Palestine

Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 05:50

Manel Musassal ParisC'était le 13 décembre 2011 à 15h. Michèle STRIFFLER, députée européenne, vice présidente de la Commission du Développement du Parlement Européen accueille et présente le Père Manuel Musallam ainsi que les 9 députés européens et leurs assistants parlementaires. Puis, Ménotti Bottazzi, Jean Claude Petit et Gilles Jourdain se présentent à leur tour.

 

  Lire le mot d'accueil de Michèle STRIFFLER, députée européenne, vice présidente de la Commission du Développement du Parlement Européen

 

Ménotti Bottazzi en tant que Président du SPMO, explique qu’il est en lien depuis 1975 avec la Commission du Développement. En tant que Président des instances des ONG européennes, il a assuré longtemps la liaison entre les ONG et le Parlement Européen.

Le groupe Solidarité Paix Moyen-Orient (SPMO) est une association dont l’idée force est de travailler à la Paix, dans la Justice entre Palestine et Israël, pour le développement et la réconciliation entre ces deux peuples et pour le vivre ensemble entre communautés différentes ici en France et en Europe. France et en Eure vivre

Au nom du groupe, M. Bottazzi redit son attente de l’appui des députés européens pour soutenir efficacement la Palestine et la paix dans la justice entre les deux peuples.et

Le Père Manuel Musallam, après avoir présenté sa sœur Siham, remercie Michèle Striffler et les personnes présentes en leur souhaitant une bonne fête de Noël et introduit son intervention sur la Palestine en comparant sa situation à la tragédie du martyr des Saints Innocents qui suit la naissance du Prince de la Paix. La Cité où Dieu naît, est souillée de leur sang. Aujourd’hui elle est souillée par l’humiliation d’Israël, son oppresseur.

 

M. Musallam nous témoigne alors de sa joie d’être prêtre sur cette terre, au milieu des pierres vivantes qui l’habitent : palestiniens chrétiens et musulmans. Celles-ci résistent parce qu’elles cherchent la paix et veulent vaincre la guerre, fortes de la lumière de l’Espérance qui les habite. M.Musallam s’adresse en ces termes aux membres présents :

 

Chers Amis,

 

Nous sommes entrés il y a quelques jours à peine dans le temps de l’Avent, ce temps d’espérance qui prépare les chrétiens à partager pleinement la joie de Noel. De la même façon, je me suis rendu à Gaza avant de venir jusqu’ à vous, pour me disposer à partager avec vous, les attentes et les espoirs non seulement des chrétiens de Palestine, mais aussi de tout un peuple qui souffre depuis de longues années et maintenant un peuple qui espère que vous entendrez sa souffrance.

 

De la situation à Gaza

 

La situation dans la bande de Gaza, de façon générale, s’est sensiblement améliorée depuis « l’Opération Plomb durci » et depuis mon départ, il y a trois ans (Mars 2009). Et pourtant, les bombardements sont très fréquents, la population ne connait pas le repos du fait de la présence permanente de drones dans le ciel, les transmissions sont brouillées... Enfin c’est la présence d’espions soutenus par l’armée israélienne qui génère une inquiétude, une méfiance constante.

Le Hamas dans le même temps se réapproprie aussi la sécurité en organisant la circulation dans la ville et la propreté des rues. Les meurtres diminuent ; la Police a été réorganisée après la destruction par Israël des postes de Police qui ont rendu défaillant les Tribunaux. Aujourd’hui on peut sortir, circuler sans crainte dans Gaza.

L’éducation a connu des changements du fait des conditions de siège. Le niveau global de l’enseignement a diminué notamment du fait de l’impossibilité d’organiser des activités extra scolaires. Les enseignants appartenant à Fatah ayant été contraints de cesser d’enseigner , ont été remplacés par des enseignants inexpérimentés.

Le niveau d’emploi est toujours dramatiquement faible ; néanmoins, grâce à l’aide et aux ressources venues d’Egypte, un marché fonctionne qui utilise les nombreux tunnels creusés sous la frontière.

