Où est passée la gauche israélienne? Entretien de Marilyn Pacouret avec Thomas Vescovi.

Thomas Vescovi, à l’occasion de la parution de son livre, L’échec d’une utopie, une histoire des gauches en Israël, a bien voulu répondre, dans le cadre de ce dossier consacré à la Palestine et à Israël, aux questions de Marilyn Pacouret, présidente de “Chrétiens de la Méditerranée”.

L’échec d’une utopie, une histoire des gauches en Israël (La Découverte, mars 2021). Une recension doit en être prochainement publiée sur notre site.

-o-

Chercheur indépendant en histoire contemporaine, diplômé de l’université Paris-8, Thomas Vescovi collabore à différents médias (Middle East Eye, Le Monde diplomatique, Moyen-Orient). Il est l’auteur de La Mémoire de la Nakba en Israël (L’Harmattan, 2015), qui a fait l’objet d’une recension par Martine Millet sur ce site.

Voici les quatre questions qui sont abordées au cours de l’entretien:

  1. Pourquoi avoir associé ces deux termes dans le titre de ton ouvrage : “échec” et “gauche (s) israélienne (s)”?
  2. Les deux diagrammes, présentant le contenu de ton livre, sont tout à fait éclairants pour comprendre le déclin de la représentativité des partis ou mouvements politiques à la Knesset, avec deux dates, 1949 et 2020. Mais qu’en est-il aujourd’hui de la place qu’ils occupent dans la société civile israélienne? Quel impact ont-ils dans les manifestations anti-Netanyahou, puis aujourd’hui hostiles à la politique de Naftali Bennet?
  3. Quelle est la place qui est octroyée aux Palestiniens d’Israël depuis l’adoption de la loi sur l’État-Nation de 2018? Démocratie, école, université, vie quotidienne, vie professionnelle, qu’est-ce qui a changé? Et plus largement, comment les Palestiniens d’Israël sont-ils en lien avec les mouvements de Cisjordanie, de  Jérusalem-Est, de Gaza?
  4. Les accords d’Oslo sont enterrés, le camp de la Paix est exsangue voire inexistant, l’extrême-droite israélienne est renforcée, les élections palestiniennes ont été annulées… La légitimité de l’Autorité palestinienne est remise en cause par la jeunesse. Devant un tel tableau, quelles perspectives avoir, quelles solutions penser pour la fin de l’occupation, la fin de la colonisation et l’application du droit à l’autodétermination du peuple palestinien dans son ensemble ? La gauche sioniste en Israël est-elle prête à abandonner sa propre vision datée du sionisme?

Pour aller plus loin:

– “L’échec des gauches en Israël”, chronique de Jean Lebrun à propos du livre de Thomas Vescovi sur France-Inter, “Le vif de l’histoire”, 14 mai 2021. Écouter l’émission:

https://www.franceinter.fr/emissions/le-vif-de-l-histoire/le-vif-de-l-histoire-14-mai-2021

“Israël tel qu’il a été créé par des socialistes se fondait sur un principe de solidarité entre travailleurs. Aujourd’hui la moitié des jeunes Israéliens s’arrangerait pour échapper au service militaire et seuls 41% choisiraient l’enseignement public pour leurs enfants, la majorité se dirigeant donc vers l’enseignement privé ou religieux.” Lire la suite.

– “Israël rappelle aux Arabes israéliens qu’ils sont Palestiniens” – Perspectives Décoloniales, blog de Thomas Vescovi, 26 mai 2021.

https://thomasvescovi.wordpress.com/2021/05/26/israel-rappelle-aux-arabes-israeliens-quils-sont-palestiniens/

Article pour Middle East Eye, Édition française. Face à la révolte de sa minorité arabe, Israël, régulièrement confronté au même dilemme – la traiter comme un ensemble de citoyens à part entière ou appliquer une répression arbitraire et massive – a systématiquement opté pour la seconde option.

Retour à l’accueil