Palestine, pauvreté et chômage assombrissent l’horizon. Le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

CDM reproduit ce rapport d’une agence des Nations Unies afin d’informer sur les conséquences sociales de la situation d’occupation dans laquelle vivent les Palestiniens, au-delà des différences de statut qu’ils connaissent. Alors que l’économie du territoire palestinien occupé a progressé de 7,1% en 2021, après une contraction de 11,3% en 2020 à la suite de la pandémie de Covid-19, la pauvreté et le chômage perdurent, faisant vaciller l’économie palestinienne. Publié le 14 septembre 2022 sur le site ONU Info.

© UNICEF/Eyad El Baba. Des enfants palestiniens à la fenêtre de leur maison à Gaza.

Le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) sur son programme d’assistance au peuple palestinien montre que la pauvreté s’est aggravée. Les dernières données indiquent que 36% de la population palestinienne vit sous le seuil de pauvreté.

Parallèlement, l’insécurité alimentaire est passée de 9 à 23% en Cisjordanie et de 50 à 53% à Gaza.

Dans le même temps, le chômage est resté élevé en 2021. Dans tout le territoire palestinien occupé, il a été de 26%. Mais à Gaza, plus de la moitié de la main-d’œuvre est sans emploi et 83% des salaires des travailleurs sont inférieurs au salaire minimum.

Gaza soumis à un blocus complet depuis 2007

De plus, l’inactivité creuse le fossé entre les sexes. Si les femmes palestiniennes se targuent d’avoir un meilleur niveau d’éducation que les hommes, à la fin de 2021, 54% d’entre elles étaient au chômage, contre 30% des hommes.

Ces chiffres inquiétants sur le chômage des Palestiniens interviennent alors que depuis 2007, Gaza est soumise à un blocus complet qui a vidé son économie de toute substance. Elle a subi plusieurs opérations militaires qui ont dévasté une grande partie de ses infrastructures et contraint 80% de sa population à dépendre de l’aide internationale.

Selon la CNUCED, Gaza est pris dans un cercle vicieux perpétuel où les interventions de la communauté internationale et des donateurs se limitent généralement à des activités humanitaires et de réhabilitation apportée dans l’urgence, laissant peu de ressources pour un redressement durable et une réponse aux besoins de développement à long terme.

IRIN/Shabtai Gold. Des femmes palestiniennes marchent le long de la barrière construite par Israël près de Ramallah, en Cisjordanie.

L’un des déficits commerciaux le plus élevé au monde

Par ailleurs, le rapport indique que la capacité du gouvernement palestinien à répondre efficacement au choc de la Covid-19 a été entravé systématiquement du fait de l’occupation qui le prive des outils politiques et de l’espace fiscal et monétaire dont disposent les autres gouvernements. Le rapport prévient que si le statu quo est maintenu – avec une occupation persistante et une baisse du soutien des donateurs -, la croissance du PIB aura du mal à suivre la croissance de la population.

Cette situation impliquerait, au mieux, une stagnation du PIB par habitant et la persistance d’un chômage et d’une pauvreté élevés. Il en résulte une dépendance à l’égard des importations et des exportations limitées et peu diversifiées : dix produits à forte intensité de main-d’œuvre représentent deux tiers des exportations totales.

Dans ces conditions, la Palestine affiche “un déficit commercial massif de 37% du PIB en 2021”. Selon la CNUCED, il s’agit de l’un des plus élevés au monde. Celui-ci se manifeste par “une dépendance commerciale vis-à-vis d’Israël, qui représente 72% du total des importations et des exportations palestiniennes cette même année”.

De profondes réformes budgétaires

Au total, le PIB palestinien de 2021 est encore resté inférieur de 5,1% à son niveau pré-pandémique, indique le rapport. Et sa lente reprise est inégalement concentrée en Cisjordanie. Gaza reste à la traîne et les inégalités entre les deux régions palestiniennes se creusent.

Si le gouvernement palestinien a mis en œuvre de profondes réformes budgétaires, réduisant le déficit budgétaire de 23,9% du PIB en 2007 à 5,6% en 2021, le gouvernement est en proie, depuis 2020, à l’une des crises budgétaires les plus profondes de son histoire, caractérisée par un important déficit de financement et une baisse brutale de l’aide étrangère.

En outre, la puissance occupante contrôle plus des deux tiers des recettes fiscales palestiniennes, dont elle peut suspendre (et le fait souvent) le transfert et/ou applique d’importantes déductions arbitraires avant de transférer le reste.

Disparition du soutien des donateurs

L’impact de la crise fiscale est aggravé par le fait que le gouvernement palestinien ne dispose pas d’une vraie banque centrale, n’émet pas de monnaie nationale, a peu d’accès aux marchés financiers internationaux et a atteint les limites et épuisé les sources d’emprunt nationales fiables.

Comme pour aggraver les choses, la Palestine doit faire face à “une baisse catastrophique du soutien de la communauté internationale”. En 2021, l’aide totale des donateurs est tombée à 317 millions de dollars, soit 1,8% du PIB, une chute vertigineuse par rapport aux 2 milliards de dollars, soit 27% du PIB de 2008.

Parallèlement, l’aide budgétaire a diminué de moitié par rapport à 2020, s’élevant à 186 millions de dollars, soit seulement 1% du PIB, contre 24% en 2008. Parallèlement, l’aide au développement est passée d’un pic à 10,6% en 2000 à un maigre 0,73% en 2021.

Dans ces conditions, la CNUCED exhorte la communauté internationale à apporter un soutien financier adapté et prévisible au peuple palestinien afin d’atténuer ses souffrances et prévenir l’aggravation d’une crise socioéconomique déjà profonde.

Source, texte et photos ONU Info, https://news.un.org/fr/story/2022/09/1127031

Voir aussi : Bande de Gaza : un tiers des habitants ont besoin d’un soutien psychosocial. 4 septembre 2022. Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a signalé une augmentation des niveaux de troubles mentaux parmi la population de la bande de Gaza, en particulier chez les enfants.

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