Chaque jour, 500 passages de Gazaouis sont autorisés à traverser la frontière de Rafah (Egypto/Gazaoui), mais la réunion des familles séjournant en Jordanie, Cis-Jordanie n’est pas autorisée. Gaza ne souffre pas la faim, ni la soif ; magasins et marchés sont bien achalandés grâce au commerce souterrain qui déplace, dromadaires, chameaux, véhicules, produits agricoles… Cela donne du travail aux Gazaouis notamment, dans la construction, grâce à l’apport du ciment et des matériaux de construction transitant par l’Egypte.

 

Les révolutions touchant actuellement le monde arabe sont incontestablement un des facteurs d’évolution positive possible pour la vie des palestiniens.

 

Concernant les rapports entre les Musulmans et les Chrétiens, ces derniers temps, ont diminué récemment en nombre. On a longtemps pensé qu’il y avait plus de 3000 chrétiens à Gaza ; mais ces affirmations n’étaient fondées sur aucune étude scientifique. Un recensement récent effectué par une ONG a dénombré environ 1300 chrétiens. Il est certain que la route d’Egypte s’étant ouverte suite à la Révolution du printemps dernier, de nombreux chrétiens saisissent l’occasion pour émigrer.

Néanmoins, les relations de bon voisinage qu’entretiennent traditionnellement les Sheikhs et le Curé de Gaza, les Musulmans et les Chrétiens, sont toujours très bonnes.

Je souhaiterais à présent vous présenter cette réalité du monde arabo chrétien très souvent méconnu de l’Occident, et revenir sur certains points que je crois important de clarifier à ce moment de notre histoire.

 

Les Chrétiens Arabes : Leur identité

 

Le monde arabe est le berceau du christianisme et son point de départ. Les chrétiens qui l’habitent sont des arabes et une partie intégrale, authentique, du tissu national arabe. Les chrétiens arabes ne sont pas une communauté religieuse minoritaire séparée, leur histoire et leur civilisation précèdent leur religion. D’ailleurs, c’est sur cette histoire et cette civilisation que s’est construite leur religion. Quand une partie d’entre eux s’est convertie à l’islam, c’est sur cette même histoire et cette même civilisation, d’un peuple unique, qu’ils ont continué à construire et développer leur identité et ainsi de suite jusqu’à ce jour. Le Coran, l’Evangile, les lieux saints chrétiens et musulmans font partie intégrante de la civilisation palestinienne. Nous avons le même destin, les mêmes droits, et les mêmes devoirs que les musulmans. A l’aube de l’empire arabo-islamique, les chrétiens constituaient un des piliers solide de cette civilisation. Ils étaient parmi ses plus grands architectes, au niveau politique, militaire et culturel et ont ainsi contribué à diffuser l’arabité et l’islam dans les pays du Levant ainsi qu’en Occident. Finalement nous, les arabes, chrétiens et musulmans, tirons notre identité de notre terre et de notre citoyenneté. Dans les temps de calamité, et sous le joug de l’occupation et de l’exil forcé, c’est ensemble que nous cherchons notre liberté.

 

Les rapports entre chrétiens et musulmans au Proche Orient et en Palestine

 

Depuis l’Occident, les arabes sont souvent assimilés au musulmans, et la situation des chrétiens qui sont, il est vrai, minoritaires, est souvent appréhendée de façon distincte. Or il y a dans cette perception l’influence manifeste d’une volonté d’établir un clivage entre ces deux religions, en présentant les chrétiens comme des individus discriminés ou persécutés et ainsi de diaboliser l’Islam. Pourtant, Au moment de la reconnaissance possible de la Palestine comme Etat, je tiens à préciser que tout le peuple palestinien est prêt à voir reconnaitre les droits de chacun de ses membres, sans distinction de croyance. Il y a bien sûr des tensions parfois entre des ressortissants de communautés différentes, mais il n’y a rien dans ces phénomènes, très généralement isolés, qu’on ne retrouve aussi, dans quelques sociétés, quelques nations que ce soit. Il est en ce moment dans le monde arabe des minorités chrétiennes qui sont persécutées, je pense notamment à l’Irak, mais je vous rappelle qu’avant la venue de l’armée américaine il y a 10 ans et « l’importation de la démocratie », près d’un million de chrétiens vivaient en paix dans ce pays. Il aura fallu l’intervention militaire, pour des motifs dont on sait bien aujourd’hui qu’ils étaient fallacieux, ainsi que le développement d’une rhétorique jusqu’ alors oubliée, reprenant les termes de « croisade » et « d’axe du mal », pour que les irakiens analysent la situation de leur pays dans les termes d’une guerre de religion.

