Sur la guerre au Moyen-Orient, des déclarations de hauts responsables catholiques.

Nous relayons d’abord une prise de position forte du pape Léon sur le refus d’une justification de la guerre par des arguments religieux. Puis le communiqué de la conférence des évêques catholiques de France, également diffusé par Pax Christi France notre partenaire. Et celui qu’ont publié les responsables des communautés catholiques de Rabat, Tanger et Laayoune, diffusé par le réseau des prêtres contre le génocide.

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Une déclaration du pape Léon XIV sur la guerre, mettant en question la foi des chrétiens qui la bénissent et invoquent Dieu pour la justifier.

Un article de Mikael Corre, dans le quotidien La Croix daté du 18 mars 2026, reproduit des extraits de deux interventions récentes de Léon XIV sur la guerre. En particulier, le 15 mars 2026, à la paroisse du Sacré-Cœur de Jésus à Ponte Mammolo, dans la périphérie romaine, le pape Léon XIV dénonçait “l’absurde prétention de résoudre les problèmes par la guerre” et ajoutait : “Certains tentent même d’impliquer Dieu dans ces décisions funestes, mais Dieu ne se laisse pas enrôler par les ténèbres.”

C’est plus qu’une condamnation des actes de guerre en cours au Moyen Orient, délibérément commis par les Etats-Unis en coopération avec l’État d’Israël : le pape en appelle à la responsabilité morale personnelle des dirigeants qui les décident. Dans son article, Mikael Corre poursuit :

“Léon XIV ne cite aucun pays. Mais il est difficile de ne pas voir, derrière ses paroles, une cible américaine. Depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février [2026], une partie des discours venus des États-Unis mêle en effet patriotisme, eschatologie et justification religieuse de la guerre.”

L’article évoque cette image qui a fait le tour des médias, représentant une réunion dans le bureau ovale à Washington, le “Bureau de la foi” mis en place par Donald Trump, où des pasteurs demandent à Dieu de bénir les armes américaines et de remplir le président de “la sagesse venue du Ciel”. Il conclut sur la perspective nouvelle qu’introduit le pape Léon sur les responsabilités d’une entrée en guerre : il ne s’agit plus seulement de la condamnation d’une politique dictée par la pure recherche de la puissance, mais d’une responsabilité en conscience de ceux qui en décident. De cela témoigne la référence à la confession que fait le pape dans une de ses déclarations.

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Déclaration de la Conférence des évêques de France sur la guerre.

Dans un communiqué du 17 mars 2026, la présidence de la Conférence des évêques de France (CEF) rappelle que le chemin durable vers la paix ne peut jamais passer par la guerre et appelle à poursuivre les efforts en faveur du dialogue et de la fraternité entre les peuples.

Depuis plusieurs semaines, la guerre embrase une nouvelle fois le Moyen-Orient. Comme l’a rappelé le Saint-Père, l’humanité est entraînée vers “un abîme irréparable”. Dans le fracas des armes qui sèment la destruction, la douleur et la mort, ce sont, comme toujours, les plus vulnérables qui subissent les conséquences les plus lourdes.

Face à cette situation alarmante, nous affirmons que le chemin durable vers la paix ne passe que par l’audace du dialogue, le courage de la diplomatie et le respect du droit international.

Nous assurons les peuples du Moyen-Orient de notre proximité fraternelle et de notre solidarité concrète. Nous restons en contact régulier avec les patriarches et les divers responsables des communautés chrétiennes des pays concernés, ainsi qu’avec les autorités de l’État français et les services diplomatiques du Saint-Siège, nous efforçant de soutenir les populations les plus démunies, grâce au concours de l’Œuvre d’Orient notamment.

Aux catholiques de France, nous proposons, en ce temps de Carême, de prier et de jeûner d’une façon particulière pour la paix et de poser des gestes concrets de solidarité, en répondant aux demandes de dons ou en se manifestant, d’une façon ou d’une autre, auprès des communautés du Moyen-Orient.

Que l’Esprit de Dieu éclaire les consciences et que soit promu le bien des peuples qui aspirent à une coexistence pacifique fondée sur la justice !

