Par les médias nous recevons quotidiennement les échos de la guerre qui se déroule au Liban et du calvaire que vit son peuple. Nous assistons à une violence délibérée destinée à vider la partie du pays qu’Israël a décidé d’occuper.
Le témoignage qui nous vient par l’Œuvre d’Orient, dont CDM est partenaire, prend ainsi tout son sens. Des risques délibérés sont pris par ces habitants qui restent dans leur pays, préférant risquer leur vie que de devoir subir une nouvelle “Nakba”, celle-ci libanaise, après celle, palestinienne, de 1948.
Sud-Liban : un peuple qui tient bon
Comme vous le savez, la situation dans le Sud-Liban est extrêmement préoccupante et relève de l’urgence humanitaire. Depuis début mars 2026, les combats entre Israël et le Hezbollah ont fortement escaladé entraînant la destruction d’infrastructures telles que les ponts, les routes, les habitations, les services médicaux et certaines écoles.
Les villages situés au Sud du fleuve Litani ont reçu des ordres d’évacuation de l’armée israélienne. Près de 60 000 personnes ont dû quitter leur maison, tandis que des villes comme Tyr sont largement vidées de leurs habitants.
Les villages chrétiens du Sud Liban : “Cette guerre n’est pas la leur”
Aujourd’hui, les villages chrétiens de cette région, comme Marjayoun, Kleiaa, Debel et Rmeich, se retrouvent largement isolés. Sur place, Vincent Gelot explique : “Nous sommes là pour aider ceux qui restent. La plupart des habitants sont agriculteurs et ne peuvent plus travailler, car leurs terres sont gravement affectées par les combats.”
Depuis le début de la guerre, L’Œuvre d’Orient a organisé six convois humanitaires dans le Sud Liban et apporté 130 tonnes de produits de première nécessité et une assistance à plus de 20 000 personnes qui font le choix courageux de rester chez elles malgré le danger.

Soutenir les chrétiens libanais
L’actualité de ces villages dans les médias
Pour mieux visualiser la situation, retrouvez ce reportage diffusé sur France 2, à voir en replay ci-dessous : “Pris entre les bombardements israéliens et les roquettes du Hezbollah, les chrétiens du sud du Liban sont des victimes collatérales du conflit en cours depuis le 2 mars 2026.
Dans des villages coupés du monde, certains fuient sans savoir s’ils reviendront, tandis que d’autres refusent de partir et s’organisent pour survivre. Le déchirement d’une communauté qui représente près d’un tiers de la population libanaise.”
Le témoignage du Père Ghazal, curé du Sud-Liban
Voici l’extrait d’une lettre du Père Antoine Ghazal, curé de la paroisse Saint-Joseph de Kfarwa, adressée à Mgr Paolo Borgia, nonce apostolique au Liban, dans laquelle il le remercie pour sa présence au sein du convoi humanitaire organisé par L’Œuvre d’Orient à Kfarwa lundi dernier .
Bienvenue dans cette terre du Sud, éprouvée mais debout, blessée mais vivante, où la foi ne s’est jamais tue, même lorsque les échos de la guerre résonnaient autour de nous. Aujourd’hui, Excellence, vous voyez Kfarwa dans la lumière… mais cette lumière est née au cœur de nuits très sombres.
Depuis le début des violences, la vallée de notre village a été frappée de près, parfois très directement. Les bombardements ont touché notre environnement immédiat, cherchant à semer la peur et à briser notre espérance. Mais nous sommes restés. Nous avons choisi de rester.
L’église Saint-Joseph, avec ses murs ébranlés et ses vitres brisées, témoigne de notre persévérance et de notre foi enracinée. Nous sommes restés non par faiblesse, mais par foi. Nous sommes restés non par habitude, mais par conviction. Nous sommes restés parce que nous croyons que Dieu marche avec son peuple, même dans les nuits les plus obscures.