 

Les musulmans veulent être avec et parmi les chrétiens, et ceux-ci veulent vivre avec les musulmans

 

L’influence des pays occidentaux sur la détérioration des rapports entre chrétiens et musulmans

Il ne faut pas négliger la part de responsabilité qu’ont les pays occidentaux et leurs gouvernements sur l’état des rapports entre chrétiens et musulmans au Proche Orient. Je lisais encore l’autre jour, les déclarations faites par l’évêque de Canterburry (Grande Bretagne) qui se lamentait sur le sort des chrétiens persécutés dans le monde arabe. Bien sûr ! il y a dans les pays du monde arabe des mouvements fondamentalistes. Mais être un musulman fondamentaliste ne signifie pas automatiquement, encourager la persécution des chrétiens ! Je me trouvais à Gaza au moment de l’affaire des caricatures du prophète Mahomet qui ont déclenché la colère de tout le monde musulman,, devant le manque de respect témoigné à ce qu’ils considèrent comme sacré. Plusieurs familles de Gaza me firent part de leur crainte de la réaction de groupes, tels que les Salafites, dont les racines se trouvent dans le wahhabisme, une doctrine fondamentaliste d’Arabie Saoudite. Apres avoir évoqué ces inquiétudes avec les dirigeants de ce mouvement, ils sont venus eux-mêmes dans nos écoles, assurer aux élèves et à leurs familles qu’ils n’avaient rien à craindre de leur part, en leur rappelant que les chrétiens de Gaza étaient leur frères et disposaient des mêmes droits.

Une réaction similaire se produisit suite à la déclaration à Ratisbonne, du Pape Benoit XVI, que les médias avaient monté en épingle, de sorte que le danger pour les chrétiens de Palestine, venait non pas de l’intérieur du pays, mais des tentatives de l’étranger de fragiliser les rapports entre nos deux religions !

 

 

La candidature de la Palestine pour devenir le 194e pays membre des Nations Unies, et l’avenir du Proche Orient

Concernant la candidature soutenue par le Président Abbas après toutes ces années, où la situation du peuple palestinien s’est inexorablement dégradée, il convient d’être modeste au moment d’imaginer quels bienfaits pourraient naître de cette tentative. La demande de reconnaissance de l’Etat Palestinien qui a lieu en septembre dernier devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies et éventuellement devant son assemblée Générale, constitue nécessairement un événement considérable dans ce début de 21ème siècle. Il y a plus de 60 ans à présent que l’Histoire du proche Orient gravite autour de la question des rapports entre les peuples israélien et palestinien et de leurs revendications à vivre sur ce territoire aux dimensions modestes que les grandes religions monothéistes du monde tiennent pour être la Terre Sainte. Les Etats Unis ont bien entendu utilisé leur veto au Conseil de Sécurité, quand bien même de nombreuses nations comme la Chine se sont prononcées en faveur de la reconnaissance.

 

Finalement cette démarche a sans doute plus que tout autre chose, révélé à la face du monde une réalité politique illustrant la partialité dans le fonctionnement des Institutions Internationales, et l’influence d’intérêts particuliers sans rapport avec la volonté générale. Les Etats Unis ont beaucoup à perdre dans cette histoire en termes de crédibilité et d’image dans tout le monde arabe. Le refus de reconnaitre leurs droits, aux palestiniens, va certainement entrainer un raidissement de l’attitude des pays arabes dans leurs relations avec l’Amérique et fragiliser sa position sur la scène internationale.

 

Enfin, c’est Israël lui-même qui a beaucoup à perdre dans cette situation et qui devrait selon moi, réaliser quelle opportunité serait être pour lui que de concéder volontairement ses droits aux palestiniens plutôt que de vouloir maintenir cette étreinte si forte qui n’attise que la colère et le mépris de ses victimes. Viendra inexorablement le jour où, quelle que soit sa force actuelle, Israël se fatiguera de cet effort et finira par être contraint de reconnaitre la place de la Palestine, mais alors il sera trop tard !

