Eglise catholique en Algérie – Célébration de Noël et du Mawlid

 

Célébration de Noël et du Mawlid

Célébration de Noël et du Mawlid, où Chrétiens et Musulmans sont unis dans la joie et la fraternité dans la cathédrale Sainte Marie au Centre Pierre Claverie d’Oran.
« Cette nuit de Noël et du Mawlid à Oran restera à jamais gravée dans nos mémoires. La confiance et le respect de la foi de l’autre nous ont permis d’unir sans confusion nos prières adressées à un même Dieu. C’est possible, nous l’avons réussi ensemble ! » – Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran

« Beaucoup de vœux reçus par courriel ou par SMS mentionnaient la coïncidence, Cela n’était pas arrivé depuis 457 ans. Et, quelques jours avant Noël, un message de l’évêque nous annonçait que la confrérie alawiyya de Mostaganem avait proposé de participer à la veillée de Noël dans la cathédrale d’Oran et qu’il avait accepté.
Entrant dans l’église quelques minutes avant le début de la veillée, on pouvait constater deux choses : la chorale de la confrérie (une bonne quinzaine d’hommes et de femmes, tout de blanc vêtus) est assise dans le chœur sur des tapis, à droite de l’autel, entourée de grands chandeliers ; – l’église est déjà pleine ; au milieu du public habituel (étudiants et migrants africains, religieuses, amis algériens qui ont l’habitude de venir à Noël), beaucoup de visages nouveaux, surtout des jeunes, peut-être un peu intimidés de se trouver pour la première fois dans une église.

Avant que commence la veillée, l’évêque dit sa joie d’accueillir cet événement inattendu et en précise la portée : les chrétiens fêtent la naissance de Jésus, les musulmans celle de Mohamed ; pour la foi des uns et des autres, il ne s’agit pas de la même chose, les deux naissances n’ont pas la même portée ; cela ne doit cependant pas empêcher des gens qui se connaissent et s’estiment depuis longtemps d’oser quelque chose en commun.
La veillée a été on ne peut plus simple. La chorale de la confrérie a fait entendre un long sama‘ (le mot veut dire « audition ») : ce sont des prières et des louanges qu’elle chante habituellement dans de longues veillées, distinctes de la « prière » officielle. Des chants très monodiques qui puisent aux mêmes racines que le chant grégorien. On retiendra longtemps le chant entonné par une voix féminine très douce dans le silence de l’église. Au début, au milieu et à la fin, la chorale étudiante a fait chanter trois Noëls traditionnels.

Quant à la messe, ce fut simplement (ou plutôt solennellement, car les servants de messe africains savent faire !) la messe de minuit inchangée. Sauf que faire une homélie de Noël devant un public composé d’un tiers de musulmans attentifs, dire les mots de la Prière eucharistique à un mètre de la présence bienveillante d’une chorale musulmane, cela change forcément quelque chose. Sans prétendre percer le secret des cœurs, il me semble que toute timidité et toute curiosité ont été bien vite dépassées ; au moment du Notre Père, prendre la main de son voisin ou de sa voisine a été un geste naturel. »

Jean-Louis Desclais
Pour en savoir plus : https://www.youtube.com/watch?v=9NKH2X55t0o




http://www.eglise-catholique-algerie.org/2014-03-03-12-50-50/44-evenements-du-diocese-d-oran/1164-celebration-de-noel-et-du-mawlid