Attaques de colons israéliens en Cisjordanie, profanation d’un crucifix au Liban par un membre de l’armée israélienne.

Parmi les violences qui continuent à sévir aussi bien en Cisjordanie qu’au Liban, retenons comme significatifs deux faits récents. Dans l’un, c’est le patriarcat latin de Jérusalem qui est concerné. Ce diocèse catholique comprend en particulier la Terre sainte et la Jordanie. L’agression se place dans le contexte de la campagne israélienne d’annexion de facto de l’ensemble de la Cisjordanie. Elle s’accompagne de l’expulsion de Palestiniens des terres qui leur appartiennent. Dans l’autre, on voit la profanation d’une statue du Christ en croix dans un village chrétien du Liban. L’événement est caractéristique d’une certaine conduite de l’armée israélienne en guerre, dont le Premier ministre israélien a tenu à se désolidariser de manière ostentatoire.

Communiqué de presse du Patriarcat latin de Jérusalem à propos des intrusions de colons israéliens sur ses terres

Le département des dotations et biens du Patriarcat latin a tenu une réunion sur le terrain avec les autorités militaires et l’administration civile concernant les intrusions de colons sur les terres de Tayasir/Hamam Il-Maleh – Gouvernorat de Tubas

Le Département des dotations et biens du Patriarcat latin a tenu [aujourd’hui], mercredi 23 avril 2026, une réunion sur le terrain dans les régions de Tayasir et Hamam Il-Maleh, avec des représentants des autorités militaires et de l’administration civile, afin de discuter des graves conséquences des récentes intrusions de colons sur les terres appartenant au Patriarcat latin dans la région de Tayasir, dans le gouvernorat de Tubas.

Dans le cadre du suivi juridique, le département a déposé une plainte officielle et documentée auprès des autorités compétentes, comprenant des détails sur les attaques contre les résidents locaux et les terres du Patriarcat à plusieurs endroits. À la suite de cette plainte, les autorités ont entrepris les démarches nécessaires, notamment la poursuite des responsables et la saisie du matériel lourd utilisé pour détruire et endommager les terres du site. Au cours de la réunion, le Patriarcat, par l’intermédiaire du Département des dotations, a exprimé sa totale réprobation de ces actions, les qualifiant de violation flagrante des propriétés de l’Église. Il a appelé à la réparation immédiate de tous les dommages causés, à la prévention de toute intrusion future dans ces zones et à la mise en place d’une protection juridique pour les terres du Patriarcat.

Les représentants des autorités compétentes ont reconnu la gravité de la situation et se sont engagés à faire cesser immédiatement ces intrusions, ainsi qu’à mener à leur terme les poursuites judiciaires à l’encontre des personnes impliquées.

Le Patriarcat a également réaffirmé son soutien à la population et aux habitants de la région, ainsi que son engagement constant à les aider à rester inébranlables, à sauvegarder leur dignité et à vivre en sécurité de manière stable, conformément à la mission humanitaire de l’Église au service des personnes et de la terre. Sa Béatitude le cardinal Pierbattista Pizzaballa a été pleinement informé de l’évolution de la situation et a donné pour instruction de suivre cette affaire avec sérieux et d’apporter tout le soutien possible à la population locale dans ces circonstances difficiles.

Le Département des biens et dotations du Patriarcat latin confirme que la protection des biens ecclésiastiques constitue une ligne rouge. Il continuera à prendre toutes les mesures juridiques et administratives nécessaires pour protéger leur caractère sacré, préserver leur identité ecclésiale, défendre leurs droits légitimes et continuer à soutenir la population locale.

Il n’y a pas de texte français officiel. Cette traduction a été effectuée par nos soins. Source (en anglais) : https://www.lpj.org/en/news/press-statement-settler-encroachments-on-the-patriarchates-property

-o-

Le Patriarcat latin de Jérusalem dénonce les intrusions de colons sur ses terres

Le media en ligne Vatican News a fait écho à cet événement dans son édition en anglais. Voici une traduction de son  article.

Le Patriarcat latin de Jérusalem a qualifié l’envahissement récent de ses biens fonciers à Tayasir, en Cisjordanie, et les dégradations qui y ont été commises par des colons israéliens, de “violation flagrante des biens de l’Église”. Il affirme que “la protection des biens fonciers de l’Église est une ligne rouge”, et demande que les autorités s’engagent à remédier à la situation.

Un communiqué de presse publié sur le site web du Patriarcat latin de Jérusalem a fait part de ses préoccupations concernant les récentes intrusions de colons israéliens sur des terres appartenant à l’Église dans les zones de Tayasir et Hamam Il-Maleh, dans le gouvernorat de Tubas, au nord de la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée.

Mercredi 23 avril, des représentants du département des dotations et biens du Patriarcat ont tenu une réunion sur le terrain avec les autorités militaires israéliennes et des responsables de l’Administration civile, l’organisme chargé de gérer les affaires civiles en Cisjordanie, afin d’examiner les dégâts signalés sur les terres et leur impact sur les résidents locaux.

Cette réunion faisait suite au dépôt d’une plainte officielle documentant ce que le Patriarcat a qualifié d’attaques affectant à la fois les biens de l’Église et la communauté environnante. Selon le communiqué de presse, les autorités ont commencé à prendre des mesures, notamment “la poursuite des responsables et la saisie des engins de chantier utilisés pour la destruction des terres”.

