Syrie : pour l’ONU, Alep risque de devenir un « gigantesque cimetière »

Syrie : pour l’ONU, Alep risque de devenir un « gigantesque cimetière »

Avec l’intensification des frappes, au moins 21 personnes, dont 2 enfants, sont mortes mercredi tandis que 50 000 personnes ont fui les quartiers rebelles.

L’ONU lance un avertissement. Mercredi 30 novembre, elle a alerté du risque de voir la ville syrienne d’Alep se transformer en un « gigantesque cimetière », après la fuite de 50 000 personnes de quartiers rebelles assiégés, terrifiées par les combats et les bombardements menés par le régime. Elles ont fui l’avancée des forces du régime syrien dans les quartiers rebelles d’Alep au cours des quatre derniers jours, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Plus de 20 000 d’entre elles ont trouvé refuge dans la partie d’Alep contrôlée par le gouvernement tandis que 30 000 autres ont rejoint l’enclave de Cheikh Maqsoud aux mains des forces kurdes dans la deuxième ville de Syrie, selon l’OSDH. Cet exode est provoqué depuis le week-end dernier par l’intensification des combats au sol et des bombardements aériens au fur et à mesure que les forces de Bachar el-Assad progressent dans la zone rebelle, dont elles ont pris le contrôle des quartiers septentrionaux.

Pour les habitants d’Alep et particulièrement ceux d’Alep-Est, les civils sont soumis à des bombardements incessants alors que les combats font rage et que la famine guette. Au moins 21 civils, dont 2 enfants, ont été tués mercredi dans des tirs de l’artillerie du régime syrien à Alep-Est où les rebelles perdent du terrain face à l’armée, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). D’après l’OSDH, des dizaines d’autres civils ont été blessés dans ces tirs qui ont frappé le quartier rebelle de Jeb al-Qobbé.

« Lente descente aux enfers »

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait évalué mardi soir à 20 000 le nombre de civils ayant fui Alep-Est au cours des 72 dernières heures, en précisant que ce chiffre n’était qu’une estimation. Alep-Est est assiégé par les forces du régime depuis juillet et les quelque 250 000 habitants qui y résidaient font face à une pénurie quasiment totale de nourriture, d’électricité et de médicaments. La situation est « alarmante et effrayante », a commenté mardi le patron des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien. Car plus aucun hôpital ne fonctionne et « les stocks alimentaires sont pratiquement épuisés ». « C’est une lente descente aux enfers », a renchéri Bettina Luescher, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM). Une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation à Alep doit se tenir mercredi matin à New York (États-Unis), selon des diplomates.