 

A présent les dirigeants israéliens menacent de s’attaquer à L’Iran, ce qui, compte tenu de la situation géopolitique de la région, serait une folie et un suicide. Que tous les peuples puissent prendre conscience du besoin urgent de faire la paix !

 

Après l’intervention de M. Musallam, plusieurs députés livrent leur réflexion et lui posent des questions au sujet notamment de la situation des chrétiens et de la ville de Jérusalem.

 

Mr Gaston Francon, député européen expose sa lassitude de voir les Etats Unis régresser dans leur positionnement politique pour trouver une solution juste entre La Palestine et Israël. Il ne conçoit Jérusalem que comme une ville ouverte à tous : arabes, musulmans, israéliens, palestiniens, juifs, chrétiens, et, se dit choqué du partage de la Ville Sainte, honteux de l’indifférence des chrétiens Européens à soutenir une telle vision.

Mr. Francon remercie le P. Musallam d’avoir parlé aussi clairement sur la situation et dit aussi son pessimisme en constatant qu’Israël et la Palestine avancent sur une ligne de crête dangereuse

Il importe maintenant aux chrétiens de parler clair, dit Monsieur Francon, de sortir de leurs « égos », d’être beaucoup plus courageux au-delà de leurs intérêts propres, en disant la vérité et en tapant du poing sur la table. Aujourd’hui nous manquons tous de courage politique. Avec ce coup de gueule, je m’engage à être plus fort et à prendre la parole de façon à influer sur les décisions politiques prises dans ce parlement.

Le P. Musallam explique alors, que les peuples arabes ont une seule civilisation, et qu’après la période des Croisades, les chrétiens d’Orient , eux ont été maltraités. Ils ont caché « leurs têtes », ce que les musulmans ne comprennent pas, ou n’ont pas voulu voir. Ils les pensent libres ne sachant pas de quoi ils souffrent et de quoi ils ont peur. En réalité les arabes chrétiens ont souffert des différents régimes qui se sont succédés, mais pas de la part des musulmans en général.

Concernant la Ville Sainte, M. Musallam rappelle que pour la 1ère fois, aujourd’hui, on y parle de la civilisation chrétienne, de Jérusalem, Cité de Dieu, pour tous. Ainsi les chrétiens peuvent regarder la réalité islamique, dont la mosquée, et l’école coranique, et dans le même temps assumer sans honte, leur histoire et leur civilisation, au regard d’un islam qui fait de l’évangile une lecture erronée.

Face aux « colons » qui détruisent les arbres, incendient des mosquées, face à Israël qui encercle la Cis-Jordanie et Gaza, raffle les terres, intensifie le mur de séparation, obligeant le Palestinien qui veut se rendre à Jérusalem à avoir un permis pour se rendre sur les Lieux Saints qu’il ne voit plus (M. Musallam n’a pu s’y rendre depuis 25 ans), il faut dire la Vérité à tous. Il faut dénoncer tous les menteurs, y compris chez nous. Il faut inviter tous ceux qui le peuvent à venir sur place, découvrir ce qu’il en est de nos humiliations quotidiennes, de notre douleur.

En 1948, l’ONU a décidé l’existence de 2 Etats : Israël et la Palestine.

Le 1er, un Etat judaïque qui a peur pour sa survie et dont les leaders politiques actuels instillent la peur. Le second, la Palestine qui, de-facto, a été aussi reconnu par la Communauté Internationale. Mais à ce jour, les frontières de la Palestine n’étant pas respectées par Israël, se perpétue la non-reconnaissance de son existence et de son Etat à venir.

M. Musallam tient à rappeler à nouveau à cette Commission que les Palestiniens veulent exister avec les Israéliens pas seulement co-exister. Si Israël continue de s’y refuser , l’Union Européenne entre autres, doit protéger les Palestiniens et intervenir avec toute sa force morale et politique, comme elle l’a fait par exemple, en Irak, et en Lybie (en plus de façon militaire), pour dégager la Palestine des griffes d’Israël. A se maintenir dans une vision dominatrice et humiliante, Israël sera cause de sa propre destruction dans le monde arabe.

