Libye

Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 06:19

Eveque-chez-Kadafi.jpgVicaire apostolique de Tripoli (Libye), Mgr Giovanni Martinelli était à Paris pour présenter son livre, « Evêque chez Kadhafi » (Bayard). Le prêtre franciscain livre un témoignage sur les événements récents mais aussi sur l'Eglise en Libye et son dialogue avec l'Islam. Une information du site de la Conférence des évêques de France.

 

 

 

 

Mgr Giovanni Martinelli est un homme usé mais rayonnant. Contacté cet été, il a d'abord voulu refuser d'écrire ce livre. Puis il a compris que « c'était le moment pour le peuple libyen ». « La Libye, c'est mon pays » affirme-t-il. A raison, puisqu'il y est né et a passé 40 ans au contact du peuple libyen. Le journaliste Samuel Lieven a donc rencontré l'évêque franciscain en août 2011 en Europe où il suit un traitement médical. Les insurgés progressaient vers Tripoli. Mgr Martinelli était sans nouvelles des cinq frères de sa communauté.

 

« Livre important » pour son éditrice, « témoignage à chaud » pour le journaliste, Mgr Martinelli définit « Evêque chez Kadhafi » comme la « relecture d'un pasteur, d'une personne et d'un responsable de l'Eglise en Libye ».

 

Celui-ci ne cache pas son soulagement que le colonel Kadhafi, « un tyran », soit « sorti de l'Histoire » et se fait le porte-parole de la joie du peuple libyen. Il rapporte les nombreuses demandes de prière exprimées par des musulmans, les gestes de solidarité. Chrétien en terre d'Islam, il pense que la liberté dont il a bénéficié n'était pas liée au régime mais bien au peuple libyen qui respecte sa religion.

 

Pourtant ses condamnations des bombardements de l'OTAN auront troublé les Européens, jusqu'à ses frères franciscains de Benghazi, en territoires libérés. « Pourquoi les bombes ? demande à plusieurs reprises l'homme de paix. Elles ont fait beaucoup de victimes ». Au nom du respect de la dignité de l'homme, il déplore le traitement réservé à la dépouille de l'ancien tyran.

 

 Vers une nouvelle histoire

 

Aujourd'hui la situation en Libye est « confuse ». Le prêtre franciscain espère que le retour des grandes entreprises se fera après Noël - son premier « vrai Noël » avec le « Candle Light Service » qui rassemblera les chorales chrétiennes. Le pays a besoin de reconstruction, « de relations ouvertes » avec d'autres pays. « Nous avons besoin d'y croire » et d'aller « vers une nouvelle histoire » ajoute Mgr Martinelli. Pour lui, le grand défi de la Libye est celui de l'unité des tribus qui composent le pays.

 

Le « Printemps arabe » ? Il ne sent pas la légitimité pour faire une analyse globale. L'islam fondamentaliste ? Il aurait plutôt peur de ceux qui ne veulent pas prendre un chemin de dialogue avec les musulmans !

 

Dans quelques jours, Mgr Martinelli sera rentré à Tripoli pour « témoigner de l'Amour de Jésus » et « vivre en frère » avec le peuple libyen, à la manière de Saint François. Il a hâte de célébrer la messe du vendredi, animée par les chorales africaines et philippines, où « la joie de la foi » est palpable. Son seul projet est de « faire grandir la civilisation de l'Amour ».

 

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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 05:38

341081-1-.jpgVoici la notre diffusée le 20 octobre après-midi par la Salle-de-Presse du Saint-Siège (source : Vatican Info Service) : "La mort du Colonel Kadhafi met fin au sanglant processus de renversement d'un régime oppressif, qui oblige une fois encore à peser le coût humain de la libération d'une système socio-politique fondé sur un pouvoir absolu et non sur le respect de la dignité humaine. Il faut maintenant espérer que le peuple libyen ne subisse pas d'autres violences, que ses dirigeants pacifient et reconstruisent le pays dans un esprit de réconciliation, sur la base de la justice et du droit, et que la communauté internationale apporte une aide consistante à cette renaissance".

