Titre

Le Quatrième mur

Auteur

Sorj Chalandon

Type

livre

Editeur

Grasset, août 2013

Nombre de pages

336

Prix

19 €

Date de publication

28 mars 2014

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Le Quatrième mur

Sorj Chalandon, né en 1952, est journaliste et romancier. Il a travaillé à Libération entre 1973 et 2007. Grand reporter et chroniqueur judiciaire, ses reportages sur l’Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie lui ont valu le Prix Albert Londres en 1988. Il a publié, chez Grasset, Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006, prix Médicis), Mon Traître(2008), La Légende de nos pères (2009), Retour à Killybegs (2011, Grand Prix du Roman de l’Académie Française).

Sur le site de France Inter, il présente ainsi Le Quatrième Mur : « Entré comme journaliste dans les camps palestiniens de Sabra et de Chatila au dernier jour des massacres, en septembre 1982, j’ai gardé pour moi ce qu’abandonne un homme qui marche dans du sang humain. Un journaliste doit rapporter les guerres sans les pleurer. Je ne les ai pas pleurées. Alors j’emmène Georges (jeune metteur en scène français et personnage principal du roman) d’où je viens. Je lui offre mes larmes, ma colère, mes doutes. Et surtout, je l’envoie là où je ne suis pas allé, au plus loin de ce que la guerre arrache aux hommes. Le Quatrième mur est l’histoire d’un enfer. Je me suis arrêté à sa porte et je regarde Georges s’y jeter. »

En 1974 , à Paris, Georges, étudiant en histoire, militant d’extrême gauche, violent et amoureux de théâtre, fait la connaissance de Sam, juif et grec, réfugié à Paris après s’être opposé à la dictature des colonels. Sam a un rêve : monter Antigone de Jean Anouilh sur la ligne verte qui partage Beyrouth,  avec des acteurs de toutes les nationalités et religions du conflit. Lorsqu’il meurt d’un cancer, il passe le flambeau à Georges qui s’embarque au cœur de la guerre.

Dans le bruit et la fureur, la guerre fera exploser la fiction théâtrale, le mur invisible qui sépare les acteurs du public, le quatrième mur : Georges prend parti, au risque de tous les déchirements, au risque de son couple, au risque de sa vie.

En phrases courtes, dans un style haletant, le récit donne à voir des choses terribles : les bombardements, la sauvagerie gratuite, la vengeance, la mort, et dans tout cela des zones de jouissance et de fascination que l’auteur découvre en lui… : « Une joie féroce me labourait. J’ai eu honte. J’étais en enfer. J’étais bien » … « la guerre me réclamait… c’était la seule à avoir vraiment faim de moi ».

Parce que son éthique de journaliste lui interdit de mettre ses états d’âme dans ses correspondances de guerre (rapporter les guerres sans les pleurer), il veut mettre en scène son double (Georges/Sorj) pour pouvoir exprimer ce qu’il a vécu. Il ne propose pas une analyse politique de plus sur le conflit du Liban mais une expérience de la violence à laquelle peuvent conduire des solidarités confessionnelles et ethniques dans une société en mosaïque, où chacun a sa fierté. Il ne donne pas de leçons, il témoigne, et son témoignage est poignant.

Marie-Andrée et Yves Dupuy


Prix Goncourt des lycéens 2013