Titre
Ce qu’il reste de nous.Réalisateur
Cherien DabisPays
Palestine-Etats-UnisType
filmAnnée
2026Date de publication
18 mars 2026Ce qu’il reste de nous.
Ce film de la réalisatrice palestinienne Cherien Dabis est sorti en salles le 11 mars 2026. Voici sa présentation sur le site de l’Agence Media Palestine.
Réalisé par la cinéaste palestinienne Cherien Dabis, le film dépeint trois générations d’une même famille palestinienne, de 1948 à aujourd’hui.
L’histoire commence en 1988 : Noor, jeune Palestinien, est grièvement blessé lors d’une manifestation en Cisjordanie. Sa mère Hanan remonte alors le fil de l’histoire familiale. En 1948, le grand-père Sharif refuse de quitter Jaffa pour protéger sa maison et son orangeraie ; il est alors expulsé et emprisonné. La famille est déchirée par l’éloignement. Son fils Salim grandit loin de son pays natal, qu’il n’a jamais vraiment connu.
Cherien Dabis est une réalisatrice, comédienne et scénariste palestino-américaine, fille d’un réfugié palestinien et d’une mère jordanienne. Son premier film, Amerrika, a été présenté en 2009 au Festival de Cannes et raconte l’histoire d’une mère chrétienne palestinienne divorcée. Son second long-métrage, May in the Summer (2013), explore la vie d’une jeune Jordanienne d’origine palestinienne installée aux États-Unis.
Pour Cherien Dabis, le film adopte une approche profondément personnelle et intimiste : “C’est une fresque historique qui retrace l’histoire d’une terre à travers le regard d’une famille. Un portrait familial qui interroge la relation entre le grand-père, le père et le fils, ainsi que l’héritage traumatique transmis à chacun. » Elle explique que le film illustre « un drame traversé par des moments de joie, d’amour et d’humour, qui permettent au film de ne pas être trop difficile à voir.”
La réalisatrice explique que le vide cinématographique autour de la Nakba et de l’expérience palestinienne s’explique par une forme d’effacement. “C’est parce qu’on nie tout simplement l’existence des Palestiniens. C’est le point de vue dominant, celui qu’on retrouve partout (…)”, déplore-t-elle. L’objectif du film est que chaque spectateur puisse s’identifier émotionnellement, se mettre à la place d’un Palestinien pour comprendre les traumatismes qu’a subis tout un peuple. Dabis renchérit : “Je voulais que ce film puisse parler au public occidental et montrer notre humanité.”
À travers ses réalisations et ses scénarios, Cherien Dabis met en avant la culture palestinienne et déclare : “J’ai essayé de me guérir, ainsi que ma communauté, à travers le récit. Dans son dernier film, Ce qu’il reste de nous, Dabis joue Hanan, la mère de Noor, qui, jeune garçon en 1978, assiste à l’humiliation de son père Salim, instituteur, par l’armée israélienne.”
On retrouve à ses côtés la famille palestinienne Bakri : Adam Bakri (Sharif), Saleh Bakri (Salim) et leur père Mohammad Bakri, acteur récemment décédé qui interprète Sharif âgé, ainsi que Maria Zreik, une actrice palestinienne de Haïfa. Le choix d’acteurs et d’actrices uniquement palestinien·nes est symbolique : représenter la Palestine avec des voix palestiniennes.
La production exécutive est assurée par Mark Ruffalo, acteur et militant américain, qui explique : “Comment a-t-on pu atteindre le point où un génocide se produit sans que le monde ne réagisse d’une manière appropriée ? Cela a à voir avec le sujet du film, qui est vraiment l’expérience palestinienne. (…) Ce qui m’a profondément ému, c’est la grâce dont fait preuve le peuple palestinien. J’en ai été ému aux larmes.” Son engagement a permis de donner une portée internationale au film.
Dans sa note d’intention, Dabis déclare : “Je voulais faire un film qui soit une lettre d’amour à mon peuple. C’est une occasion de provoquer le changement, car c’est là que commence la guérison.” Le film a été projeté au Sundance Festival 2025, principal festival américain de cinéma, et a été retenu parmi les neuf finalistes de l’Oscar du meilleur film international, sous la bannière de la Jordanie.
Ce qu’il reste de nous dépeint la transmission des traumatismes générationnels et s’impose comme une œuvre nécessaire, qui éclaire la persistance des blessures palestiniennes et en rappelle la réalité de l’oppression israélienne.