 

"Si la petite communauté catholique locale continuera d'offrir un service social et sanitaire désintéressé, le Saint-Siège soutiendra le peuple libyen au plan international, dans un esprit constant de justice et de paix. Ne reconnaissant que les états, et conformément au droit internationale, le Saint-Siège n'a pas reconnu formellement de Conseil national transitoire qui, désormais en place à Tripoli doit être considéré comme l'organe légitime de représentation de la Libye. Depuis les changements politiques survenus à Tripoli, le Saint-Siège a eu divers contacts avec les nouvelles autorités, mais aussi avec l'ambassade libyenne. Lors de sa récente participation à l'assemblée générale de l'ONU, Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour les rapports avec les états, s'est entretenu avec le représentant permanent de la Libye, M.Abdurraham M-Shalgham. Plus récemment encore, du 2 au 4 octobre, Mgr.Tommaso Caputo, nonce apostolique en Libye mais résident à Malte, a effectué une visite de trois jours à Tripoli, au cours de laquelle il a rencontré le premier ministre du CNT, M.Mahmoud Jibril, et s'est rendu au ministère des affaires étrangères. En l'occurrence, les parties ont réaffirmé l'importance de leurs relations diplomatiques. Le Saint-Siège a également réaffirmé son soutien au peuple libyen comme à la transition en acte, souhaitant aux nouvelles autorités de réussir à redresser leur pays. Le CNT a pour sa part dit apprécier les appels humanitaires lancés par le Pape et l'engagement de l'Eglise locale, principalement dans les hôpitaux et centres de soins, où agissent treize communautés religieuses, six en Tripolitaine et sept en Cyrénaïque".

 

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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 06:33

Sur le site du Secours Catholique Caritas France : En pleine bataille de Tripoli, en Libye, plusieurs milliers de travailleurs migrants vont être évacués par la mer. Après trente-six heures d'attente au large, un bateau de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) devrait accoster dans le port de Tripoli ce jeudi 25 août et embarquer les 250 premiers partants.

 

Exposées au feu des tireurs embusqués, les rues de Tripoli étaient vides le 24 août dernier.

Le port de Tripoli est calme ce jeudi matin mais ce n'est pas le cas de la route qui permet d'y parvenir. L'OIM attend encore pour faire accoster son bateau. L'organisation internationale a lancé des appels aux belligérants, insurgés et forces loyalistes, pour l'ouverture de cette route aux convois des migrants.

 

Les immigrés philippins se sont regroupés près de leur ambassade. Ils ont 15 km à parcourir pour rejoindre le port. Des migrants d'autres nationalités sont également en attente d'évacuation autour de leurs ambassades. Une aide pourrait aussi être nécessaire, précise l'OIM, pour de nombreux Africains subsahariens qui vivent aux alentours de Tripoli. Ceux-ci n'ont pas réussi à joindre leurs représentations.

 

5 000 personnes en attente d'évacuation

 

Au total, environ 5 000 personnes demandent à partir. Plusieurs bateaux affrétés par l'Organisation pour les migrations feront des rotations entre Tripoli et Benghazi, « capitale » provisoire des insurgés, à l'est de la Libye. De là, les migrants seront conduits en Égypte d'où l'OIM organisera leur rapatriement dans leurs pays respectifs. Depuis le début de la guerre, l'Organisation a déjà aidé 160 000 migrants à quitter la Libye.

 

D'autres étrangers restent sur place, dans l'attente de la reprise de l'activité. Certains sont aidés par la Caritas libyenne, mais pour l'heure les contacts sont suspendus en raison de l'insécurité.

 

Caritas soutient les jeunes du camp de Shousha

 

La Caritas de Tunisie a en revanche pu dépêcher un prêtre et une religieuse au camp de Shousha (3 000 réfugiés subsahariens), à proximité de la frontière occidentale de la Libye. Ils assurent une présence quotidienne auprès des jeunes du camp. Les deux religieux les soutiennent psychologiquement et les aident dans leurs difficultés quotidiennes (maladies, communications…).

 

Les jeunes ont demandé à bénéficier de cours d'anglais dispensés par des bénévoles de différentes nationalités. Ce projet jugé utile pour de futures opportunités d'emploi et pour combattre l'inactivité a reçu l'accord de l'archevêque de Tunis. Reste à trouver quelques fonds pour le mettre en œuvre. La Caritas italienne, chef de file des Caritas européennes pour la Libye, s'est attelée à la tâche.

