Titre

L’Hégémonie contestée

Sous titre

Les nouvelles formes de domination internationale

Auteur

Bertrand Badie

Type

livre

Editeur

Paris : Odile Jacob, oct. 2019

Nombre de pages

227 p.

Prix

22,90 €

Date de publication

31 juillet 2020

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L’Hégémonie contestée

Qu’est-ce que l’hégémonie ?

Née d’une alliance militaire – Ligue de Délos – entre les cités grecques pour combattre les Perses, l’hégémonie athénienne est un concept que Thucydide a développé pour expliquer l’ascendant que prit Athènes sur les autres cités dans un rapport de vassalité acceptée « de plein gré » en échange de sa protection.

Mais pourquoi ce concept s’est-il imposé régulièrement dans les relations internationales depuis plus de deux mille ans ? C’est à cette question que s’attaque Bertrand Badie dans son nouvel essai : L’Hégémonie contestée. Les nouvelles formes de domination internationale. La réponse est claire : l’hégémonie est un mythe.

Des exemples de Charles-Quint qui échouera à coaliser les Etats européens contre l’ennemi turc, de Louis XIV dont les tentatives hégémoniques se heurteront à la ligue d’Augsbourg ou de Napoléon rêvant d’une hégémonie messianique, dans la continuité de l’ère des Lumières et de la Révolution, jusqu’à la Grande-Bretagne du XIXe tentant d’asseoir une hégémonie économique sur une partie du monde, il ressort que celle-ci n’a jamais réussi à imposer une « adhésion réelle et consentie ».

A la sortie de la 2e guerre mondiale, en 1945, les Etats-Unis deviennent l’hégémon1 pour le monde occidental, protecteur et bienveillant ; mais face à lui, se dresse l’Union soviétique, remplissant le même rôle pour les pays de l’Est et établissant pour quelques décennies une « hégémonie partagée », donc imparfaite, qui se fracassera sur le mur de Berlin, en 1989.

Et aujourd’hui qu’en reste-t-il ? Dès les années 70, la puissance américaine s’épuise dans des guerres sans issues pour, finalement, se retirer du jeu mondial avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, en 2017 ; la Russie n’est plus qu’une puissance de seconde zone et partout la contestation sociale, identitaire, économique explose, ouvrant la voie à une nouvelle forme de relations internationales où le faible s’affirme de plus en plus face au puissant2 et où la mondialisation crée une interdépendance entre les Etats.

Dans ce nouvel ordre (ou désordre…) mondial, la Chine peut-elle devenir le prochain hégémon ? Non répond B. Badie pour qui les objectifs de la Chine reste essentiellement économiques tant, aujourd’hui, « la vision du politique de la Chine relève plus de la logique du rayonnement que de celle de l’expansion ».

Dans ce brillant mais difficile essai, Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales et professeur des Universités à Science Po Paris, conclut à la disparition de l’hégémonie et s’interroge sur ce que sera le monde de demain sans y apporter de réponse. Et, aujourd’hui, qui peut envisager sereinement ce que seront les relations internationales futures ?

Francis Labes

Notes de la rédaction

1 L’hégémon (ἡγεμών), chef militaire dans la Grèce antique, représentant de l’hégémonie

2 Voir, sur le site de CDM, les recensions de livres de Bertrand Badie : Quand le Sud réinvente le monde : essai sur la puissance de la faiblesse, mise en ligne le 4 mars 2019 et Nous ne sommes plus seuls au monde : un autre regard sur l’« ordre international » , mise en ligne le 4 avril 2017.

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