sont détruits et les déplacements à l’intérieur du territoire sont extrêmement difficiles.
L’article annonce aussi la réouverture de l’école de la paroisse Sainte-Thérèse de Gaza, qui dépend du Patriarcat latin, et qui pourrait accueillir un millier d’enfants déscolarisés de longue date.

Destruction dans le camp de réfugiés de Bureij le 16 juillet 2026 (AFP or licensors) – Vatican News
Vatican News est un media basé au Vatican. Il a sa propre autonomie éditoriale et ne relève pas de la communication officielle de l’Etat du Vatican.
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Israël : plus de 80 actes antichrétiens recensés en 90 jours
Dans Terre sainte Magazine
Nous avons plusieurs fois fait référence à ce média édité à Jérusalem et extrêmement respectueux de la complexité de la situation sur place. Il dépend de la custodie franciscaine de Terre Sainte (1). Sa rédactrice en chef, Marie-Armelle Beaulieu, y rend compte de l’actualité avec le recul de sa longue expérience et de son implication personnelle sur le terrain.
“Les crachats demeurent de très loin la forme de harcèlement la plus courante : ils représentent plus de la moitié des actes signalés (47 cas). Viennent ensuite les insultes verbales, les comportements menaçants, les dégradations de panneaux indiquant des sites chrétiens, les jets d’ordures et plusieurs agressions physiques. Le rapport décrit également une succession presque quotidienne de crachats dirigés contre des prêtres, des moines, des religieuses ou des pèlerins.”
Le rapport du Religious Freedom Data Center souligne aussi la volonté des autorités israéliennes de rendre invisible la présence chrétienne, à Jérusalem en particulier, en l’excluant de l’affichage et de la signalétique.
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(1) Voir par exemple, le 27 mai 2024 :
“Terre Sainte Magazine”, revue publiée à Jérusalem et précieuse source d’information.
Et le 21 octobre 2021 :
Terre Sainte Magazine, un siècle d’histoire, au Collège des Bernardins à Paris.
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“Les chrétiens en Terre Sainte ont l’impression d’être abandonnés”
Dans Paris Notre-Dame, revue de l’Eglise catholique à Paris
Le numéro de la semaine sainte 2026 cette revue publie un intéressant entretien avec Marie-Armelle Beaulieu, la rédactrice en chef de Terre Sainte magazine que nous évoquions plus haut. Elle propose des réflexions qui dépassent le contexte des fêtes pascales et de la quête impérée du vendredi saint pour les lieux saints. Elles sont significatives de la situation des chrétiens en Terre sainte.
26 mars 2026
Paris Notre-Dame – Comment décrire la situation actuelle en Terre Sainte pour les chrétiens ?
Marie-Armelle Beaulieu – Nous sommes profondément tristes… et je dis tristes pour ne pas dire déprimés. Certes, le conflit ne date pas d’hier – depuis le 7 octobre 2023, nous n’arrêtons pas d’être en guerre. Mais, ces dernières semaines, nous vivons un nouvel épisode qui nous touche particulièrement : tout le monde est concerné par les attaques de missiles iraniens et, pour ceux qui habitent dans le nord, de roquettes libanaises du Hezbollah. À l’instant, mon téléphone vient d’ailleurs de recevoir une nouvelle alerte ; et les sirènes ne vont pas tarder à sonner dans la rue. Fautes d’abris suffisants sur cette partie du territoire, nous pouvons seulement prier pour que les missiles et leurs débris ne tombent pas sur nous. Quoi que l’on pense du régime iranien, la guerre, telle qu’elle est menée aujourd’hui par les Israéliens et les Américains, ne résoudra rien. Rien. On va avoir l’impression de faire taire l’Iran mais on a fabriqué, partout dans le monde, des milliers et des millions de gens encore plus haineux des États-Unis et de l’État d’Israël, des Israéliens et probablement de tous les juifs. Comment va-t-on réussir à s’en sortir ?! Les sentiments qui dominent sont donc la tristesse, l’épuisement et la frustration de ne pas voir d’issue.
P. N.-D. – Quand on parle des “chrétiens de Terre Sainte”, de qui parle-t-on exactement ?
M.-A. B. – Cette expression, à vrai dire, ne signifie pas grand-chose. La Terre Sainte est une réalité géographique plus ou moins étendue. La “petite” Terre Sainte, disons, recouvre l’État d’Israël et le territoire qui devrait être l’État de Palestine et que l’on appelle Cisjordanie, Cisjordanie occupée, territoires palestiniens, etc. Et même sur ces terres, la perception des chrétiens y est diverse. En ce sens, les “chrétiens de Terre Sainte”, cela n’existe pas. En revanche, ce qui est certain, c’est que les chrétiens “en Terre Sainte” partagent tous le sentiment d’être pris en étau au milieu d’une guerre, au départ territoriale mais devenue idéologiquement religieuse, entre le judaïsme et l’islam. Et ils ont l’impression d’être abandonnés.
