Hariri à Paris annonce son retour au Liban pour la fête de l’Indépendance le 22 novembre – OLJ

Hariri à Paris annonce son retour au Liban pour la fête de l’Indépendance le 22 novembre

Le Premier ministre démissionnaire libanais est arrivé ce matin dans la capitale française, en compagnie de son épouse, et sera reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée.

OLJ
18/11/2017

Le Premier ministre libanais démissionnaire, Saad Hariri, qui se trouve depuis ce matin à Paris après avoir quitté l’Arabie saoudite et qui n’est pas rentré au Liban depuis sa démission surprise, sera à Beyrouth le 22 novembre pour assister à la fête de l’Indépendance du Liban.

M. Hariri a confirmé cela ce matin au président libanais, Michel Aoun, lors d’un appel téléphonique. Il a également informé le chef du Législatif, Nabih Berry, de sa venue au Liban.

Un communiqué de la présidence a indiqué dans le même temps que M. Hariri participerait « notamment au défilé militaire » traditionnel, un des points forts de la fête de l’Indépendance obtenue de la France, ancienne puissance mandataire, le 22 novembre 1943.

M. Hariri a également contacté par téléphone le mufti de la République, Abdellatif Deriane. Le leader druze Walid Joumblatt a lui affirmé avoir appelé M. Hariri ce matin et s’être entretenu avec lui.

Deux semaines après l’annonce de sa démission, faite depuis Riyad où il était retenu contre son gré selon Beyrouth, c’est à Paris que le Premier ministre libanais, Saad Hariri, est arrivé, samedi matin, accompagné de son épouse. Il devrait ensuite regagner Beyrouth pour, selon divers milieux, présenter officiellement sa démission.

M. Hariri est arrivé vers 8h, heure de Beyrouth, à l’aéroport du Bourget. Le convoi de sept véhicules a quitté peu après l’aéroport. A son arrivée à son domicile parisien, M. Hariri, téléphone à l’oreille, a emboîté le pas à son épouse Lara, qui l’a précédé de quelques secondes, selon des images retransmises en direct par la chaîne libanaise LBCI. Le ministre libanais de l’Intérieur, Nohad Machnouk, qui se trouve à Paris depuis vendredi, accompagnait M. Hariri à son arrivée. Le conseiller du Premier ministre démissionnaire, Nader Hariri, était lui aussi présent à Paris depuis vendredi.

Un lourd dispositif policier a été déployé devant l’entrée de la résidence de M. Hariri, et les journalistes ont été tenus à l’écart.

Selon la chaîne LBCI, seul l’un des fils de M. Hariri se trouve actuellement à Paris. Ses autres enfants seraient, selon la chaîne, toujours en Arabie saoudite. Mais le médecin personnel de M. Hariri a assuré qu’ils pourraient rejoindre leur père à n’importe quel moment, mais qu’ils poursuivaient leur scolarité à Riyad.

Depuis l’annonce de sa démission, c’est le deuxième voyage de M. Hariri, après un déplacement de quelques heures à Abou Dhabi.

Peu avant son départ de Riyad, le Premier ministre démissionnaire avait annoncé dans un tweet qu’il se dirigeait vers l’aéroport, démentant être détenu en Arabie saoudite. Peu avant le tweet, une source proche du Premier ministre démissionnaire avait affirmé à l’AFP que M. Hariri s’était entretenu avant son départ avec le prince héritier Mohammad ben Salmane. « Il a tenu une réunion excellente, fructueuse et constructive avec le prince héritier », avait indiqué cette source sous couvert de l’anonymat.

M. Hariri sera reçu par le président français Emmanuel Macron à 12h20 (11h20 GMT) au palais de l’Elysée. Il sera rejoint par sa famille à 12h30 (11h30 GMT) pour un déjeuner, avait indiqué vendredi la présidence française dans un communiqué.  M. Macron avait de son côté affirmé vendredi qu’il accueillera M. Hariri « avec les honneurs dus à un Premier ministre, certes démissionnaire, mais dont la démission n’est pas reconnue dans son pays encore puisqu’il ne s’y est pas rendu ». Cette invitation est « amicale pour discuter avec lui et accueillir le Premier ministre d’un pays ami », avait précisé M. Macron. Il avait aussi précisé qu’il n’y aurait pas « d’accueil officiel » pour M. Hariri à son arrivée en France puisqu’il s’agit d' »une visite familiale ». M. Hariri « a vocation, je crois, à se rendre dans son pays dans les jours ou les semaines à venir », avait-il ajouté.