On a voulu nous faire partir… mais nous avons choisi de rester enracinés. Ici, nous ne faisons pas que tenir… nous continuons à croire. Rester ici, c’est déjà témoigner. Votre présence ici n’est pas évidente… elle est un choix. Et ce choix nous touche profondément. Car vous n’êtes pas venu seulement voir une paroisse… vous êtes venu rencontrer un peuple qui tient bon.
Texte et images : l’Œuvre d’Orient
20 rue du Regard
75006 Paris
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Nous notons comme hautement significatif le fait qu’ont été visés les Casques bleus de la Force des Nations-Unies pour le maintien de la paix au Liban (FINUL). Trois d’entre eux ont été tués cette semaine. Par quels tirs ? La déclaration des Nations-Unies à ce propos reste prudente et les considère comme non identifiés. Elle note cependant que les positions et convois des Nations Unies au Sud Liban sont régulièrement pris comme cibles par les forces israéliennes. Voir la totalité de la déclaration de l’ONU : https://news.un.org/fr/story/2026/03/1158635
Une stratégie se dessine : il s’agit d’obliger cette Force à renoncer de manière définitive à sa mission de contrôle, de manière qu’Israël puisse mener sans témoins une annexion du territoire, d’abord rampante, devenant ensuite définitive, dans une “Nakba” qui est explicitement évoquée par les habitants de la région. Le gouvernement israélien annonce d’ailleurs sans ambiguïté que cette occupation durera tant qu’Israël le jugera utile. Voir par exemple les informations de France 24 en date du 1er avril 2026 :
https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/dans-la-presse/20260401-occupation-du-liban-sud-par-isra%C3%ABl-une-nouvelle-nakba
L’insignifiance des réactions aux menées d’Israël contre le symbole du droit international qu’est la FINUL est aussi un test : des condamnations purement verbales, sans que soient mises en cause les relations diplomatiques par aucune des nations membres du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’inaction est de mise face aux projets d’Israël.
Cela va dans le sens de la politique affichée de l’actuelle administration des Etats-Unis : se défaire de ses engagements internationaux, et en particulier de ceux qui tiennent à sa qualité de membre permanent du Conseil de Sécurité. Ainsi se déploie au Liban la stratégie qui a déjà permis à l’armée israélienne d’occuper 60% du territoire de Gaza.
Ces territoires, le Golan syrien, le Sud-Liban et Gaza, sont occupés par Israël à des titres différents. Le Golan est explicitement annexé, le Sud Liban restera occupé tant qu’Israël le jugera nécessaire et l’occupation de Gaza est conditionnée à un désarmement des milices palestiniennes. C’est dire que la mainmise israélienne sur ces territoires est destinée à devenir permanente, à titre de “condition de sécurité”, que ce soit par accord ou par occupation militaire.
Dans le même sens on doit comprendre l’interdiction qui a été faite par Israël au cardinal Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, de célébrer la messe des Rameaux dans la basilique du Saint-Sépulcre. C’est comme un test des réactions aux avancées d’Israël dans sa reconfiguration du Moyen-Orient à son profit. Lire dans ce sens l’éditorial de Loup Besmond de Senneville dans le quotidien La Croix daté du 31 mars 2026. Le gouvernement israélien ne s’attendait pas une réaction aussi déterminée des chrétiens du monde entier, dont témoigne le ton ferme de l’éditorialiste de La Croix. Il a dû se résoudre à autoriser de nouveau l’accès du patriarche à la basilique dès le dimanche soir.
Voir l’éditorial de Loup Besmond de Senneville : Interdiction de la messe des Rameaux à Jérusalem, un geste inacceptable.
Et une réflexion plus globale sur la mise en cause du statut des lieux saints de Jérusalem : Lieux saints de Jérusalem, entre sécurité et libre accès, le casse-tête du statu quo, par Elisa Brinai et Cécile Lemoine dans La Croix L’Hebdo, mis à jour au 01/04/26.
CDM
