Israël

Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 05:32

Domus GalileaeaIsraël compte 154 000 chrétiens, soit 2 % de la population totale du pays, selon des informations du Bureau central des statistiques d’Israël publiées sur le site Internet du Patriarcat latin de Jérusalem le 5 janvier 2012. Un article paru le 6 janvier 2012 sur le site du journal La Croix.

 

80,4 % des chrétiens d’Israël sont des chrétiens arabes. Les autres sont des migrants arrivés en Israël avec un membre juif de leur famille grâce à la loi du retour, pour la majorité pendant les années 1990 à la suite de la chute de l’Union soviétique.

 

Les villes avec la plus grande population chrétienne sont Nazareth (22 000), Haïfa (13 800), Jérusalem (11 600) et Shfaram, en Galilée (9 300).

 

Le nombre moyen d’enfants (jusqu’à 17 ans) par famille chrétienne est de 2,2, un chiffre similaire aux familles juives (2,3) et inférieur aux familles musulmanes (3,1). Cependant, le taux de croissance de la population chrétienne est de 0,9 %, contre 1,7 % pour les juifs et 2,7 % pour les musulmans.

 

Les plus forts taux de réussite aux examens

 

Lors de son premier mariage, l’âge moyen du marié chrétien est de 29 ans, près d’un an et demi plus âgé que le juif et trois ans et demi plus âgé que le musulman. En 2009, 758 couples chrétiens se sont mariés en Israël.

 

Le site du Patriarcat latin de Jérusalem relève aussi que, au fil des ans, les Arabes chrétiens ont obtenu les plus forts taux de réussite aux examens, en comparaison avec les musulmans et les druzes et avec tous les étudiants dans le système éducatif juif. Dans l’année scolaire 2010, 63 % des étudiants chrétiens de 12e année ont obtenu un certificat d’immatriculation, contre 46 % des musulmans, 55 % des druzes et 58 % des étudiants dans le système éducatif juif.

 

Parmi les chrétiens arabes étudiant en vue d’un baccalauréat, la matière principale était le droit (11,4 %) suivi du baccalauréat en sciences sociales (9,3 %), les soins infirmiers (4,8 %), l’économie (4,5 %), le business management (3,7 %), l’informatique (3,7 %), les études générales en sciences humaines (3,5 %), l’ingénierie électrique (2,7 %) et la langue et la littérature anglaises (2,5 %).

 

 

N. S.

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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 05:42

Mgr Sabbah 15 mars 2010Pour faire suite à l'article publié hier sur notre site et toujours dans le but d'approfondir la connaissance de chacun sur le mouvement sioniste chrétien, nous publions ici le communiqué  du patriarche Mgr. Michel Sabbah et de dignitaires d’Eglises locales à Jérusalem publié le 7 juillet 2007 :

 

"Le Sionisme chrétien est un mouvement théologique et politique qui fait siennes les positions idéologiques les plus extrêmes du sionisme, au point de nuire à une paix juste en Palestine et en Israël. Le programme sioniste chrétien propose une conception du monde dans laquelle l’Evangile s’identifie avec l’idéologie impérialiste, colonialiste et militariste. Dans sa forme la plus extrême, il met l’accent sur des événements eschatologiques qui mènent à la fin de l’histoire plutôt qu’à l’amour et à la justice vivants du Christ. Nous rejetons catégoriquement les doctrines du sionisme chrétien comme constituant un enseignement erroné qui pervertit le message biblique d’amour, de justice et de réconciliation.

 

Nous rejetons encore davantage l’alliance actuelle entre les dirigeants sionistes chrétiens et des organisations dont font partie des membres du gouvernement d’Israël et des Etats- Unis, qui imposent à présent, de manière unilatérale et anticipée, leurs frontières et leur domination sur la Palestine. Cela mène inévitablement à des cycles sans fin de violence qui ébranlent la sécurité des peuples du Moyen-Orient et du monde entier.

