Syrie: le groupe EI recule sur deux fronts, Alep sous les bombes

En Syrie, 60 civils au moins ont trouvé la mort ce vendredi dans des raids aériens menés par l’aviation du régime à Alep. Il s’agit du bilan le plus élevé depuis un mois dans cette ville dont le gouvernement et les rebelles se partagent le contrôle. Une quarantaine de soldats, de rebelles et de jihadistes ont par ailleurs été tués sur trois fronts très actifs: au sud d’Alep, à Manbij, entre Raqqa et la frontière turque, et à Ithriya, à l’ouest de Raqqa.

Avec le correspondant de RFI à Beyrouth,  Paul Khalifeh

Le groupe Etat islamique (EI) recule sur deux fronts en Syrie. Celui de Manbij d’abord, face aux Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis. Cette coalition arabo-kurde a pris quelque 25 villages s’étendant sur 100 kilomètres carrés, et n’est plus qu’à 15 kilomètres de cette ville, qui se trouve, elle, à 130 kilomètres au nord-ouest de Raqqa.

Les jihadistes battent aussi en retrait face à l’armée syrienne, qui a lancé jeudi une offensive en direction de la province de Raqqa à partir de Ithriya dans le centre du pays.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), l’armée syrienne a progressé de 12 kilomètres en 24 heures pour arriver aux frontières administratives de la province de Raqqa. Elle se trouve désormais à 45 kilomètres de la ville de Tabqa, son objectif, situé sur la rive droite de l’Euphrate, Raqqa, elle, se trouve sur la rive gauche.

Non moins actif est le front du sud d’Alep, où une coalition conduite par al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, est à l’œuvre. Les jihadistes ont progressé dans le secteur de Khan Toumane au détriment de l’armée syrienne et ses alliés.

Pour alléger la pression, l’aviation syrienne s’est déchainée contre les quartiers est de la ville d’Alep, contrôlés par les rebelles. Les raids étaient tellement intenses que la prière du vendredi a dû être annulée.