Et M.Musallam d’insister : les chrétiens, les musulmans Palestiniens peuvent rasséréner et rassurer le peuple juif/israélien, que si ensemble nous travaillons à une Paix profonde, basée sur la Justice et la Vérité, elles seules seront productrices de sécurité pour les 2 nations

Jean Claude Petit, Président de Chrétiens de la Méditerranée, citant Jean Paul II dans sa lettre « Orientale Lumen », rappelle que les chrétiens d’Occident ignorent trop le Proche-Orient, et les arabes chrétiens qui y vivent depuis vingt siècles. Ils ont participé aux renaissances arabes. Ils ont été des ponts, des passeurs, des artisans de paix dans cette région tout au long de siècles. Et nous ne le savons pas. Voilà pourquoi il est si important qu’ils puissent y demeurer en citoyens de plein droit dans leur propre pays, ainsi que l’a demandé avec force le Synode des Evêques du Proche et du Moyen Orient à Rome, à l’automne 2010.

Nous vivons dans deux mondes culturels différents. Au lieu de chercher à comprendre comment vivent ensemble aujourd’hui arabes chrétiens et musulmans au Proche Orient, l’Europe instrumentalise la peur de l’Islam, de manière scandaleuse. On y parle de persécutions des chrétiens par les musulmans, en général, alors que nous le savons bien, ils sont les victimes d’extrémismes politico-religieux qui se nourrissent des inégalités et des injustices mondiales.

Et M.Musallam d’insister : Il nous faut apprendre ensemble le respect des droits fondamentaux de la personne humaine le respect du pluralisme des cultures et des religions.

Si l’occupation par Israël est illégitime, la résistance palestinienne est donc légitime. Pour le Hamas, il s’agit pour l’instant encore d’une résistance militaire. Pour l’Autorité Palestinienne, sous l’autorité du Président Marmoud Abbas, il s’agit d’une résistance populaire, non violente. En effet, depuis Oslo en 1993, les palestiniens constatent que les résultats des compromis avec Israël sont nuls.

Cependant le printemps arabe de 2011 vient de permettre une évolution stratégique importante : celle d’un commencement de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. L’admission de la Palestine au sein de l’UNESCO (dont le drapeau est hissé ce jour à Paris en présence de M. Abbas) s’inscrit dans cette nouvelle stratégie de L’Autorité Palestinienne. Aujourd’hui le monde reconnait le peuple Palestinien et demain il reconnaitra tous ses droits sur Jérusalem et l’Etat Palestinien.

Le projet envisagé entre le Fatah et le Hamas serait la formation d’un gouvernement de technocrates, qui devrait préparer les élections en Palestine durant l’année 2012. Pour que ces élections puissent se réaliser dans la justice et la sérénité, Israël, l’Europe et les Etats Unis ne doivent pas intervenir.

En reprenant la parole, Jean Claude Petit annonce que le 31 Janvier 2012 sera officialisé au Sénat à Paris, la création d’un Observatoire du pluralisme des Cultures des Religions au service des Droits de l’Homme, en présence de Mr Abdou Diouf et de nombreuse personnalités du monde politique culturel et religieux.

 

Pour conclure le P. Musallam redit avec force, que le problème de l’eau à Gaza reste crucial. L’eau potable vient d’Israël qui le pompe dans les sources d’eau douce sur Gaza même. De même qu’il capte l’eau des sites de Latroun et Hébron, pour Gaza ; ce qui a pour effet de lever le degré de salinité de l’eau.

Il en résulte que cette eau additionnée au lait pour les biberons, fait souffrir les nourrissons de douleurs stomacales. Sans oublier aussi, que la raréfaction de l’eau empêche une hygiène élémentaire pour les enfants qui viennent en classe, souillés de leur pipi, non lavés et évidemment très humiliés par cet état de fait.

Le P. Musallam rappelle également que les coupures régulières d’électricité entravent profondément la vie quotidienne des gazaouis, l’apprentissage scolaire des enfants, sans oublier les effets traumatrisants pour ces derniers, de se retrouver dans l’obscurité au milieu de décombres de toute sorte.

 

 

 

Ménotti Bottazzi remercie Manuel Musallam d’être venu au Parlement, il remercie Michèle Striffler d’avoir organisé cette rencontre et en remercie tous les participants. Il souhaite que cet échange direct puisse avoir des suites constructives pour la recherche d’une paix juste pour les deux peuples.