 

Nous rejetons les enseignements du sionisme chrétien qui facilite et soutient ces politiques tout en faisant progresser l’exclusivisme racial et la guerre perpétuelle plutôt que l’évangile de l’amour, de la rédemption et de la réconciliation universels, enseigné par Jésus-Christ. Plutôt que de condamner le monde funeste d’Armageddon, nous appelons chacun à se libérer des idéologies du milita- risme et de l’occupation. Qu’ils aspi- rent plutôt à la guérison des nations !

 

Nous appelons les chrétiens des Eglises de tous les continents à prier pour les peuples palestinien et israélien, qui souffrent tous les deux d’être victimes de l’occupation et du militarisme. Ces actes de discrimination transforment la Palestine en ghettos de pauvreté entourés par des implantations exclusivement israéliennes. La création d’implantations illégales et la construction du Mur de Séparation sur une terre palestinienne confisquée, ébranlent la viabilité de l’Etat palestinien ainsi que la paix et la sécurité de toute la région.

 

Nous appelons toutes les Eglises qui restent silencieuses, à sortir de leur silence et à plaider pour la réconciliation et la justice en Terre Sainte.

 

La voie alternative

 

C’est pourquoi nous nous fixons les principes suivants comme une voie alternative :

 

- Nous affirmons que tous les hommes sont créés à l’image de Dieu. Cela implique qu’ils sont appelés à honorer la dignité de tout être humain et de respecter ses droits inaliénables.

 

- Nous affirmons qu’Israéliens et Palestiniens sont capables de vivre ensemble dans la paix, la justice et la sécurité.

 

- Nous affirmons que les Palestiniens, musulmans comme chrétiens, sont un seul peuple. Nous rejetons toute tentative de subvertir et de briser leur unité.

 

- Nous appelons tous les gens à rejeter le point de vue étroit du sionisme chrétien et d’autres idéologies qui privilégient un peuple aux dépens des autres.

 

- Nous nous engageons dans une résistance non violente comme étant le moyen le plus efficace de mettre fin à une occupation illégale, afin de parvenir à une paix juste et durable.

 

- Nous avertissons de toute urgence que le sionisme chrétien et ses alliances justifient la colonisation, l’apartheid et l’édification d’un empire.

 

 

Dieu demande que justice soit faite. Aucune paix, sécurité, ou réconciliation durables ne sont possibles, si elles ne sont pas fondées sur la justice. Les exigences de justice ne disparaîtront pas. Le combat pour la justice doit être poursuivi avec diligence et persistance, mais sans violence. « Qu’exige de toi le Seigneur ? D’agir avec justice, d’aimer la clémence et de marcher humblement avec ton Dieu. » (Michée 6, 8).

 

Telle est la position que nous prenons. Nous défendons la justice. Nous ne pouvons rien faire d’autre. Seule la justice garantit une paix qui mènera à la réconciliation et à une vie de sécurité et de prospérité pour tous les peuples de notre Terre. En prenant le parti de la justice, nous nous ouvrons au travail de paix, et œuvrer à la paix fait de nous des enfants de Dieu. « Dieu se réconciliait le monde dans le Christ, ne tenant plus compte contre eux des fautes des hommes. Et il nous a confié le message de réconciliation.» (2 Corinthiens 5, 19)."

 

 

 

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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 06:00

220px-Sebastien_Fath-1-.jpgAvec son aimable autorisation, nous publions un article du chercheur Sébastien Fath (Cnrs), publié en 2005 dans le n°119 de la revue Herodote et intitulé "Le poids géopolitique des évangéliques américains : le cas d’Israël". Sébastien Fath y décrit en profondeur l'histoire et la complexité de ce mouvement très actif.

 

Selon l'auteur "Il n’est pas exagéré d’estimer l’impact du sionisme chrétien américain à un ensemble d’environ 40 millions de chrétiens, parmi lesquels une majorité d’évangéliques et de fondamentalistes. Porté par un réseau d’Églises locales, cet ensemble s’appuie aussi sur des organisations, dont la plupart sont situées dans le sud des États-Unis. On peut citer (entre autres) la Restoration Foundation d’Atlanta, l’Arkansas Institute of Holy Land Studies, l’Hebraic Heritage Ministeries de Houston. D’autres, comme Christian Friends for Israeli Communities, puisent dans la Bible Belt leur soutien le plus important. Fondé par Ted Beckett en 1995, CFIC entend soutenir les « colonies juives en Judée, Samarie et région de Gaza en les liant à des congrégations évangéliques américaines » [Weber, 1998, p. 48]. On comprend le vif intérêt que l’État d’Israël, petit pays environné de voisins hostiles, porte à ce soutien, quatre à cinq fois plus important numériquement que ce que représente la communauté juive aux États-Unis..."

