En amont du « Sommet des deux rives » à Marseille

Les 23 et 24 juin, se tient à Marseille, le Sommet des deux rives qui « a pour ambition de relancer la dynamique de coopération en Méditerranée occidentale par la mise en œuvre de projets concrets en faveur du développement humain, économique et durable de la région »[1]. S’agit-il d’un nouvel avatar de la coopération Nord-Sud qui périodiquement revient au – devant de l’actualité, sous différentes formes et peu de résultats ou d’un véritable élan à une relation plusieurs fois millénaires que l’évolution du monde rend désormais vitale ? En tous cas, le fait que ce sommet se tienne, malgré l’échec de précédentes tentatives, témoigne d’une authentique préoccupation, des deux côtés de la Méditerranée, à se soucier de cette relation que nous avons essayé de mieux comprendre à l’occasion de la publication de notre série « L’Europe et la Méditerranée ». Nous remercions Pierre de Charentenay[2] de nous avoir adressé le billet que nous publions ci-après dans lequel il présente le cadre et les enjeux de cette manifestation. Nous nous proposons d’y revenir ultérieurement pour en analyser le contenu et les résultats. CDM

Sommet des deux rives
Forum de la Méditerranée
23-24 juin 2019 à Marseille

 

Le Président Macron l’avait annoncé le 27 août 2018, à la Conférence des ambassadeurs. Il veut reprendre le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée. « J’ai annoncé en début d’année à Tunis l’organisation d’un Sommet des deux rives, qui serait construit sur la base de l’actuel dialogue 5+5 de manière encore plus inclusive, avec une forte contribution des sociétés civiles […]. Il nous faut retrouver le fil d’une politique méditerranéenne différente en tirant les enseignements de ce que nous avons réussi et de ce que parfois nous ne sommes pas parvenus à faire ».

L’intérêt de cette réunion de Marseille est de faire participer la société civile, à la définition d’un nouvel agenda pour la Méditerranée. Pendant trois mois les jeunes, les acteurs économiques, sociaux, scientifiques et culturels ont travaillé pour déterminer des initiatives, à caractère régional ou multilatéral, qui seront discutées par les dirigeants du sommet. Cinq grands forums se sont réunis en avril et mai pour débattre de thématiques particulières, environnement, économie, culture, éducation, etc. Les dix États engagés ont choisi 10 personnalités, qui se sont réunis à Tunis début juin pour mettre au point leur « Appel des Cent ».

Ce dialogue 5 + 5 a été institué en 1990 entre l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie d’un côté et de l’autre l’Italie, la France, l’Espagne, Malte et Portugal. Il s’agit bien d’un dialogue entre pays de la Méditerranée Occidentale. Une réunion annuelle rassemble les ministres des Affaires étrangères. De nombreuses réunions se sont déroulées au niveau ministériel pour couvrir un nombre croissant de questions sectorielles, défense, intérieur, transport, migrations, recherche, environnement. Il n’y a eu que deux sommets de chefs d’État et de gouvernement, en 2003 et 2012. Ce nouveau sommet voudrait relancer le processus de coopération quelques années après le printemps arabe et malgré la guerre en Libye. Mais les situations politiques de plusieurs pays de la rive sud sont compliquées. M. Macron veut donc sortir des cercles diplomatiques en faisant appel à la société civile et à la jeunesse pour garantir l’émergence de nouvelles idées, en particulier des projets innovants et concrets qui répondent aux objectifs de développement durable. Il souhaiterait surtout faire partager au plus grand nombre cette volonté de dialogue entre nord et sud de la Méditerranée Occidentale.

Pierre de Charentenay

 

NOTES

[1] Voir le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères https://www.diplomatie .gouv.fr

[2] Directeur- adjoint de l’Institut catholique de la Méditerranée (ICM), Pierre de Charentenay est membre du Conseil d’administration de Chrétiens de la Méditerranée.