P. N.-D. – Dans ce contexte, comment la communauté chrétienne se prépare-t-elle à célébrer Pâques ?
M.-A. B. – Habituellement, à Jérusalem, la période qui précède Pâques est extraordinaire : l’entrée du patriarche au Saint-Sépulcre le samedi, les vêpres solennelles, l’office des vigiles célébré au cœur de la nuit, la messe de la Résurrection le dimanche matin, et, tout au long de la Semaine sainte, des pèlerinages sur les lieux de la Passion du Christ pour monter ensemble jusqu’à Pâques… Cette année, nous n’aurons rien de tout cela. Depuis le début de la guerre avec l’Iran, le 28 février [2026], les lieux de culte – au même titre que tous les endroits considérés comme non essentiels – ont été fermés. Cependant, contrairement à une fausse information qui a récemment circulé, les offices ne sont pas interdits. Les chrétiens vont pouvoir fêter Pâques, seulement les célébrations se dérouleront dans le cadre des restrictions imposées par la défense civile. À priori, elles devraient se tenir dans des conditions semblables à celles de la pandémie de Covid-19, avec une assistance limitée : les dix frères franciscains qui vivent au Saint- Sépulcre auxquels vont être ajoutés le patriarche bien sûr, un organiste, un cérémoniaire, un thuriféraire, certainement un frère pour porter la croix, un autre la mitre, etc. Il y aura en tout et pour tout, je pense, vingt à trente personnes maximum.
P. N.-D. – Chaque Vendredi saint est organisée, dans l’ensemble des églises catholiques du monde, une quête pour soutenir les communautés chrétiennes de Terre Sainte et les Lieux saints : que représente-t-elle concrètement pour les fidèles locaux ?
M.-A. B. – Cette quête est capitale car elle leur est directement destinée ! Avec cet argent, on finance les écoles, la pastorale, les œuvres éducatives et sociales, etc. Et si cette quête n’est pas suffisante, elle est indispensable, nécessaire. C’est tout le sens de la lettre du cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, adressée lundi 16 mars à tous les évêques du monde. Il faut la lire ! Il y écrit notamment : “Je sais que m’adresser à vous […] est de plus en plus difficile parce que, d’année en année, les mots deviennent répétitifs.” Mais nous sommes dans cette situation-là : chaque année, la situation des chrétiens en Terre Sainte empire. Mais ils ne veulent pas qu’on leur offre un enterrement de première classe. Nous sommes claquemurés dans nos frontières, sous les bombes, et les gens prient encore, les religieux célèbrent encore, il y a encore toutes les prières de la liturgie au Saint-Sépulcre. Ils sont la communauté qui a accueilli Jésus il y a 2 000 ans. Ils veulent vivre, dignement, sur leur terre… Et pour cela, ils ont besoin que les gens pensent à eux, découvrent la réalité de ce qui est vécu ici, les aident financièrement parce que, aujourd’hui, ils sont empêchés de vivre d’une économie viable.
P. N.-D. – Que peuvent apprendre les catholiques français de ce que vivent aujourd’hui les chrétiens en Terre Sainte ?
M.-A. B. – L’exemple de leur foi et de leur ouverture d’esprit. Nous avons ici treize confessions chrétiennes permanentes qui comptent 180 000 chrétiens arabes. Elles sont représentées dans quasiment toutes les familles. Alors pourquoi en France, on n’y arriverait pas entre les “tradis” et les “modernes” ? Ici, j’assiste autant à la messe en grec, qu’en arabe, syriaque, araméen, latin, français, russe et même hébreu. Les célébrations sont dans toutes les langues, tous les rites, tous les ornements liturgiques possibles. Je ne dis pas que nous ne sommes jamais jaloux les uns des autres ! Mais personne ne prétend avoir la vérité tout entière et nous sommes habitués à ces différences. À travers la variété de ces Églises, on perçoit quelque chose du temps apostolique. Je suis persuadée que l’Église de Terre Sainte peut aider le reste du monde à se revivifier dans l’Évangile. Mais encore faut-il regarder et entendre le message de la Terre Sainte. La source d’eau vive, la source de la vie éternelle, coule toujours à Jérusalem. C’est pour cela qu’il faudra revenir en pèlerinage.
Propos recueillis par Mathilde Rambaud
Pour aller plus loin
- Lettre du cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, à l’occasion de la quête impérée du Vendredi saint 2026, à lire sur dioceseparis.fr
- Terre Sainte magazine est à découvrir en ligne sur terresainte.net