 

François Tcherkessoff

 

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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 05:47

Giovanni-Innocenzo-Martinelli.jpg Libye : Privilégier la voie de la négociation, appel de Benoît XVI. Le pape déplore trop de victimes et trop de souffrances. Un article publié le 15 mai 2011 par Zenit.org.

 

Trop de victimes, trop de souffrances : Benoît XVI lance un nouvel appel à privilégier la voie de la négociation en Libye.

Après la prière mariale du Regina Caeli, qui remplace l'angélus dans le temps pascal, le pape a confié son appréhension. « Je continue à suivre avec une grande appréhension le dramatique conflit armé qui, en Libye, a provoqué un nombre élevé de victimes et de souffrances, surtout parmi la population civile », déplore le pape.

 

Voici son appel : « Je lance à nouveau un pressant appel afin que la voie de la négociation et du dialogue l'emporte sur celle de la violence, avec l'aide des organismes internationaux qui travaillent à la recherche d'une solution à la crise ».

Benoît XVI encourage les efforts de l'Eglise, notamment des consacrés, au service de la population en disant : « Je vous assure en outre de ma participation priante et émue à l'engagement de l'Eglise locale pour assister la population, en particulier grâce aux personnes consacrées présentes dans les hôpitaux ».

 

Pour sa part, le vicaire apostolique à Tripoli, Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, souhaite une trêve, comme il l'a expliqué à l'agence vaticane Fides, hier, 14 mai : « J'ai communiqué ma position dans une lettre envoyée au Ministère des Affaires Etrangères italien - poursuit Mgr Martinelli - lettre dans laquelle j'exprime mon souhait que le gouvernement italien instaure une trêve des opérations militaires comme l'ont également demandé le Saint-Père et les Nations Unies ».

Mgr Martinelli rappelle que, vendredi, 13 mai, « on a enregistré, à Marsa Brega, 16 morts alors que d'autres personnes sont mortes dans d'autres endroits de Tripoli ».

 

« Les bombes, dit-il, continuent à faire des victimes. Il me semble opportun d'instaurer une trêve afin d'aider les civils à reprendre leur souffle. Cette nuit encore, ont eu lieu différents bombardements. Nous avons perçu le plus intense aux alentours de 3 h du matin. Ils ne nous permettent pas de dormir ».

 

« En ce qui concerne l'Eglise, a ajouté Mgr Martinelli, nous sommes encore respectés et les étrangers le sont eux aussi. Nous assurons régulièrement les fonctions religieuses le vendredi, le samedi et le dimanche. Vendredi, il y a eu une bonne participation de fidèles à la messe. Dans la prière, nous invoquons la grâce de la paix et de la réconciliation. Il y a certainement de part et d'autre des fautes à pardonner mais on ne peut pas pardonner en larguant des bombes ».

 

Anita S. Bourdin

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Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 05:17

Pax Christi Italia

« Toutes les voies diplomatiques n’ont pas été tentées »,

déclare son président en Italie

 

Mardi 22 mars 2011 (Source: ZENIT.org) - « Nous constatons une absence de politique et une hâte de faire la guerre », commente Pax Christi Italia dans un communiqué signé par son président, l'évêque de Pavie, Mgr Giovanni Giudici, en réaction à l'intervention des forces de l'ONU en Libye.

« Il est évident pour tout le monde », ajoute-t-il, que toutes les mesures diplomatiques n'ont pas été mises en œuvre et que toutes les forces d'interposition possibles n'ont pas été appelées en cause ».

Mgr Giudici estime que « l'opinion publique doit être consciente de cela et demander un changement dans la gestion de la politique internationale ».

Après avoir rappelé que le colonel Kadhafi était déjà en guerre avec son peuple quand « il était notre allié et ami » et que depuis longtemps Pax Christi dénonçait les connivences de ceux qui, l'Italie en tête, lui fournissaient une quantité énorme d'armes sans faire cas des droits humains violés en Libye, du sort tragique des victimes qu'il réprimait, et de ceux qu'il laisse mourir dans le désert ou dans les prisons libyennes, la note de Pax Christi souligne avec fermeté que « céder à la logique des armes » ne résoudra rien. Cela risque même de faire « perdre le contrôle d'une violence, non seulement absolument injustifiée mais qui plus est, fratricide », dans une région déjà « si délicate et explosive ».