 

Pour lire l'intégralité de l'article, téléchargez-le ici.

 

Découvrez également le Blog de Sébastien Fath, le spécialiste du protestantisme évangélique.

 

 

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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 05:40

uri-avnery22-1-.jpgUri Avnery, le 10 Septembre 2011. 

 

Cela commence par une amitié entre deux jeunes, il a dans les trente ans, elle a vingt-cinq ans. Puis ils se disputent. Il s’en va. Elle reste

 

Les spectateurs savent exactement ce qu’ils souhaitent : ils veulent que les deux se réunissent, s’embrassent, se marrient et marchent bras dessus bras dessous au lever du soleil, au son d’une douce mélodie.

 

Quant aux acteurs, ils sont parfaits. L’un et l’autre jouent leur propre vie. Le casting central d’Hollywood n’aurait pas pu faire un meilleur choix.

 

Elle est une jeune femme séduisante, portant un chapeau d’homme pour qu’on la reconnaisse facilement. Lui, c’est le jeune homme israélien, avec une certaine élégance, facilement reconnaissable à son nez.

 

L’HISTOIRE débute avec Daphné Leef, une réalisatrice de courts métrages, fille d’un compositeur, dans l’incapacité de trouver un appartement à louer à Tel Aviv. Elle en a marre. Elle annonce sur facebook qu’elle va aller vivre sous une tente sur le boulevard Rothschild en demandant si quelqu’un veut se joindre à elle.

 

Quelques uns la rejoignent. Puis davantage. En peu de temps, il y a plus de cent tentes sur l’avenue, l’une des plus anciennes de la ville, un quartier résidentiel tranquille. D’autres cités de tentes surgissent partout dans le pays. Un mouvement de masse a pris naissance. Samedi dernier, 350.000 personnes ont manifesté à Tel Aviv, 450.000 dans l’ensemble du pays. Cela représenterait quelque chose comme 18 millions aux États-Unis, ou trois millions en Allemagne.

 

Quelque temps après le démarrage de toute l’affaire, l’Union Nationale des Étudiants Israéliens, menée par son président, Itzik Shmuli, a rejoint le mouvement de protestation. Daphné et Itzik sont apparus comme les meneurs, avec quelques autres, notamment Stav Shaffir, facilement reconnaissable aussi à sa chevelure d’un roux flamboyant. (Stav signifie automne.)

 

Les médias les ont aimés. Ils s’en sont entichés avec une ferveur qu’on n’avait jamais vue. D’une certaine façon c’était tout à fait remarquable dans la mesure où tous les médias sont la propriété des mêmes “magnats” que les protestataires sont en train de conspuer. L’explication pourrait tenir au fait que le journaliste moyen qui travaille appartient au même groupe social que Daphné et les autres protestataires – des jeunes gens de la classe moyenne qui travaillent dur et n’arrivent cependant pas à gagner suffisamment pour “finir le mois”.

 

Par ailleurs, les médias ont besoin d’“audience” : le public voulait voir et entendre les protestataires. Personne ne pouvait se permettre de l’ignorer, pas même un magnat avide de profit.

 

IL Y A TROIS SEMAINES, les premiers signes d’une rupture ont commencé à apparaître. Après avoir commencé à traiter la protestation par le mépris, Benyamin Nétanyahu a vu le danger et a fait ce que lui (et les politiciens de son espèce) font toujours : il a nommé une commission chargée de proposer des “réformes”. Il n’a pas promis de mettre en œuvre ses recommandations et il n’a pas non plus autorisé la commission à sortir des limites du budget de deux ans déjà adopté par la Knesset.

