Nouvelles du Liban sur le site de l’Œuvre d’Orient.

Nous rassemblons ici les informations qui nous viennent d’un Liban à nouveau dévasté et endeuillé, transmises par l’Œuvre d’Orient, bien présente sur le terrain, et dont CDM est partenaire.

Communiqué de presse du 4 mars 2026.
Urgence Liban : au Sud Liban, un risque d’exode massif.

Alors que la situation militaire s’aggrave au Liban, l’État israélien a appelé les habitants vivant au sud du fleuve Litani (voir carte ci-dessous) à évacuer leurs domiciles.

Depuis lundi [2 mars 2026], près de 60 000 personnes ont déjà quitté le Sud-Liban, et cet ordre d’évacuation pourrait provoquer le déplacement de centaines de milliers de civils supplémentaires.

Cette nouvelle crise ravive le traumatisme de septembre 2024, lorsque plus d’un million de personnes avaient été déplacées à travers le pays. Aujourd’hui, beaucoup redoutent que ces départs ne deviennent définitifs et qu’ils ne puissent jamais regagner leurs terres.

Dans certains villages, la population hésite à partir malgré les risques. À Alma el-Chaab, village chrétien du sud, les habitants ont pour l’instant refusé d’évacuer, alors qu’en 2024 seules quatre ou cinq personnes étaient restées sur place.

À Beyrouth et dans d’autres régions du pays, les communautés chrétiennes se préparent déjà à accueillir les déplacés, comme elles l’avaient fait lors des crises précédentes. Églises, centres sociaux et associations s’organisent pour héberger les familles, sans distinction d’appartenance religieuse ou communautaire. Mais face à l’ampleur des déplacements attendus, la solidarité locale risque de ne pas suffire. Des centaines de milliers de personnes fuient dans l’urgence, souvent sans pouvoir emporter le nécessaire.

L’Œuvre d’Orient s’alarme du risque d’un exode durable et de la catastrophe humanitaire que provoquerait un déplacement massif d’une population déjà profondément fragilisée par les crises successives.

“Nos partenaires sur place sont déjà mobilisés pour accueillir les déplacés et soigner les blessés, mais les besoins vont rapidement dépasser leurs capacités”, explique Vincent Gelot, directeur pays de L’Œuvre d’Orient au Liban.

L’Œuvre d’Orient lance une collecte exceptionnelle afin de soutenir les communautés locales mobilisées pour l’accueil des déplacés et l’aide humanitaire.

Je fais un don ICI

-o-

Message de Vincent Gelot le même jour,
précisant les “remontées du terrain”

Depuis lundi au Liban, nous avons le sentiment de revivre le même cauchemar qu’il y a un an et demi. Nos partenaires sont très affectés par la situation : inquiets, fatigués, parfois en colère, mais toujours mobilisés. Ils se préparent face à un scénario similaire à celui de la fin d’année 2024, avec des bombardements ciblés et de nombreux déplacés dans le pays.

  • L’accueil des blessés et des malades dans les structures de santé a commencé, notamment chez les Filles de la Charité à l’hôpital du Sacré-Cœur à Hazmieh et à l’hôpital Geitaoui de Beyrouth au service des grands brûlés.

  • Les familles déplacées arrivent dans les centres sociaux, qui se remplissent. L’association que nous soutenons, Libami, présente dans le quartier pauvre de Naaba, dans la capitale, accueille actuellement 250 familles.

  • Le camp de Dbayeh, où la congrégation des Petites Sœurs de Nazareth vient en aide aux réfugiés, a besoin de couvertures et d’oreillers pour prendre en charge les personnes démunies.

  • Les écoles sont toujours fermées et s’organisent tant bien que mal pour assurer la poursuite de leur mission.

Les besoins sont déjà importants et devraient s’intensifier dans les prochains jours, d’autant que le conflit risque de durer. Nous poursuivons les visites de terrain avec l’équipe. Une chose est claire : nos partenaires ont besoin de soutien, dans un contexte déjà extrêmement fragile. Merci d’avance pour tout ce que vous pourrez faire pour les aider.