Selon Pax Christi Italia, les opérations militaires contre la Libye constituent « une sortie de la rationalité », une « odyssée au sort incertain et aux étapes contradictoires dues à une faiblesse de la politique ».

Ainsi l'organisme, qui déplore « l'absence d'une politique internationale qui garantisse le droit des peuples à l'autodétermination », encourage à un débat consistant sur les actions militaires, demande à ce que ces dernières soient le plus possible « limitées » et accompagnées de « sérieux efforts de médiation ».

Il met en garde contre « la mauvaise lecture » qui peut être faite d'une attaque des forces occidentales dans un pays de culture musulmane, risquant de faire tourner cette attaque en une « guerre de religion » aussi.

Pax Christi, conclut son communiqué, en rappelant les paroles de Jean Paul II qui, pendant des années, a comparé les phénomènes belliqueux à « une aventure sans retour, spirale de deuil et de violence, abîme du mal, suicide de l'humanité, crime, tragédie humaine et catastrophe religieuse ».(Source: ZENIT.org)

Giovanni-Innocenzo-Martinelli.jpg« Où veut-on en arriver avec ces bombardements ? »

se demande le Vicaire apostolique de Tripoli

Tripoli (Agence Fides) – « Entre hier soir et cette nuit, nous avons entendu différentes explosions très fortes, même si elles étaient lointaines, accompagnées par le contre-chant de la défense antiaérienne libyenne » déclare à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, Vicaire apostolique de Tripoli en Libye. « Je ne vois pas où cela pourra nous conduire. Est-il possible que l’on ne comprenne pas que l’on ne résout rien avec les bombes ? Encore une fois, je demande à ce que l’on recherche une solution diplomatique, éventuellement au travers de la médiation d’un leader africain. Ceux qui ont promu cette guerre doivent comprendre que Kadhafi ne cèdera pas. On risque de créer une crise de très longue durée, à l’issue incertaine » affirme Mgr Martinelli.
En ce qui concerne la situation des réfugiés africains qui se trouvent à Tripoli dans une situation difficile, le Vicaire apostolique affirme : « Nous cherchons à organiser le départ des érythréens et des réfugiés d’autre nationalité en direction de la Tunisie dont la frontière se trouve à 150 Km de Tripoli. Nous n’avons à cet égard pas rencontré d’obstacles de la part des autorités par plus en Libye qu’en Tunisie. En Tunisie sont présentes les organisations internationales qui pourront prendre soin d’eux. Entre temps, nous continuons à assister les réfugiés qui se trouvent encore à Tripoli ».
« La petite communauté catholique s’est désormais réduite – conclut Mgr Martinelli. Aujourd’hui, devrait partir une centaine de personnes – infirmières philippines et travailleurs d’autres nationalités – qui préfère quitter le pays. Mais dans les hôpitaux, se trouvent encore différentes infirmières philippines qui continuent à assurer leur service. A nos célébrations participent désormais les seuls immigrés africains. Et il s’agit toujours d’un beau témoignage de foi en des moments si difficiles ». (L.M.) (Agence Fides 22/03/2011)

« La guerre ne résout rien » déclare le Vicaire apostolique de Tripoli où la population est en fuite

Tripoli (Agence Fides) – « Nous avons entendu un lourd bombardement dans une zone périphérique de la ville. Tripoli est en train de se vider. La population fuit par peur des bombardements » déclare à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, Vicaire apostolique de Tripoli en Libye. Le Vicaire apostolique réaffirme sa contrariété aux actions militaires entreprises : « La guerre ne résout rien. Je ne sais pas comment finira ce nouveau conflit qui réveille chez les libyens de tristes souvenirs de leur passé récent. Je continue à répéter qu’il faut faire taire les armes et engager immédiatement une médiation afin de résoudre la crise de manière pacifique. Pourquoi n’a-t-on pas donner une chance à la voie diplomatique ? ». Mgr Martinelli rappelle enfin le drame des réfugiés érythréens demeurés bloqués en Libye : « Nous nous activons actuellement afin de transférer les réfugiés érythréens vers la frontière avec la Tunisie. J’ai parlé avec l’Evêque de Tunis afin de voir s’il est possible de les accueillir, attendu que du côté tunisien de la frontière se trouvent des organisations internationales d’assistance humanitaire ». (L.M.) (Agence Fides 21/03/2011)

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