Le texte suivant de la Commission Droits de l’Homme de Pax Christi, notre partenaire, nous semble à diffuser largement.
Le 3 février 2026.
Droit du plus fort ou force du droit ? Alors que les tensions internationales s’exacerbent et que les principes fondateurs de la paix mondiale sont remis en cause, la politique de Donald Trump interroge : jusqu’où peut-on sacrifier le droit international au nom de la puissance ? Entre révisionnisme historique et logique impérialiste, l’équilibre fragile construit depuis 1945 vacille. Un rappel urgent : sans justice, il n’y a pas de paix durable.
Un ordre international fragilisé
L’actualité de ces dernières semaines et les tensions actuelles entre alliés de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) mettent à nouveau en cause les mécanismes mis en place après la Seconde Guerre Mondiale pour tenter d’éviter les conflits. Les logiques de toute puissance semblent avoir pris le pas sur la primauté du droit international au nom de finalités auto-proclamées de protection d’un pays menacé (voir les principes fondateurs du droit international).
Une désinhibition dangereuse : entre Orwell et la loi du Talion
Outre que cette séquence renvoie au roman de Georges Orwell, La ferme des animaux (1), et au récit d’un asservissement volontaire au profit d’une protection qui n’est que spoliation, elle est porteuse de nombreux conflits du fait de la désinhibition de certains principes déjà bien écornés tels que le respect des frontières légalement établies, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’inviolabilité des chefs d’État, même illégitimes. L’expression publique d’appétits d’ordre impérialiste au nom d’une vision à court terme des enjeux de sécurité ne peut qu’exacerber les tensions, détruire les alliances de protection et justifier des guerres d’agression, du fait d’un révisionnisme historique et/ou d’une forme dangereuse d’expression de la loi du Talion.

“Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres”. George Orwell, La Ferme des animaux.
Le droit international, fondement d’une paix durable
En ce moment d’affaiblissement des principes qui ont permis de maintenir une certaine forme de paix, certes relative, durant les 80 dernières années, il convient de rappeler que si la justice et le droit ont semblé s’éclipser à certains moments de l’histoire, ils sont le fondement de toute paix durable et ont toujours fini par revenir au premier plan.
Des procès historiques rappellent la nécessité d’un droit fort
Les procès de Nuremberg et de Tokyo, celui des responsables de l’abominable guerre en Bosnie-Herzégovine sont des moments clés de notre histoire récente, qui effraient ceux qui, par tous les moyens, veulent s’affranchir des règles. La force des jugements prononcés tenait autant à l’affirmation des grands principes moraux fondant les droits humains, dont l’égale dignité des personnes, l’interdiction de tout traitement dégradant et inhumain, notamment en raison de ses origines, le droit de la guerre, l’inviolabilité des populations civiles qu’à l’effectivité des sanctions que l’horreur des crimes commandait (voir le cadre juridique définissant les crimes internationaux au chapitre II du traité de Rome).
La foi en l’homme défie la barbarie
De grands témoins ont toujours surgi dans l’histoire pour rappeler la valeur intrinsèque de l’homme et la nécessité d’une paix juste, tels que René Cassin, le cardinal Saliège et Mgr Pierre-Marie Théas, le co-fondateur [de Pax Christi] – voix qui se sont élevées durant l’Occupation -, le pape François et aujourd’hui le pape Léon XIV dans les soubresauts actuels du monde (voir la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 – Texte fondateur inspiré par René Cassin).
C’est lorsque les voies du droit paraissent les moins à même de triompher que se lèvent des personnes poussées par la foi, de ceux qui ne cessent d’espérer en l’humanité, pour les promouvoir et les mettre en œuvre.
La justice “est la vertu nécessaire pour la construction d’un monde où les conflits ne pourront être résolus que pacifiquement, sans que s’impose la raison du plus fort, mais par la force du droit” (Pape François, 28 novembre 2023).
Un appel à l’engagement collectif
La force du droit repose donc sur une conversion réelle au message de l’Evangile sur l’amour véritable et la miséricorde donnée aux hommes. Elle demande des personnes engagées comme autant de phares dans les tempêtes pour guider les consciences. Il est encore temps de se réveiller. Pour aller plus loin : les défis et principes actuels de l’OTAN.
Commission Droits de l’Homme de Pax Christi
Texte original : https://www.paxchristi.fr/2026/01/22/trump-defie-lordre-international/
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(1) George Orwell, Animal Farm : A Fairy Story, Londres, Penguin, coll. “Fiction”, (1re éd. 1945), 95 p., poche. Traduction française : La Ferme des animaux : fable (trad. de l’anglais par Jean Queval), Paris, Champ libre, , 113 p. Nouvelle traduction française, 2025 par SL POV.
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