En Égypte, l’indifférence accueille l’acquittement d’Hosni Moubarak – La Croix

En Égypte, l’indifférence accueille l’acquittement d’Hosni Moubarak

Accusé d’avoir incité au meurtre des participants aux manifestations de 2011, l’ancien président égyptien a été définitivement acquitté par la justice le 2 mars.

Au lendemain de cette décision, les Égyptiens semblaient réagir par l’indifférence à cette décision qui, symboliquement, enterre leur révolution.

Au pouvoir depuis trente ans avant d’en être chassé en 2011, il a passé ces dernières années en résidence surveillée dans une chambre de l’hôpital militaire de Maadi, un quartier chic de la capitale égyptienne.

846 morts

L’ancien président égyptien, qui a été au pouvoir de 1981 à 2011, était accusé d’avoir incité au meurtre des participants aux manifestations du mois de janvier et février 2011, au cours desquelles 846 personnes avaient été tuées lors d’affrontements avec la police.

Il lui était reproché d’avoir fourni des véhicules et des armes utilisés contre les manifestants et de n’avoir pas agi pour empêcher des morts. Sur les 846 personnes tuées, seules 239 apparaissaient dans l’acte d’accusation. Cela « n’a pas eu lieu », a-il répondu, ce jeudi 2 mars, depuis le box des accusés.

Un jugement définitif

Ce jugement clôt un véritable marathon judiciaire avec plusieurs rebondissements. Hosni Moubarak avait été condamné à la prison à vie en juin 2012. Mais un nouveau procès avait été ordonné par la justice, et en novembre 2014, le tribunal avait finalement ordonné l’abandon de ces accusations, blanchissant ainsi l’ex-président égyptien. Le parquet avait alors introduit un recours en cassation.

Le jeudi 2 mars, la Cour de cassation a donc confirmé l’abandon des charges. Une décision accueillie avec une certaine indifférence en Égypte, comme si, pris dans leurs difficultés actuelles, notamment économiques, les Égyptiens ne souhaitaient plus désormais rouvrir cette page, considérée comme de l’histoire ancienne.

Depuis le coup d’État d’Abdel Fattah Al-Sissi, en 2013, la majorité des proches d’Hosni Moubarak poursuivis pour leur rôle dans les violences ont été acquittés par la justice.

Un nouveau procès pour Mohamed Morsi

Mohamed Morsi, seul président démocratiquement élu de l’histoire de l’Égypte, renversé en 2013, est lui toujours en prison. Il avait été condamné à la peine de mort le 16 mai 2015 pour avoir fomenté des violences et organisé des évasions de prison lors du soulèvement de 2011 contre le président Hosni Moubarak.

La Cour de cassation a cassé ce jugement le mardi 15 novembre 2016 et ordonné la tenue d’un nouveau procès devant une cour criminelle.

Laurent Larcher