Nous attirons l’attention sur quelques documents publiés par nos partenaires à propos de la Palestine et des Palestiniens. Aujourd’hui c’est bien une extermination qui est en cours, aussi bien en Cisjordanie qu’à Gaza, de la part de l’armée d’Israël et avec l’assentiment des États-Unis. Si un État comme l’Espagne en a pris conscience, même l’Union Européenne, jusqu’ici d’une grande timidité, commence à remettre en question son accord d’association avec Israël.
Rencontre avec le P. Gabriel Romanelli à Gaza
Dans le Bulletin de l’Œuvre d’Orient n° 820, juillet-septembre 2025, p. 46-47, Luc Balbont, administrateur de CDM, rapporte l’expérience de cet Argentin qui a vécu sa vocation missionnaire au Moyen-Orient et qui réside depuis 2019 à Gaza. On sait qu’il entretenait un contact téléphonique quotidien avec son illustre concitoyen le pape François. Aujourd’hui, cela veut dire pour lui “Enseigner sous les bombes…” Dans son église de la Sainte-Famille, il accueille 500 chrétiens réfugiés après le 7 octobre 2023, grecs orthodoxes et catholiques latins, et, avec des collaborateurs, il entend ouvrir aux enfants de ces familles une autre perspective que celle de la guerre. Enseigner, d’abord, et en particulier, pendant l’année scolaire, “leur enseigner pacifiquement l’histoire de la Palestine”… Et, pendant l’été, organiser des “colonies de vacances”, avec jeux, chants et danses de cette terre palestinienne dont on veut les chasser.
Luc Balbont rappelle aussi que le P. Romanelli a lui-même été blessé le 17 juillet dernier par des frappes israéliennes sur son église, qui ont fait trois morts et plusieurs blessés.
Les chrétiens de Gaza
et les entraves aux transferts de fonds vers la Palestine
L’hebdomadaire La Vie n° 4175 du 4 au 10 septembre 2025 publie deux articles qui sont à signaler, p. 18-20.
-Le premier, de Pascal Manker, “A Gaza, les chrétiens refusent de quitter leurs églises”, est consacré aux ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne à l’encontre des chrétiens, au moment où elle lance une offensive visant à l’occupation totale du territoire de Gaza. Il y a deux implantations chrétiennes à Gaza, la Sainte-Famille, catholique latine, dont le P. Romanelli est le responsable et dont il était question dans l’article précédent ; et l’église Saint-Porphyre, grecque orthodoxe, une des plus anciennes de Palestine, dont les occupants sont sous le coup d’un ordre d’évacuation immédiat de l’armée israélienne. Les deux patriarches, le cardinal Pizzaballa, latin, et Théophilos III, grec orthodoxe, ont affirmé, dans une déclaration commune, que “le clergé et les religieuses ont décidé de rester et de continuer à prendre soin de tous ceux qui se trouvent dans [leurs] églises“.
L’article rappelle aussi l’émotion qui est remontée jusqu’à la Maison-Blanche lors du bombardement de l’église de la Sainte-Famille, obligeant le gouvernement israélien à admettre “une regrettable erreur” face à la réaction américaine. Cependant, le nombre de chrétiens est en constante érosion, ceux qui le peuvent tentant de trouver ailleurs des situations qui leur permettent d’assurer la survie de leur famille.
-Le second, de Dominique Fonlupt, éclaire d’une manière alarmante les pressions dont les banques, celles de France en particulier, sont l’objet pour empêcher les transferts de fonds vers la Palestine occupée. Ainsi le compte de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) a été fermé par son établissement bancaire, sans explication autre qu’un “cadre réglementaire (…) défini au niveau national et européen” et”des raisons de secret bancaire”. Nous avons rapporté les actions de soutien, en particulier alimentaire, que mènent à Gaza des membres de l’UJFP. Pour poursuivre ces actions l’UJFP est ainsi obligée par le système bancaire à chercher d’autres voies que le simple transfert d’argent.
De même, une association de solidarité avec des groupes d’artisans palestiniens (SGAP) de Grenoble se voit soumise à des manœuvres dilatoires de la part de sa banque, l’empêchant de faire parvenir aux artisans palestiniens le produit de ses ventes. Les banques s’abritent derrière les consignes de prudence qui leur sont données. Mais, ajoute Dominique Fonlupt, “pourquoi cette prudence se manifeste-t-elle de façon aussi zélée depuis que les bombes pleuvent sur Gaza et que la Cisjordanie est chaque jour le théâtre d’exactions de la part de colons israéliens radicaux ? Pourquoi ces associations ont-elles pu travailler pendant des années sans être inquiétées et sont aujourd’hui empêchées d’agir en pleine tragédie ?”
Israël – Palestine, le simple et le complexe
Sur le site de Pax Christi

En une page, notre partenaire Pax Christi France résume les traits majeurs de la situation en Israël et Palestine, en s’appuyant principalement sur les analyses d’Edgar Morin dans son livre Le monde moderne et la question juive, éditions du Seuil, 2008, p.247.
Face à une spirale de violence et de contre-violence, quelles voies de coexistence peuvent-elles s’ouvrir ? Edgar Morin en appelle à des “minorités laïques capables d’autocritique, de compréhension d’autrui, de conscience de la complexité (…)”. Les communautés religieuses qui ont une lecture saine de leur tradition peuvent aussi [y] prendre leur part.
www.paxchristi.fr/2025/09/04/israel-palestine-simple-et-complexe/
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