CDM est partenaire de Pax Christi France, et reprend ce texte où le vice-président de cette association fait part de ses inquiétudes à propos de la situation en Palestine occupée.
Lettre ouverte.
Monsieur le Président de la République Française,
Comme vous le savez, la situation en Cisjordanie ne cesse de se détériorer. L’ONU s’alarme de l’escalade des violences. De nombreux acteurs palestiniens transmettent des appels à la mobilisation de la communauté internationale. La situation à Gaza demeure catastrophique.
Nous ne manquons pas d’informations. Nous manquons de réactions efficaces. Il y a urgence à passer des paroles aux actes.
Les contacts que nous avons en Israël et Palestine nous disent différentes choses qu’il faut entendre. Dépassant les haines liées à la méconnaissance et à la séparation organisée des peuples, ils nous montrent que, de la rencontre où l’autre est écouté et compris, naît un dialogue fécond qui débouche sur une vision d’une terre où juifs, musulmans, chrétiens pourraient vivre dans une égale dignité et en toute justice. La confiance peut renaître.
Repensons à notre histoire avec l’Allemagne : avant la première guerre mondiale, plus encore entre les deux guerres, beaucoup se sont mobilisés pour la réconciliation franco-allemande. Ce mouvement, continué discrètement pendant la seconde guerre mondiale, a débouché sur la situation que nous connaissons aujourd’hui avec l’Union Européenne. L’organisation politique s’est construite au fil des initiatives pour mettre en œuvre la vision. Pax Christi est né en 1945 pour travailler à cette réconciliation.
Pourquoi ce qui a prévalu en Europe ne serait pas possible au Moyen Orient ?
Nos contacts nous disent aussi que le droit international a failli. Ce n’est pas le droit international qui reste toujours opposable qui a failli, c’est son non-respect répété au fil des décennies qui amène à la situation que nous connaissons aujourd’hui. Les pays occidentaux ont une responsabilité importante dans cet état de fait et perdent ainsi une partie de leur crédit auprès des autres nations. En même temps, ils nous disent qu’il faut continuer à s’appuyer sur ce droit pour exhorter nos gouvernants à agir.
Pour ces mêmes personnes, l’Europe reste l’acteur principal, avec la France en particulier, pour faire évoluer positivement la situation.
La France met-elle en œuvre tous les moyens raisonnablement à sa disposition afin de prévenir la situation génocidaire dans la bande de Gaza comme le prévoit la Convention de Prévention et de Répression du Génocide ? Quel soutien apporte-t-elle à la Cour Pénale Internationale ?
La France a-t-elle mis fin à toute aide ou assistance dans le Territoire Palestinien Occupé, occupation déclarée illégale par la justice internationale ?
Au niveau européen, la France s’engage-t-elle nettement pour la suspension de l’Accord d’Association entre l’Union Européenne et Israël en vertu du non-respect par Israël de l’Article 2 le conditionnant au respect des droits humains ?
Les moyens existent au niveau national et international pour agir concrètement. Utilisons-les.
Depuis 1948, le non-respect de l’égale dignité des personnes, le non-respect du droit international, l’usage de la violence de part et d’autre, l’accaparement des terres amènent à la situation paroxystique actuelle qui ne débouche et ne débouchera sur aucun projet politique viable. La démonstration en est faite. L’usage de la violence n’a pas donné de résultat, la paix par la force se révèle être une illusion.
Il est temps de se tourner vers la non-violence active en s’appuyant et promouvant toutes les forces existantes en Israël et en Palestine qui s’engagent dans cette direction. C’est la voie de l’avenir. Il est encore temps de l’emprunter.
Nous sommes à disposition, avec nos mouvements et associations partenaires, pour échanger avec vous et possiblement envisager des actions complémentaires.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République Française, l’assurance de ma haute considération.
Hervé DORY
Vice-Président de et pour Pax Christi France

On relira dans ce contexte l’appel du pasteur Munther Isaac qui est sur notre site, “Urgent message and call to prayer from Rev. Munther Isaac” (un appel urgent à la prière et à l’action du Rev. Munther Isaac), avec la traduction de sa transcription.
Voici celui du père Ibrahim Faltas, responsable des écoles de la Custodie (la Custodie de Terre Sainte est la mission confiée aux Franciscains pour garder les lieux saints).
La Cisjordanie saigne.
Faltas : écouter les appels du Pape à mettre fin à la violence
Le directeur des écoles de la Custodie de Terre Sainte se dit profondément affligé devant une terre devenue “méconnaissable”. Il adresse un avertissement à ceux qui provoquent la violence ainsi qu’à “ceux qui n’interviennent pas pour arrêter une spirale sans fin”. Il espère que les élections annoncées en Israël et en Palestine apporteront “de nouveaux équilibres et une véritable justice aux deux peuples”.
Par le père Ibrahim Faltas*
Vatican News