+ Cardinal Jean-Marc Aveline,
archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France

+ Mgr Vincent Jordy,
archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France

+ Mgr Benoît Bertrand,
évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France

Pour manifester une solidarité concrète, faire un don aux œuvres caritatives par lesquelles l’Église se met au service de toutes les populations :

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Dans le contexte des tensions et des affrontements entre Israël et l’Iran en mars 2026, les évêques de France expriment leur proximité avec les communautés chrétiennes du Moyen‑Orient.

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Communiqué des communautés catholiques
Diocèses de Rabat, Tanger et préfecture apostolique de Laayoune

+Cristóbal Cardinal López Romero, sdb, Archevêque de Rabat
COMMUNICATION Nº 72
Rabat, le 6 mars 2026

Face aux violences et aux guerres qui ravagent l’humanité, particulièrement ces jours-ci le Moyen Orient, [nous] les chrétiens des diocèses de Rabat, de Tanger et de la Préfecture Apostolique de Laayoune, ne pouvons pas rester silencieux et nous sentons tenus de déclarer ce qui suit :

1. Nous rejetons avec toute la force de l’Évangile le recours à la violence et à la guerre comme méthode de résolution des conflits entre peuples ou nations.

2. Nous exprimons notre profond désaccord avec le concept de guerre “préventive”, en raison de son immoralité et de son injustice.

3. Nous déplorons l’usage de la raison de la force au lieu de la force de la raison.

4. Nous exprimons notre profonde solidarité avec les victimes de la guerre. Les dirigeants qui décident d’engager une guerre ne tiennent jamais compte du bien de leur peuple, ni de celui des peuples contre lesquels la guerre est ciblée. Les conséquences ne sont pas des dommages collatéraux, mais bien de personnes tuées, blessées et mutilées, enfants et adultes sans distinction ; de familles qui perdent leurs maisons et leurs biens ; et de millions de citoyens contraints de fuir loin de chez eux.

5. Par-dessus tout, nous condamnons l’instrumentalisation de la religion comme motivation de la guerre et l’utilisation sacrilège et blasphématoire du nom de Dieu pour la justifier. Aucun croyant au Dieu unique et miséricordieux ne peut accepter la guerre avec tous ses effets et ses conséquences. Pour toutes ces raisons, nous appelons tous les dirigeants chrétiens, juifs et musulmans, ainsi que tous les croyants et les personnes de bonne volonté, à :

6. Respecter le droit international et à le faire respecter de nos gouvernants ;

7. Activer la diplomatie et le multilatéralisme, ainsi que les institutions créées pour préserver et construire la paix.

8. Utiliser le dialogue comme méthode, chemin et instrument de paix.

Aussi nous nous engageons à :

9. Ne pas tomber dans l’indifférence face à cette situation et ne pas la reléguer à l’oubli.

10. Prier avec persévérance pour la paix et devenir, personnellement, des artisans de paix dans nos communautés. Cela rejoint l’intention de prière proposée par le Pape Léon XIV pour ce mois de mars : “Désarmons les cœurs de la haine, de la rancœur et de l’indifférence, pour construire la paix. Dieu nous a crées pour la communion, non pour la guerre ; pour la fraternité, non pour la destruction”.

En témoignage de tout cela, nous proposons que chaque communauté  termine la célébration de l’Eucharistie ce dimanche 8 mars [2026], Journée internationale des droits des femmes, en chantant et sortant vers un lieu public et visible. Là, tous formeront un cercle de paix en se donnant les mains. Après une minute de silence, en priant, la communauté récitera le Notre Père et se retirera dans l’espoir que Jésus-Christ, Prince de la Paix, accordera ce don précieux à notre famille, l’humanité.

Au nom des communautés catholiques,

+Cristóbal, évêque de Rabat, sdb
+Emilio, évêque de Tanger, ofm
+Mario, préfet de Laayoune, omi

“La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable” (Pape Léon XIV, Angelus du 1er mars 2026).

“La paix et la sécurité doivent être cultivées et poursuivies grâce aux possibilités offertes par la diplomatie, en particulier celle exercée au sein des instances multilatérales” (Cardinal Parolin)

“Si les États étaient reconnus comme ayant le droit à une « guerre préventive», selon leurs propres critères et sans cadre juridique supranational, le monde entier risquerait de s’embraser. Cette dégradation du droit international est profondément inquiétante : la justice a été remplacée par la force, la force du droit par la loi du plus fort” (Cardinal Parolin)

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