Cet incident survient dans un contexte où les observateurs internationaux et les responsables religieux s’inquiètent de plus en plus de l’expansion continue des colonies et de la pression croissante exercée sur les communautés palestiniennes en Cisjordanie. Les organisations de défense des droits humains et les analystes ont souvent décrit ces développements comme contribuant à une “annexion de facto” de certaines parties du territoire, un processus largement considéré comme contraire au droit international et comme un obstacle supplémentaire à une solution négociée à deux États.

Au cours des discussions, le Patriarcat a exprimé “sa totale réprobation de ces actions”, les qualifiant de “violation flagrante des biens de l’Église”. Il a appelé à “la réparation immédiate de tous les dommages causés”, ainsi qu’à la mise en place de mesures visant à empêcher de nouvelles intrusions et à garantir la protection juridique de ses terres.

Les responsables présents ont reconnu la gravité de la situation et se sont engagés à faire cesser les intrusions et à poursuivre les procédures judiciaires à l’encontre des personnes impliquées.

Le Patriarcat a également réaffirmé son soutien aux résidents locaux, déclarant son engagement à les aider à “rester inébranlables, à protéger leur dignité et à vivre en sécurité et dans la stabilité”, conformément à sa mission humanitaire.

Texte original en anglais : https://www.vaticannews.va/en/church/news/2026-04/latin-patriarchate-of-jerusalem-denounces-settler-encroachments.html

-o-

DÉCLARATION
Profanation d’une image de Jésus crucifié

Le cardinal Pierbattista Pizzaballa a publié la déclaration suivante au sujet de la profanation d’un crucifix par un soldat israélien, au nom de l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte : Latins, Melkites, Maronites, Syriens, Arméniens, Chaldéens et Custodie de Terre Sainte.

Source (en anglais) : https://aocts.org/news/statement-profanation-of-an-image-of-jesus-crucified

L’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte exprime sa profonde indignation et sa condamnation sans réserve de la profanation d’une représentation de Jésus crucifié par un soldat israélien dans un village libanais.

Cet acte constitue un grave affront à la foi chrétienne et s’ajoute à d’autres incidents signalés de profanation de symboles chrétiens par des soldats de l’armée israélienne dans le sud du Liban. Il révèle en outre un échec inquiétant de la formation morale et humaine, où même le respect le plus élémentaire du sacré et de la dignité d’autrui a été gravement compromis.

L’Assemblée demande que des mesures disciplinaires immédiates et décisives soient prises, qu’un processus crédible de responsabilisation soit mis en place et que des garanties claires soient données quant au fait qu’un tel comportement ne sera ni toléré ni répété.

Pourtant, même face à une telle offense, la Croix reste inattaquable dans sa signification. Comme le déclare l’Apôtre saint Paul : “Loin de moi de me glorifier, sinon dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ” (Gal 6, 14). Pour les croyants, la Croix demeure une source de dignité, d’espoir et de rédemption, ainsi qu’un appel à vaincre la violence par l’amour sacrificiel.

C’est précisément dans cette perspective que l’Église continue de proclamer que la paix véritable ne peut naître de la violence, mais doit rester, selon les mots du pape Léon XIV, “désarmée… une paix qui appelle à ‘remettre l’épée dans son fourreau’”.

C’est pourquoi l’Assemblée renouvelle, avec urgence, son appel à mettre fin à la guerre qui tourmente cette région depuis bien trop longtemps, et à s’engager sur une voie où la paix se manifeste par la modération, le dialogue, la responsabilité et le respect du sacré et de toute vie humaine.

Jérusalem, le 20 avril [2026]

Traduit par nos soins, en l’absence de version officielle française. Voici la photo qui a fait scandale, telle qu’elle est publiée dans un article du site catholique anglais Independant Catholic News, à l’initiative de l’Association Church in Need (ACN), en France Aide à l’Eglise en détresse, Lebanon: Charity condemns destruction of crucifix by Israeli soldier.

Soldat israélien frappant un crucifix avec un marteau (from social media by Younis Tirawi)

Il est remarquable que le Premier ministre israélien se soit lui-même alarmé de l’événement, alors que, la déclaration en témoigne, les actes d’hostilité à l’encontre du christianisme sont déjà documentés dans la conduite de l’armée israélienne. Sans doute craint-il les réactions qu’une telle image peut susciter dans les groupes sionistes chrétiens, en particulier américains, qui sont les plus fermes soutiens du gouvernement israélien dans sa politique actuelle. Dont acte lui en a été fait dans le communiqué suivant de l’Assemblée des Ordinaires catholiques dont nous proposons aussi une traduction.

Note de remerciement

L’Assemblée tient à exprimer sa gratitude au président de l’État d’Israël, au Premier ministre et aux autorités gouvernementales compétentes pour leur condamnation claire et sans équivoque de l’acte de vandalisme commis à l’encontre de la statue de Jésus crucifié. L’Assemblée est par ailleurs convaincue que cette affaire sera traitée avec tout le sérieux qu’elle mérite.

Nous exprimons également notre gratitude à toutes les personnes et institutions qui ont manifesté leur solidarité à l’égard de cet incident en cette période très délicate pour l’ensemble de la population du Moyen-Orient.

Jérusalem, 21 Avril 2026

Original anglais https://aocts.org/news/statement-appreciation-note

Retour à l’accueil