Vincent Gelot

-o-

Communiqué de presse du 10 mars 2026
Au Sud Liban, un prêtre tué lors d’un bombardement israélien

L’Œuvre d’Orient apprend avec effroi et une immense tristesse la mort du père Pierre el-Raï, prêtre maronite de Qlayaa, tué par un bombardement. Il a été tué à son domicile par un tir d’artillerie qui a également blessé quatre autres personnes. Ce tir d’obus est intervenu alors qu’un premier obus avait endommagé une première maison du village et que les habitants tentaient d’évacuer les personnes blessées par ce premier tir.

L’Œuvre d’Orient condamne avec la plus grande fermeté ces actes de guerre qui visent à déstabiliser le Liban tout entier et tuent des civils innocents. La mort d’un prêtre qui ne voulait pas quitter sa paroisse est une nouvelle escalade dans la violence aveugle.

L’Œuvre d’Orient dénonce également le risque d’annexion et de disparition des villages au sud du Litani, et notamment des villages chrétiens historiques.

Pour soutenir l’action de L’Œuvre d’Orient qui soutient les chrétiens du Liban dans leur mission au service des Libanais déplacés, vous pouvez relayer l’appel de fonds vers https://secure.oeuvre-orient.fr/soutenir-liban.

Un article de Jenny Lafond, dans le quotidien La Croix du 10 mars 2026, “Liban : mort du père Pierre El Raï, ‘curé de paroisse courageux’, dans une frappe israélienne” donne d’importantes précisions sur ce meurtre. Il souligne la fausseté des accusations, portées par Israël contre les habitants de Qlayaa, d’être des complices du Hezbollah. Au contraire, les tirs israéliens s’inscrivent dans une stratégie de l’armée, cherchant à vider de sa population tout le sud du Liban d’une manière permanente, car d’autres tirs ont eu lieu, et un village proche avait été frappé la veille. 

L’article se réfère au communiqué de l’Œuvre d’Orient et cite enfin le pape Léon XIV, qui a exprimé sa profonde douleur pour toutes les victimes des bombardements de ces derniers jours au Moyen-Orient, pour les nombreux innocents, parmi lesquels beaucoup d’enfants, et pour ceux qui leur portaient secours, comme le père Pierre El Raï, prêtre maronite tué cet après-midi à Qlayaa“.

-o-

Alwan – L’éducation au service de l’inclusivité et de la diversité

On peut se rendre compte de  l’étendue de l’action de L’Œuvre d’Orient au Moyen-Orient en découvrant ce projet d’ampleur, portant sur deux ans, 2024-2026.

Présentation du projet

ALWAN qui signifie “couleurs” en langue arabe est un programme de coopération éducative internationale pour la citoyenneté active et inclusive de la diversité, visant à développer l’engagement civique, la sensibilisation interculturelle, la diversité culturelle et la coexistence pacifique chez les collégiens et lycéens au Liban, en Irak et en France.

Ce projet de coopération éducative internationale est appuyé par L’Œuvre d’Orient, soutenu par l’Agence française de développement (AFD), en partenariat avec la Fondation libanaise Adyan.

Il s’appuie sur deux expériences, riches d’enseignements :

– le travail de la Fondation Adyan, qui, depuis 2007, au Liban et en Irak, promeut le vivre ensemble, entre les communautés musulmanes et chrétiennes, meurtries par les guerres civiles.

– l’initiative “Hospitalité”, menée dans l’académie d’Aix Marseille, entre 2021 et 2023, où sous l’impulsion du recteur Bernard Beignier, quatre établissements marseillais (un collège REP+ et trois établissements musulman, catholique et juif) ont échangé et se sont rencontrés.

Voir ici la totalité de l’article sur le site de L’Œuvre d’Orient.

Retour à l’accueil