 

Pour certains, il s’agissait simplement d’une manœuvre pour gagner du temps en laissant le mouvement de protestation perdre de son intensité. D’autres faisaient remarquer que la commission est présidée par un professeur de 61 ans de bonne réputation, indépendant, Manuel Trajtenberg (un nom allemand écrit sous une forme espagnole) dont on pouvait attendre qu’il ferait de son mieux dans les limites qui lui étaient imposées. Nétanyahu lui-même, quelque chose entre un pieux reaganien et un dévôt thatchérien, prometttait de modifier en même temps ses conceptions économiques.

 

Voici comment la rupture a commencé. Daphné, Stav et la plupart des autres ont refusé de coopérer avec la commission. Itzik a accepté et en a rencontré les membres. Daphné n’était pas satisfaite de la réforme limitée susceptible d’émaner de la commission, Itzik était prêt à accepter ce qui était réalisable.

 

En fait, la controverse n’était pas inévitable. Daphné et ses collègues auraient pu faire ce que les sionistes ont toujours fait avec un immense succès : à chaque étape, prendre ce que l’on peut obtenir et poursuivre l’action pour obtenir davantage.

 

Mais la rupture est bien plus qu’un désaccord sur la tactique. Elle traduit une différence fondamentale de vision du monde, de stratégie et de style.

 

DAPHNÉ EST opposée à l’ordre établi. Elle ne fait pas cela pour de légers changements au système existant. Bien qu’elle soit née au cœur du système, le quartier calme de Rehavia à Jérusalem, elle veut le renverser et créer quelque chose de totalement nouveau.

 

Itzik veut travailler dans le cadre du système. Il parle de “nouvel Israélien”, mais il n’est pas clair du tout sur ce en quoi il serait nouveau.

 

Juste avant l’énorme manifestation, on a découvert une chose terrible : Daphné n’avait pas servi dans l’armée. Lorsqu’il est apparu c’était parce qu’elle souffrait d’épilepsie, quelque chose de plus terrible encore a été révélé : lorsqu’elle avait 17 ans, elle avait signé une pétition d’élèves de lycée condamnant l’occupation et refusant d’effectuer son service dans les territoires occupés, ou même tout simplement d’effectuer son service. (De toute évidence, ces révélations n’ont pu venir que des fichiers du service de sécurité du Shin Bet, ou de l’un des centres de “recherche” néo-fascistes financés par des milliardaires juifs d’extême droite des États-Unis.) Itzik, naturellement, a fait son devoir.

 

Le fait que les masses se soient jointes à la protestation malgré ces révélations montre que le langage militariste a perdu de son lustre. Daphné et ceux qui la suivent représentent un autre discours.

 

Certains pensent qu’il s’agit d’un choc de sexes : homme contre femme. Le style de Daphné est mesuré, inclusif, positif, il s’adresse à tous les secteurs de la société. Le style d’Itzik et beaucoup plus exclusif. Daphné et Stav ne disent jamais “je”, préférant toujours le “nous”. Itzik emploie volontiers le “je”. Il a fait froncer quelques sourcils lorsqu’il a dit lors de la manifestation : “Vous êtes tous partie prenante à MON combat…”

 

Le mouvement de protestation est fortement sous l’influence des femmes. Ce sont des femmes qui l’ont lancé, ses principaux porte-paroles sont des femmes. Est-ce que cela en modifie la structure ?

 

(J’ai eu une discussion à ce propos avec une amie. Elle soutenait qu’il n’y avait aucune différence de fond entre les sexes, que les différences qui existent sont le résultat de la culture. Les garçons et les filles sont éduqués pour se conformer à des modèles de rôle depuis leur naissance. Je pense qu’il y a une différence biologique fondamentale, en remontant aux primates et au-delà. La nature a prévu que la femelle porte les enfants et les élève, tandis que le mâle doit lutter et chasser pour la nourriture. Mais au bout du compte, cela revient au même : les êtres humains modernes sont capables de se construire eux-mêmes, en sorte que nous pouvons concevoir notre culture comme nous l’entendons.)

