Nous avions relevé le 13 janvier dernier la convergence entre la politique des Etats-Unis en Palestine, et à Gaza en particulier, et celle qu’ils mènent en Amérique latine, à commencer par le Venezuela. Voir la traduction par l’Agence Media Palestine du media en ligne Middle East Eye : “Le Venezuela étend la leçon de Gaza à l’hémisphère occidental“. La composition du “Conseil de la Paix” préconisé pour Gaza dans le cadre du “Plan de paix” américain a été publiée le 16 janvier. Voir par exemple l’article de France 24 en ligne :
“Conseil de la paix pour Gaza : Donald Trump s’entoure de Tony Blair et Marco Rubio“
Quelques jours plus tard, ce projet connaît de la part de son initiateur un développement complètement inattendu, à l’échelle du Globe. Toujours présidé par Donald Trump, il se présente maintenant comme un substitut du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, placé sous l’autorité discrétionnaire du Président des États-Unis. Il y appelle les personnalités et les États qu’il choisit, et menace de sanctions ceux qui se refusent à obtempérer, comme actuellement la France. Voir, par exemple, sur le site de France 24 :
“Trump menace de taxer vins et champagnes à 200 % si la France ne rejoint pas son Conseil de paix“
Cet autoritarisme dictatorial n’empêche pas d’improbables retournements, comme à l’heure actuelle dans le rapport avec la République islamique d’Iran et la contestation populaire qui s’y fait jour. C’est sur ce fond d’actualité que nous proposons une brève revue de presse sur la situation à Gaza et en Palestine.
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Gaza. Témoigner, comprendre, résister
Manière de voir n°205, Février – mars 2026
Le bimestriel du Monde Diplomatique fait le point sur Gaza. “Plus de 71 000 morts, 170 000 blessés, un territoire détruit à 80 %. Gaza est un champ de ruines et de vies brisées. Ce numéro témoin rassemble les faits pour ne rien oublier, comprendre l’ampleur de la destruction et résister par la mémoire, en attendant que les coupables soient jugés.”
Le numéro est disponible en kiosques et sur la boutique en ligne du Monde Diplomatique. Il est coordonné par Akram Belkaïd et Angélique Mounier-Kuhn.
En voici le sommaire :
Éditorial
Impunité. Akram Belkaïd et Angélique Mounier-Kuhn
Regard
Carte : Ce qui reste de Gaza. Cécile Marin et Fanny Privat
L’effacement des Gazaouis, une obsession. Alain Gresh
1. Gaza, royaume des morts et des survivants
“Damar tam“ : une destruction totale. Cette expression en arabe est celle qui revient le plus souvent dans la bouche des rescapés gazaouis quand ils décrivent l’état de l’enclave palestinienne. L’ampleur de la catastrophe est telle que les comparaisons avec la Nakba de 1948 font sens : de ce qui existait avant le 7 octobre 2023, plus rien ou presque ne subsiste. Au-delà des arguties sémantiques, les responsables et les complices de ce génocide contre une population sans défense devront tôt ou tard être traduits devant la justice internationale.
Qui est vivant, qui est mort, qui a disparu? Thaer Maher
Des crimes internationaux bien établis Anne-Cécile Robert
Chronologie : Deux années de guerre totale C. M. et A. M.-K.
Commettre et laisser commettre le “crime des crimes“ Insaf Rezagui
Portfolio de Fatma Hassona : La photo pour toute arme
Une définition très large du “terrorisme“ Mona Chollet
Otages d’Israël A. M.-K
De l’ivresse technologique au carnage Philippe Descamps
Des décennies de spoliation et d’oppression Olivier Pironet
Quand la cité de Gaza rayonnait O. P.
2. Israël, le crépuscule de la raison
“Gaza destructa est“ : Gaza est détruite mais qu’en est-il d’Israël? Si l’extrême droite et les partisans d’une annexion totale des territoires palestiniens triomphent, quelles seront les conséquences à long terme de l’acceptation presque unanime du déferlement de violence contre les Gazaouis? Divisée, la société israélienne ne pourra échapper à un examen de conscience, autant éthique que politique, face à une tragédie qu’elle a non seulement tolérée mais encouragée. À moins que ses dirigeants ne choisissent la fuite en avant en engageant leur pays dans des guerre sans fin.
