Titre

Le roi, l’âne et l’arpenteur

Sous titre

Politique et religion dans la Bible

Auteur

Jacques Cazeaux

Type

livre

Editeur

Le Cerf, 2015

Nombre de pages

180 p.

Prix

20 €

Date de publication

18 janvier 2016

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Le roi, l’âne et l’arpenteur

Né en 1927, docteur ès lettres, spécialiste de Philon d’Alexandrie, traducteur de Platon, Jacques Cazeaux, directeur de recherche émérite au CNRS, est chercheur associé au laboratoire Hisoma (Histoire et sources des mondes antiques) de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée (CNRS,  Université Lumière Lyon 2).

Depuis 1988, il a publié aux éditions du Cerf une douzaine d’ouvrages sur la Bible. Dans son dernier ouvrage, il montre comment l’interrogation sur le meilleur régime politique court en filigrane dans toute la Bible. Ce n’est pas la première fois qu’il aborde ce thème puisqu’il avait déjà publié, en 2003 un ouvrage intitulé Saül, David, Salomon : la Royauté et le destin d’Israël.

Le titre Le roi, l’âne et l’arpenteur donne le cœur de son projet. Le roi et l’arpenteur désignent les deux régimes politiques antagonistes.

Le thème de l’arpenteur fait référence à l’opération cadastrale effectuée par Josué (Jos, ch. 13 à 19), partageant la Terre Promise entre les tribus d’Israël.

L’institution de la royauté, dans le 1er Livre de Samuel (1 S 8), va donner naissance à deux courants, une partie du peuple demandant un roi qui les protège « comme les autres nations », l’autre partie s’y opposant pour laisser Yahvé seul maître d’Israël, suscitant les chefs que les circonstances exigent, comme au temps des Juges.

Entre les deux se profilera, en lointain écho aux 70 fils d’Abdon, (Jg 13, 13) p.75,  le roi monté sur un ânon, un roi doux et humble de cœur, qui renouera avec les origines (voir par exemple ce qu’il dit, p. 161, de la réponse de Jésus au « bon » larron).

Au-delà de la discussion sur « la royauté fatale », cette aspiration toujours mortifère « à se donner un roi », J. Cazeaux montre (2ème partie p. 80 et sv) comment les textes du Décalogue et du « Chema Israël » dans le Deutéronome (Dt 5 et Dt 6,4), ouvrent une route pour que l’humanité remplisse son programme qui est d’être image de Dieu.

C’est une question intemporelle, éminemment politique : « le lecteur devine rapidement que le Deutéronome s’adresse directement aux exilés du VIe  siècle que l’édit de Cyrus vient de libérer … Marquant le pas sur le seuil (de la terre promise), l’ensemble des Écritures (l’auteur cite Genèse, Lévitique, Isaïe, Jérémie, Tobie, Daniel…) propose une poignante contradiction : il faut revenir, mais il faut peut-être aussi bien rester parmi les Nations tel un ferment de vérité (et)… y vivre sans orgueil comme l’Adam, enfin à l’image de Dieu. » p.83.

Mettant en évidence la manière « dont se conjuguent d’infimes détails, des inflexions à peine sensibles et des phénomènes littéraires beaucoup plus larges mettant en résonance des pages ou même des livres « (p. 159),  l’auteur nous invite ainsi à une relecture toujours stimulante du mythe fondateur (la Promesse d’une Terre) d’un acteur majeur de la scène du Moyen Orient.

Yves Dupuy