 

DAPHNÉ SEMBLE n’avoir aucun ego, aucune ambition politique. Presque tout le monde pense, d’autre part, qu’il a les yeux fixés sur un siège à la Knesset – utilisant sa nouvelle stature publique pour rejoindre le parti travailliste (ou tout autre parti), s’il ne peut pas prendre la direction du mouvement de protestation pour en faire un parti à son image.

 

Cette dernière éventualité semble improbable. Lors de la grande manifestation, son discours a été bien reçu. Mais c’est indiscutablement Daphné qui a réellement touché le cœur des masses. Itzik s’adressait à la tête, Daphné au cœur.

 

Quelque chose d’insolite – ou peut-être pas tellement insolite – s’est produit dans les médias à cette occasion. Les trois grandes chaînes de télé ont couvert l’évènement en direct et en entier. Le discours d’Itzik a été diffusé dans son intégralité par l’ensemble des trois. Mais, au milieu du discours de Daphné, comme sur ordre d’en haut, l’ensemble des trois chaînes a coupé sa voix pour commencer à diffuser des “commentaires” de la vieille bande usée habituelle de porte-paroles du gouvernement, des “analystes” et des “experts”.

 

À partir de là, presque tous les médias ont mis en avant Itzik et minimisé le rôle de Daphné. Les magnats ont semble-t-il repris la main.

 

 

DEPUIS LE début, les meneurs de la protestation ont insisté sur le fait que le mouvement n’était pas “politique”, ni de “droite”, ni de “gauche”. Il concerne exclusivement la justice sociale, la solidarité et l’aide sociale et pas des problèmes d’état comme la paix, l’occupation et autres questions de ce genre.

 

Pendant combien de temps sera-t-il possible de maintenir cette position ?

 

Cette semaine, le général Eyal Eisenberg, commandant du front intérieur (“home front”) a prononcé un discours dans lequel il prévoit une “guerre générale, une guerre totale” entre Israël et le monde arabe “islamisé”. Dans cette guerre, des armes de destruction massive seraient utilisées.

 

Des dirigeants militaires et politiques ont immédiatement minimisé l’importance de son discours, disant qu’aucun danger de ce genre ne menaçait dans un avenir proche. Mais les intentions étaient claires : le besoin de dépenser des sommes considérables pour équiper l’ensemble d’Israël d’un “Dôme de fer”de défenses anti-missiles, de dépenser des sommes considérables pour acheter des sous-marins pour notre armement nucléaire (financées seulement de façon partielle par les Allemands), et de dépenser des sommes encore plus considérables pour acheter les avions furtifs américains les plus récents. Des milliards et des milliards de dollars à ajouter à l’énorme budget militaire actuel.

 

Israël s’isole de plus en plus. Juste avant de quitter son poste, le Secrétaire à la Défense des États-Unis, Robert Gates, a mis en garde contre le fait que Nétanyahu était en train de “mettre Israël en danger”. La demande palestinienne aux Nations Unies de reconnaître l’État de Palestine peut conduire à une crise sérieuse ; le conflit avec la Turquie est en train actuellement de devenir plus dangereux ; en Égypte et dans d’autres pays arabes qui se réveillent, les sentiments anti-israéliens atteignent de nouveaux sommets.

 

Peut-on réellement prétendre que tout cela ne compromet pas les chances de créer un état-providence ? Que la force du mouvement de protestation peut être maintenue et augmentée sous ces nuages de plus en plus sombres ?

 

LA PROCHAINE étape sera marquée par les recommandations de la commission Trajtenberg dans quelques semaines.

 

Permettront-elles à Itzik d’en tirer gloire et de mettre un terme à toute l’affaire ? Confirmeront-elles la prédiction de Daphné en ne proposant que des miettes de la table autour de laquelle les politiciens et les magnats festoient ? Vont-elles étouffer ce mouvement historique ou lui donner une nouvelle vie ?

 

Comment ce film va-t-il évoluer ? Ah, là il nous faut attendre pour voir. Nous ne dévoilerions pas la fin, n’est-ce pas ? À supposer que nous la connaissions.

