Synode: "Benoît XVI dénonce la violence faite au nom de Dieu" – "Rome veut sauver les chrétiens d'Orient" – "La communion, source du témoignage des chrétiens d'Orient"

Benoît XVI dénonce la violence faite au nom de Dieu

La première journée de travail du synode des évêques pour le Moyen-Orient a été marquée par la présentation de la « relatio ante disceptationem », le rapport qui va servir à orienter les futurs débats. Dès l’ouverture de la première « congrégation générale » du synode, ce lundi 11 octobre, Benoît XVI s’est livré devant les 185 pères synodaux à une méditation improvisée très personnelle, axée sur le livre de l’Apocalypse, lu ce matin-là, évoquant « la souffrance des témoins du Christ ».
Reprenant le contexte du synode, le pape a évoqué « le pouvoir des idéologies terroristes. C’est apparemment au nom de Dieu qu’est faite cette violence, mais ce n’est pas Dieu, a martelé Benoît XVI. Il s’agit de fausses divinités qui doivent être démasquées, qui ne sont pas Dieu ». Lire la suite de l’article de Frédéric MOUNIER, à Rome sur le site du journal La Croix

Rome veut sauver les chrétiens d’Orient

Les pressions de l’islam radical dans le berceau du christianisme sont au cœur du synode qui s’ouvre au Vatican. Prendre «de la hauteur» et analyser les problèmes du Proche-Orient avec le «regard de Dieu»: telle est l’ambition que Benoît XVI a fixée, dimanche matin dans la basilique Saint-Pierre, aux 246 patriarches, évêques, prêtres et experts de cette région du monde qu’il a convoqués à Rome, pour deux semaines d’un synode consacré à l’avenir des chrétiens de Terre sainte.

Faire en sorte que ces chrétiens puissent ressentir «la joie de vivre en Terre sainte», a-t-il insisté dans son homélie. Qu’ils puissent aussi échapper au «découragement» et à la tentation de fuir… Le phénomène de diaspora des chrétiens vers l’Occident a en effet atteint sa cote d’alerte. Il constitue la raison majeure de la convocation de ce synode. Le maintien des chrétiens sur cette terre qui est «le berceau» du christianisme, mais aussi du judaïsme et de l’islam, à travers les dix pays représentés au synode (Turquie, Syrie, Chypre, Irak, Iran, Liban, Jordanie, Israël, Territoires palestiniens, Égypte), passe «avant tout» pour Benoît XVI par un «droit humain fondamental»: celui pour les chrétiens de «vivre dignement dans leur propre patrie». Lire la suite de l’article sur le site du Figaro

 

La communion, source du témoignage des chrétiens d’Orient

 

Commentaires de Pascal Gollnisch* sur les travaux du synode sur le site du journal La Vie

 

La division des Eglises d’Orient a été beaucoup évoquée avant l’ouverture. Que vous inspire de voir enfin réunis tous ces évêques dans la salle du synode ?
Syriaques, coptes, maronites,… en étant tous ensembles à Rome, et en présence d’évêques latins, ils prennent un peu plus conscience de leur place dans l’Eglise universelle. Ces Eglises ont en commun, outre la culture, d’être en union avec le pape. Et ce qui est très fort, et très « catholique » c’est à dire « universel », c’est que les évêques sont en train de réaliser que cette « commune communion » avec Rome est source d’unité entre eux.

Que retenez-vous de la réflexion improvisée par le pape lundi matin lors de la première Congrégation générale ?
Il a dit des choses extrêmement fortes en soulignant les réalités « idolâtriques » de notre époque (« les capitaux qui rendent esclaves, les idéologies terroristes, les drogues… », ndlr). Il a surtout répété, comme hier, que la communion des Eglises d’Orient était la source même de leur témoignage. Elles ne sont pas hostiles les unes aux autres et leurs relations ne sont pas conflictuelles, mais elles restent plutôt juxtaposées. Il faut encore atteindre un véritable esprit de communion. Déjà, au niveau des familles – grâce aux mariages, aux cousins,… – une forte communion s’installe souvent entre les Eglises catholiques, y compris avec les Eglises orthodoxes. C’est là un véritable oecuménisme de terrain.

Quelle ambiance avez-vous constatée entre les père synodaux ?
C’est un peu tôt pour le dire mais je suis convaincu que les choses vont s’accentuer pendant 15 jours. Ce n’est pas comme n’importe quelle réunion internationale. Généralement avant le G20, on sait déjà à peu près ce qu’il va se décider. Or un synode, c’est d’abord une réalité spirituelle. Certes, il y a eu un grand travail préparatoire, des commissions, des rapports, dont on imagine que le synode ne sera que la conclusion. Mais il faut se laisser déposséder des questions immédiates qu’on croit devoir traiter en priorité: les questions d’organisations, de juridictions, de relations avec l’islam ou avec l’univers politique. Il faut déposer ça, et accueillir des réalités auxquelles on n’avait pas du tout songé. Il y a un vrai travail de l’Esprit-Saint qui opère dans les coeurs et je pense que les évêques sont en train de rentrer dans cette expérience spirituelle commune, d’où peut sortir de grandes surprises.

*Pascal Gollnisch est le nouveau directeur de l’Œuvre d’Orient, qui aide les chrétiens dans 21 pays. Grand voyageur, il connaît la plupart de ceux dans lesquels l’Œuvre intervient.