Une société à rebours de l’histoire. Sylvain Cypel
Deux loyautés, un même déni. Nitzan Perelman Becker
Consentir au génocide . Gideon Levy
Autant en emporte le vent jaune. Elad Lapidot
3. L’internationale des complices
Depuis le début de la guerre, la “communauté internationale“ s’est montrée réticente, et en tout état de cause incapable, à peser sur le cours des événements, laissant le champ libre à Israël dans son entreprise de destruction massive. Hormis les initiatives de quelques rares pays et des sociétés civiles, Gaza a été abandonnée à son sort y compris par le monde arabe dont les poids lourds jugent plus importante la normalisation avec Israël ou craignent les représailles des États-Unis, soutien indéfectible de Tel-Aviv durant ce conflit.
Terre de sang. Peter Harling
M. Trump, ce grand ami. Gilbert Achcar
Divisions chez les juifs américains. Eric Alterman
Quand la machine à influence s’enraye. Serge Halimi
Complices malgré les évidences. Benoît Bréville
Ceux qui œuvrent pour Israël. S. H. et Pierre Rimbert
Impuissance et trahisons arabes. A. B.
Encadrés
La guerre la plus meurtrière
Tuer le messager
“Scolasticide“, un système éducatif brisé
“Boucliers humains“, l’argument commode
Royaume-Uni, le déshonneur des politiques
Un florissant marché des armes
Iconographie
Ce numéro est accompagné des œuvres de Taysir Batniji (son site Internet) et de Fatma Hassona.
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Hebdomadaire “La Vie”
“Trump tente de reconstituer le silo impérial américain”
N° 4194 du 15 au 21 janvier 2026
Un entretien avec Arnaud Orain, économiste et historien, conduit par Anne Guion, est ainsi intitulé. Il éclaire l’aspiration à un empire mondial de l’actuel pouvoir américain (p.19). Dans son livre “Le Monde confisqué, essai sur le capitalisme de finitude, XVIe-XXIe siècle” (éd. Flammarion), l’historien décrit “un capitalisme où des empires se partagent le monde plutôt que de commercer librement”. Le monde est réparti en “silos”, composés, sur des bases plus géopolitiques que marchandes, d’amis, de vassaux, de colonies. Celui des Etats-Unis, au départ constitué essentiellement de l’hémisphère occidental (selon la doctrine Monroe de “l’Amérique aux Américains”), a connu une large expansion au-delà de cette base mais s’est trouvé mis au défi, en Amérique même, par l’infiltration progressive de la Chine. Cela, sur le fond d’un changement climatique qui, bien que nié par Donald Trump, n’en commande pas moins sa volonté d’accaparer autant qu’il le peut les ressources énergétiques du monde au profit des États-Unis.
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Menaces sur les écoles chrétiennes de Jérusalem Est
Un article du quotidien La Croix daté du 14 janvier 2026 est intitulé “À Jérusalem-Est, les écoles chrétiennes en grève contre la restriction des permis de leurs professeurs palestiniens“. Il est signé par Cécile Lemoine, correspondante à Jérusalem.
La raison de ce mouvement : “les permis de travail de 171 enseignants issus des Territoires palestiniens occupés n’ont pas été renouvelés par les autorités israéliennes”. Le recrutement d’enseignants résidant à Jérusalem est difficile pour ces écoles, et elles doivent faire appel à des enseignants résidant en Cisjordanie occupée. La plupart des permis ont finalement été rétablis après cette protestation mais avec une restriction : sur 5 jours de la semaine, au lieu de 7. Les critères de refus sont arbitraires.
Plus grave : “Depuis juillet 2025, un projet de loi qui vise à interdire l’emploi d’enseignants ayant étudié dans les Territoires palestiniens avance à la Knesset, faisant peser une épée de Damoclès sur les établissements chrétiens”. En conclusion, sœur Lucy Jadallah, directrice de l’école des Sœurs du Rosaire, déclare : “Nos écoles portent un message de paix, de respect, de compréhension et d’acceptation de l’autre. Nous espérons que ce message sera accueilli dans le même esprit et avec les mêmes valeurs de l’autre côté.”
