« Je suis la paix… »

O Jérusalem, si belle entre tes tours… chantait le Père Cocagnac scandant les heures d’école biblique… Est-ce qu’on m’a fait rêver de Jérusalem en cette lointaine époque ? En tout cas je n’ai eu de cesse d’aller lui rendre visite… Mais pourquoi ?

Si Jérusalem est bien la ville dont on part et où l’on revient, comme lors des pèlerinages au Temple autrefois pour les fêtes, elle est maintenant pour moi avant tout le lieu où Jésus a dit à ses disciples : allez, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant… (Mt 28). Je considère donc le monde entier comme la nouvelle Jérusalem, lieu irisé par la lumière de la ville d’origine où les débuts de notre histoire chrétienne s’est déroulée. Oui, il est précieux de pouvoir se promener dans des lieux où l’on perçoit autrement peut-être que dans les textes bibliques la vie terrestre de notre Seigneur et son enseignement. Non, il n’est pas indispensable d’y être ou d’y avoir été pour vivre notre vie de servante et serviteur du Christ. Et pourtant, Jérusalem a toujours saigné de l’incompréhension humaine. Si Jérusalem, selon la signification de son nom, peut être signe de paix, c’est sans doute au prix d’une désacralisation radicale, pourquoi visiter le sépulcre du Ressuscité ? Il n’est pas là, il vous précède… (Mt 28), en Galilée mais aussi à Paris, à Corinthe, à Nouméa, à Reykjavik, et dans tous les lieux où est proclamée la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ. Mon souhait ? Que le psalmiste n’ait plus à pleurer : je suis la paix mais si je parle ils sont pour la guerre (Ps 120/119).

 

Danielle Morel-Vergniol
Pasteur