En Libye, la reconquête de Syrte s’accélère

Avec le soutien de l’aviation américaine qui a débuté ses raids aériens lundi 1er août, les milices libyennes soutenant le gouvernement de Tripoli ont réussi à reprendre une partie de la ville qu’elles assiègent depuis le 12 mai. Elles étaient parvenues à y pénétrer le 9 juin dernier mais butaient sur les djihadistes qui contrôlent encore une partie importante du littoral.Barack Obama a affirmé que ces bombardements aériens avaient été mis en œuvre « à la demande du gouvernement » de Fayez al-Sarraj et qu’ils se limiteraient à la ville de Syrte et à sa banlieue. Le président américain a également précisé qu’il s’agissait d’une mission de « sécurité nationale » aussi bien pour les États-Unis que pour leurs alliés européens, rappelant qu’ils avaient « un grand intérêt à voir la Libye stabilisée ».

Ces raids auraient déjà permis de faire progresser les forces gouvernementales vers le centre de la ville et de reprendre le quartier al-Dollar. Mais les soldats de Daech parviennent encore à ralentir la progression de leurs opposants grâce à des mines disposées au cours de leur lente retraite. Les milices soutenues par l’aviation américaine poursuivent tout de même leur avancée avec en ligne de mire le centre de conférences Ouagadougou dont l’organisation terroriste a fait son QG.

Localité stratégique

Ville natale de Mouammar Kadhafi, Syrte est une cité portuaire située à 300 kilomètres des côtes européennes et à mi-chemin entre les localités principales de Libye : Tripoli à l’Ouest et Benghazi à l’Est. La commune est également située à proximité de zones riches en pétrole sur lequel lorgne l’organisation terroriste, qui comptait en faire son bastion nord-africain.

Selon le Pentagone, environ 1 000 combattants de Daech se trouvent encore dans la ville, alors que 75 % des civils l’ont fui depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011. Face à eux, plus de 300 membres des forces pro-gouvernementales ont été tués pour environ 1 500 blessés selon des sources médicales de Misrata, siège du commandement de l’offensive pour la reprise de Syrte.

Un soutien extérieur contesté

Malgré l’accord avec le gouvernement d’unité nationale et les propos Fayez al-Sarraj qui assure « qu’il n’y aura aucune présence étrangère sur le sol libyen », l’arrivée des Américains suscite la controverse. D’une part, en raison du manque de légitimité du gouvernement de Tripoli aux yeux d’une partie de la population – il n’a toujours pas été reconnu par le Parlement. Et parce que de nombreuses personnes s’insurgent contre ce type d’interventions extérieures, perçues comme une ingérence occidentale.

Le Parlement a ainsi déclaré que ces frappes constituaient une « violation de l’espace aérien » libyen et a convoqué l’ambassadeur américain. Par ailleurs, sans condamner ouvertement les frappes, le ministère des affaires étrangères russe a appelé à agir « en stricte conformité avec le droit international ». Celles-ci doivent toutefois se poursuivre jusqu’à la libération complète de la ville.