Okab Sakr, un parlementaire du parti de M. Hariri, avait pour sa part annoncé vendredi que ce dernier ferait « une petite tournée arabe » avant de retourner à Beyrouth. Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, avait quant à lui déclaré à Moscou que M. Hariri serait de retour à Beyrouth vendredi prochain, selon l’agence russe RIA.

La France, ancienne puissance mandataire du Liban, a endossé le rôle de médiateur dans la crise née avec la démission du Premier ministre. Et c’est pour sortir de l’impasse, que le président Macron a invité à Paris M. Hariri et sa famille « pour quelques jours ». Une invitation acceptée par M. Hariri avec l’accord du parrain saoudien. M. Macron avait précisé que l’offre faite à Saad Hariri n’était en aucun cas une proposition d’exil politique. « C’est un geste d’amitié et une volonté marquée de la France de contribuer au retour au calme et à la stabilité au Liban », avait-il ajouté.

Dans une déclaration télévisée depuis Riyad, M. Hariri avait annoncé sa démission, le 4 novembre à partir de la capitale saoudienne, en invoquant la « mainmise » du Hezbollah soutenu par l’Iran sur la vie politique au Liban et des craintes pour sa vie, au moment où Riyad fulminait contre les ingérences prêtées au rival iranien dans la région.

Des spéculations et des informations ont ensuite circulé sur une interdiction faite à M. Hariri de quitter le royaume saoudien après avoir été « contraint » à la démission, alors que lui, assurait être « libre » et prêt à rentrer. Mercredi, le président libanais Michel Aoun avait haussé le ton, affirmant qu’il le considérait « détenu et en captivité » à Riyad. Des accusations rejetées par l’Arabie saoudite.
Des « rumeurs »
Quelques heures avant son déplacement à Paris, Saad Hariri avait affirmé, également dans un tweet, être resté dans le royaume pour y discuter des perspectives politiques dans son pays.

« Mon séjour au royaume (d’Arabie saoudite) a pour objet d’entreprendre des discussions autour de la situation à venir au Liban, ainsi que sur ses relations avec son environnement arabe. Tout ce qui se dit contrairement à cela, notamment à propos de mon séjour, de mon départ et de ce qui à trait à la situation de ma famille, n’est que rumeurs », a-t-il écrit sur Twitter.

Depuis le début de la crise, le président Aoun refuse d’accepter la démission de Saad Hariri, qui possède les nationalités libanaise et saoudienne, tant que le Premier ministre ne sera pas rentré au Liban pour exposer les motifs de sa décision.

« Déloger le chef de l’Etat libanais »
Parmi les conséquences d’une crise prolongée au Liban figure le risque d’un nouveau afflux de réfugiés en Europe, évoqué jeudi par le ministre libanais des Affaires étrangères Gebrane Bassil. « La déstabilisation du Liban aurait des conséquences sur les déplacés et réfugiés présents au Liban qui seraient alors dans une situation encore plus fragile et se tourneraient vers l’Europe », avait-il dit à Berlin.

M. Bassil a prévenu aussi qu’en cas d’ingérence étrangère, son pays risquait de connaître le même sort que la Syrie voisine, ravagée par une guerre civile complexe où l’implication militaire du Hezbollah auprès du régime divise le Liban.

Vendredi à Moscou, M. Bassil a accusé certaines parties qu’il n’a pas nommées de chercher à « déloger le chef de l’Etat libanais », élu avec le soutien actif du Hezbollah, qui a des ministres au gouvernement, dans le cadre d’un compromis politique qui avait conduit Saad Hariri à la présidence du Conseil.
Son homologue russe Sergueï Lavrov a plaidé pour une solution « sans intervention extérieure et par le dialogue (…) ».