 

 

 

 

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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 05:38

Carte de la PalestinePour les Palestiniens, la venue des étrangers est vitale. Un article paru sur le site du CCFD le 16 décembre 2011.

 

Signe d'un certain retour à la vie normale après la tempête de l'Intifada, les villes palestiniennes de Cisjordanie ont retrouvé leur animation et s'attachent à restaurer leur patrimoine. Outre sa dimension politique, l'admission de la Palestine à l'Unesco en novembre 2011 est venue répondre à un long combat en faveur de la reconnaissance de la culture palestinienne. A travers leur héritage culturel, c'est aussi leur histoire et la particularité de leur situation que les Palestiniens veulent faire découvrir aux étrangers.

 

« Beaucoup de touristes viennent visiter les lieux saints sans rien voir de la situation vécue par la population, ni rencontrer les Palestiniens. Ils viennent admirer les vieilles pierres mais ne connaissent pas les « pierres vivantes » qui font vivre ces lieux. Pourtant les communautés locales sont les témoins de cette culture dans laquelle est née la Bible et le Nouveau Testament » explique le Père Jamal Khader, doyen de la Faculté de lettres à l'université de Bethléem et l'un des auteurs du Kairos, un message élaboré par des théologiens issus des différentes Eglises palestiniennes à l'attention du monde entier.

 

Les touristes peuvent circuler facilement en Cisjordanie

D'un point de vue pratique, les étrangers peuvent depuis 2009 circuler plus facilement en Cisjordanie et passer de l'autre côté du mur. En 2010, ils ont ainsi été 1,5 millions de visiteurs dans les Territoires Palestiniens. « Le tourisme augmente de 10% chaque année mais il se concentre essentiellement à Bethléem » explique Rami Kassis, directeur de l'Alternative Tourism Group (ATG), partenaire du CCFD - Terre Solidaire. Peu nombreux sont les touristes à avoir la curiosité de visiter Naplouse, Ramallah, Hébron, ou Jénine.

Même à Bethléem, les retombées de ces visites sont restées longtemps modestes : « Jusqu'à présent les touristes passaient seulement une demie journée en moyenne. Ils arrivaient en bus, et ne prenaient ni un repas ni une nuit sur place. » Depuis deux ans cependant les choses changent : « Aujourd'hui de plus de plus de pèlerins restent dormir. Notamment parce que les hôtels à Jérusalem sont pleins et que les nuitées sont un peu moins chères à Bethléem » constate Rami Kassis.

 

Les guides palestiniens sont coincés derrière le mur

Ayman Abu Zulof, est guide pour l'Alternative Tourism Group. Il était habitué, avant l'Intifada, à faire visiter Jérusalem ou le désert du Néguev. Mais aujourd'hui à cause de la fermeture de la Cisjordanie, il doit laisser les touristes aux check-point et ne peut les guider ni à Jérusalem, ni en Israël.

Pour l'ATG, la situation des 7200 guides israéliens, comparés aux 220 guides palestiniens, illustre l'un des déséquilibres posés par l'occupation. « Beaucoup de voyages organisés arrivent dans les territoires avec un guide israélien, qui les accompagne pendant tout leur voyage et a le droit de faire des visites partout. Les groupes sont alors réticents à employer un guide palestinien en plus » explique Rami Kassis. Et la situation inverse n'est pas possible. Parmi les guides palestiniens, seuls 42 sont autorisés à aller en Israël pour exercer, d'après une liste datant d'avant l'Intifada. La majorité des guides palestiniens sont donc dans l'impossibilité d'aller accueillir les touristes à l'aéroport ou de leur faire visiter Jérusalem. Le ministère du tourisme palestinien demande depuis longtemps aux autorités israéliennes une actualisation de cette liste, sans succès.

Visiter pour témoigner

 

De nombreuses associations palestiniennes et israéliennes proposent des visites « alternatives » aux touristes et pèlerins de passage. Leur espoir ? Que les personnes venues les visiter racontent ensuite à leur entourage ce qu'elles ont vu et contribue à informer une opinion internationale capable de peser sur les évolutions du conflit. En Israël, c'est le cas de partenaires du CCFD - Terre Solidaire comme Zochrot ou l'Alternative Information Center qui proposent des « tours » sur le terrain particulièrement instructifs. En Palestine, l'Alternative Tourism Group et l'association Hébron France propose des visites guidées aux groupes qui le demandent.