 

 

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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 05:29

Israel-les-indignes.jpgAprès un mois et demi de mobilisation sans précédent, le mouvement des « indignés » israéliens arrive à un tournant : comment faire pour ne pas être éclipsé par le retour dans l’actualité des questions de sécurité et gérer la lassitude inévitable face à un long marathon social ? Article sur le site du journal  Témoignage chrétien

Emblèmes des « indignés », les tentes du boulevard Rothschild à Tel-Aviv portent aujourd’hui les stigmates d’un long été de mobilisation : la chaleur, l’humidité, la poussière ont fané ces logements de fortune, pour la plupart aujourd’hui désertés.

« Moi-même, je n’y dors plus. On ne peut plus vraiment camper. Je reviens “ travailler ” ici tous les jours mais c’est vrai que l’enthousiasme commence à décliner. Nous sommes à un tournant, il va falloir se réinventer », explique Memi, l’un des leaders du comité Rothschild chargé des questions d’éducation.

Le retour des questions sécuritaires – après les attaques dans le sud d’Israël qui ont fait plusieurs morts le 18 août dernier – a d’ailleurs sonné le glas d’un été presque exclusivement dédié aux problèmes sociaux, une première dans un pays où la rhétorique sécuritaire est omniprésente. Les revendications sociales sont repassées au second plan : les manifestations ont été annulées à Jérusalem et les habitants de Tel-Aviv ont défilé, le 20 août, dans le silence.

ASSOCIER SÉCURITÉ PHYSIQUE ET SOCIALE

Le spectre sécuritaire avait déjà balayé, par le passé, d’autres contestations sociales plus modestes. Dans les années 1970, le mouvement des Panthères noires qui dénonçait les discriminations subies par les Juifs orientaux (par rapport aux Juifs ashkénazes) avait été jeté aux oubliettes à la veille de la guerre du Kippour.

Plus proche, en 2003, on peut citer la marche médiatisée à travers Israël de Vicky Knafo, une mère célibataire de trois enfants, révoltée par les coupes drastiques sur les aides sociales décidées par le ministre de l’Économie de l’époque, Benyamin Netanyahou. L’élan était vite retombé en pleine seconde Intifada : « Nous avons toujours vécu en pensant à la prochaine guerre, le reste était secondaire », explique Chen qui milite au sein d’un mouvement sioniste de gauche.

Aussi, le risque d’un effritement de « l’été israélien » à l’aune d’une rentrée sécuritaire et diplomatique chargée, marquée le 20 septembre prochain par les démarches palestiniennes à l’ONU, inquiète les leaders du mouvement social. Après quelques jours de silence suite aux attaques, ils ont à nouveau occupé le terrain médiatique. Avec un message fort, lors d’une conférence de presse le 24 août : « Nous sommes ici pour rester. »

Une réponse à ceux qui voyaient déjà le mouvement « enterré » sous les tirs de roquettes dans le sud du pays. Et aussi un avertissement à un gouvernement qui chercherait à dévier l’attention et laisser les problèmes en suspens : « Bien sûr que Netanyahou va se servir de l’agenda sécuritaire pour dire que le pays a des problèmes plus graves. Tous les Premiers ministres font cela », prédit Yaëlle, étudiante et « indignée » de Jérusalem.

Aussi, les récentes attaques ont fait émerger un nouveau mot d’ordre au sein du mouvement : connecter sécurité physique et sécurité sociale. L’une ne va pas sans l’autre « Je peux mourir dans un attentat mais aussi d’une maladie mal soignée », explique Ayelet, 25 ans, l’une des rares à toujours dormir dans les tentes du boulevard Rothschild à Tel-Aviv.

LA RENTRÉE OU LA FIN DE L’UNITÉ ?

Mais la rentrée diplomatique et le retour de questions plus traditionnelles, comme l’État palestinien, les frontières, le conflit, pourraient également être source de dangereuses fissures internes. L’été relativement calme a permis de surfer sur l’idée d’un mouvement spontané apolitique qui rassemblerait laïcs, religieux, sionistes de droite, sionistes de gauche autour de revendications purement économiques et sociales. D’où une popularité inédite dans un pays habituellement polarisé : à la mi-août, 88 % des Israéliens soutenaient l’action des « indignés ».

