Synode: "Au Moyen-Orient, les chrétiens en quête d'unité"

 

Le pape Benoît XVI a ouvert hier dimanche 10 octobre le synode des évêques du Moyen-Orient, qui se tient à Rome du 10 au 24 octobre, en lançant un appel à la paix, à la justice et à l’harmonie dans cette région troublée où le christianisme est en net déclin.

Pour le cardinal français Roger Etchegaray, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, « ce synode doit relever un triple défi : encourager la communion entre sept Églises catholiques orientales liées à Rome, tout comme l’œcuménisme avec les orthodoxes ; favoriser le dialogue avec l’islam et le judaïsme au cœur d’une région déchirée par la violence et la montée des fondamentalismes. Et surtout tenter d’enrayer l’hémorragie des catholiques, « afin que la Terre de Jésus ne devienne pas un musée rempli de monuments et de pierres précieuses ». Lire l’article sur le site du journal La Croix

 

À l’occasion de ce synode, Témoignage chrétien propose à ses lecteurs une série de regards portant spécifiquement sur la situation des chrétiens et du christianisme dans la région. 

Mgr Brizard, qui vient de quitter la direction de l’Œuvre d’Orient, donne son point de vue, sur le site du journal Témoignage Chrétien, sur les relations entre Églises chrétiennes au Proche-Orient. Pour Mgr Brizard, « les temps où l’on se traitait d’hérétiques est révolu ».

TC : Que peut-on attendre du synode (1) qui va s’ouvrir à Rome?

Mgr Brizard : Le titre de ce synode, « Té­moi­gnage et communion », nous donne une piste : le témoignage ne passe que si l’on est unis. De ce point de vue, il y a des efforts à faire. Dans des pays où l’islam est tenté par le fondamentalisme, chiite ou sunnite, les chrétiens peuvent avoir la tentation de durcir eux aussi leurs positions parce qu’ils se sentent marginalisés.

De fait, ils ne peuvent souvent rien faire d’autre que d’assurer le service de la charité, c’est-à-dire le service du bien de tous, pour tous, que ce soit à travers les écoles, les hôpitaux, les services sociaux… C’est déjà un témoignage de foi et c’est très important. C’est une façon pour eux de transmettre aux populations un peu de l’amour de Dieu.
Cette idée de charité n’a plus la cote dans nos pays occidentaux, mais elle correspond à quelque chose de très concret là-bas, dans des pays laminés par une guerre plus ou moins larvée, qui dure depuis des décennies et qui bloque la réflexion. Les chrétiens, et les catholiques en particulier, dépassent par définition les clivages nationalistes et communautaires. Pour ce seul motif, ils ont beaucoup à apporter à ces régions. Qui sait si ce synode ne pourrait pas préfigurer une nouvelle expérience de Pentecôte ? ».  Lire l’entretien du Mgr Brizard sur le site du journal Témoignage Chrétien