Deux fois par an, le CCFD-Terre Solidaire organise aussi des voyages découvertes à la rencontre des partenaires et de leurs réalité sociales et culturelles : « J'ai été très marquée par la force de résistance pacifique qu'il faut pour continuer à vivre, aller à l'école, à l'université, à construire des cliniques comme le font les partenaires... J'ai beaucoup appris » raconte Bernadette Bardet qui a pu aller en Palestine pour la première fois grâce à ces voyages.

 

Anne Isabelle Barthélémy

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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 05:47

cvpr-1--copie-1.jpgNous vous rappelons que le CVPR PO organise un colloque sur le thème: " LE PRINTEMPS ARABE ET LE CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN ", qui se tiendra au Palais du Luxembourg, le samedi 19 novembre, de 9 h à 18 h.  

L'accueil des participants, inscrits avant le 17 novembre - au secrétariat du CVPR PO, 54 rue des Entrepreneurs 75015 Paris - se fera de 8 h 30 à 9 h. Une pièce d'identité sera demandée à l'accueil.

 

 

Le programme du colloque :

 

Thème général " LE PRINTEMPS ARABE ET LE CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN ".

 

Allocutions de bienvenue : Me Maurice BUTTIN. Mme la sénatrice Christiane DEMONTES. M. Hael AL FAHOUM, ambassadeur de Palestine en France.

 

Développement des interventions :

 

" Les actuelles «révolutions arabes», qu’elles participent ou non d’un processus historique majeur parvenu à maturité, peuvent-elles contribuer, à court ou moyen terme, à une solution du conflit israélo-palestinien et à une « paix réelle au Proche-Orient »?

 

Les cinq questions que nous avions posées, en juin dernier, en annonçant ce colloque nous paraissent encore pertinentes et appellent aujourd'hui des réponses, bien sûr encore très provisoires, mais précieuses et nuancées.

 

 

Ø si les sociétés civiles arabes sont désormais en mesure d’exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien, non seulement plus librement mais aussi avec assez de force pour peser sur la politique de leurs gouvernements ?

 

Intervenants :

 

Moncef MERZOUKI (Elu député à l'Assemblée constituante tunisienne, président du Congrès pour la République) - Ghaïss JASSER (Docteur es-lettres) - Hala KODMANI (Journaliste, spécialiste des questions internationales)

 

- (un journaliste égyptien ?)

 

 

 

Ø si le peuple palestinien, en Palestine, en Israël et dans la diaspora, s’est désormais doté, pour la défense de ses droits nationaux, d’une expression politique représentative et garante de son unité ?

 

Intervenants :

 

Hassan BALAWI (Conseiller au ministère palestinien des Affaires étrangères ) - Bichara KHADER (Enseignant - Directeur du Centre de recherche sur le monde arabe à l'Université catholique de Louvain, Belgique).

 

 

 

Ø si, au sein de la société israélienne, et de la diaspora juive dans le monde, sont désormais mieux entendues les voix, aujourd’hui minoritaires, qui osent affirmer qu’une solution fondée sur le respect du droit international peut seule garantir la sécurité d’Israël et la paix dans la région ?

 

Intervenante :

 

Esther BENBASSA (Sénatrice - Chercheur et universitaire)

 

 

 

Ø si, en Occident comme au Proche/Moyen-Orient, les médias et les opinions publiques prennent désormais plus clairement conscience de la nature avant tout politique du conflit israélo-palestinien et de la solution qu’il exige ?

 

Intervenant :

 

Richard LABEVIERE (Journaliste - Licencié en 2008 de RFI pour ses positions en faveur des Palestiniens)

 

 

 

Ø si, au sein de la « communauté internationale », sont en train de s’établir de nouveaux rapports de forces, capables d’imposer un règlement juste et pacifique de ce conflit

 

Intervenants :

 

Monique CERISIER ben GUIGA (Ancienne sénatrice - Présidente de Français du Monde, ADFE) - Pierre LAFRANCE (Ambassadeur de France)

 

À partir des éléments de réponse que l’actualité leur permettra alors d’apporter à ces cinq questions, les personnalités invitées tenteront d’évaluer lucidement si les « printemps arabes » auront accru les chances du peuple palestinien d’obtenir enfin justice.