Aux yeux des experts, la rentrée va signer la fin de cette période de grâce : « Le mouvement va obligatoirement devoir se positionner. La question palestinienne à l’ONU en septembre va créer des débats et des divisions car cet état de guerre permanente, le contrôle civil et militaire de territoires en Cisjordanie et des colonies, érodent aussi les budgets sociaux », explique Jacques Bendelac, économiste.

À hauteur de 54 milliards de shekels (plus de 10 milliards d’euros), sans compter les rallonges annuelles, le budget de la Défense est loin devant tous les autres : « La dernière fois que l’éducation a bénéficié d’un budget supérieur à celui de la défense remonte à 1994, juste après les accords d’Oslo. On n’est pas prêt d’y revenir. Cet été, le ministre de la Défense, Ehud Barak, avait accepté l’idée de coupes dans son budget. Juste après les attaques du 18 août, il a aussitôt demandé une rallonge. »

Mais jusqu’à aujourd’hui, ces questions sensibles font partie des non-dits de la révolte sociale afin de préserver son atout majeur : l’unité. Tout juste a-t-on vu quelques crispations lorsque plusieurs organisations sionistes de droite ont évoqué, début août, la possibilité de relancer les constructions dans les colonies pour endiguer les problèmes de logement, fer de lance de la grogne. Aussi, les mots d’ordre du mouvement restent encore largement au stade de concepts rassembleurs : logement pour tous, État-providence, justice sociale…

Un flou qui permet à l’aile droite du gouvernement de dénoncer l’emprise de « gauchistes anarchistes ». Aux yeux même des leaders du mouvement, cette position est intenable à long terme : « On va devoir faire des choix à la rentrée. C’est inévitable mais très risqué car nous voulons conserver au maximum un consensus », concède Memi.

Mais dans ce cas, une autre fracture pourrait bien se dessiner entre ceux qui exigent une véritable révolution sociale et ceux qui se satisferaient de mesures concrètes mais plus mo­destes, proposées par une commission d’experts mise en place par le gouvernement début août. Elle doit rendre ses conclusions fin septembre. Un mois décidément charnière pour un mouvement unique en Israël.

La contestation sociale vit-elle alors ses dernières heures ? « Elle va sûrement s’éroder en septembre mais elle ne disparaîtra pas car, c’est un fait nouveau, ce sont les classes moyennes qui ont exprimé cet été leur colère (voir encadré). C’est une tendance de fond qui va certainement rebattre les cartes des prochaines élections en 2013. Pour la première fois, il ne sera pas juste question de sécurité », prédit Richard Sitbon, directeur au ministère des Finances. En attendant, les « indignés » veulent réaliser une dernière démonstration de force avant la rentrée : rassembler un million d’Israéliens le 3 septembre.

Les racines du mal-être

Lancée par une étudiante en cinéma qui avait planté sa tente sur le boulevard Rothschild à Tel-Aviv le 14 juillet dernier, la contestation des «indignés» a surpris par son ampleur, mais les racines du mal-être israélien sont profondes. Malgré une économie florissante et un taux de chômage de 5 %, le plus bas depuis 20 ans, les classes moyennes sont frappées de plein fouet par une paupérisation galopante. En cinq ans, les loyers ont augmenté de 40 %. En parallèle, le pays compte 700 000 smicards avec un salaire horaire d’environ 20 shekels (4 euros). Ainsi, un employé de banque, diplômé à l’université, peut gagner un salaire mensuel de 820 €. Les grandes fortunes ne sont, elles, soumises à aucun impôt sur la fortune, ni sur les héritages. Sur le marché de la grande distribution, les prix ont explosé ces dernières années, soit une hausse de 1 259 shekels mensuels (240 €) de dépenses par ménage. Sans compter, pour les jeunes couples, le coût des garderies qui s’élève à près de 500 € par mois et par enfant.


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