 

La  Table ronde permettra aux intervenants de répondre aux questions posées par les participants au colloque, par écrit, au cours de la journée

 

Conclusion de la journée : Stéphane HESSEL (Ambassadeur de France)

 

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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 05:41

securedownload-2-.jpgCommuniqué en date du 31 octobre 2011 publié sur le site du Ministère français des Affaires étrangères.  Le 21 septembre dernier, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le Président de la République présentait la vision de la France pour avancer sur le chemin de la paix au Proche-Orient, pour avancer sur le chemin d’une solution au conflit israélo-palestinien.

 

S’agissant des Nations unies, le Président de la République avait proposé que l’on travaille à une résolution à l’Assemblée générale permettant à la Palestine de rehausser son statut au sein de l’ONU en devenant un État non-membre observateur. Nous continuons à penser qu’une telle résolution constituerait une avancée légitime vers la reconnaissance d’un État palestinien, sans créer, comme nous pouvons le craindre d’une démarche au Conseil de sécurité, une confrontation diplomatique majeure, qui conduirait à l’impasse.

 

Aujourd’hui la question qui était posée était de savoir si la communauté internationale répondait oui ou non à la demande d’adhésion de la Palestine à l’UNESCO. Certes nous aurions préféré que cette question fût posée après le traitement du sujet par l’Assemblée générale à New York. Mais à partir du moment, où elle l’est aujourd’hui, il nous faut prendre nos responsabilités et répondre sur le fond. Et sur le fond la France dit oui, la Palestine a le droit de devenir membre de l’UNESCO, cette organisation dont la vocation est d’œuvrer à la généralisation d’une culture de la paix au sein de la communauté internationale. Une telle adhésion entre pleinement dans la logique de la démarche à l’AGNU proposée par le Président de la République.

 

La France a toujours été, est aujourd’hui et restera demain dans le camp de la paix. Elle soutient les responsables palestiniens, au premier rang desquels le Président de l’Autorité palestinienne, dans leurs efforts pour l’édification d’un État palestinien vivant côte-à-côte, en paix et en sécurité avec l’État d’Israël. Le Président de la République l’a souligné, le 21 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies : si quiconque à travers le monde menaçait l’existence d’Israël, la France serait immédiatement et totalement aux côtés d’Israël. Nous le disons et le répétons, c’est, avant tout, par le biais de négociations entre Israéliens et Palestiniens que l’objectif de deux États vivant en paix et en sécurité sera atteint. Nous appelons les deux parties à faire tous les compromis nécessaires pour que ces négociations puissent reprendre sans délai.

 

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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 05:52

JérusalemTémoignage : de la solidarité pour les pèlerinages publié le 12.09.2011 sur le site du Patriarcat Latin de JérusalemAprès un passage en Terre Sainte en 2001, je suis rentré en Grande Bretagne en colère et bouleversé de voir que la situation s’était détériorée depuis ma dernière visite en 1990. Ce qui m’a le plus frappé, c’était la situation et la marginalisation de plus en plus marquée de la population chrétienne.

 

A mon retour, j’en ai parlé à mon évêque – Mgr Michael Evans – et nous avons abouti à un jumelage entre le diocèse d’East Anglia et le Patriarcat latin de Jérusalem. Depuis lors, plus de 1000 pèlerins ont pu non seulement visiter les Lieux Saints, mais aussi rencontrer les « pierres vivantes », célébrant la messe dominicale avec une communauté locale, visitant des écoles, des hôpitaux et d'autres projets afin qu'à leur retour ils aient une meilleure compréhension de la réalité du terrain.

 

Nous avons vingt paroisses et écoles de notre diocèse qui sont jumelées avec des paroisses et des écoles de Terre-Sainte. Et depuis les dix dernières années, pas moins de 600 000£ ont été envoyées par les fidèles du diocèse d’East Anglia afin de soutenir des projets comme des universités, des participations aux frais de scolarité, des maternités, des accès internet, des réfection de maison, des aides au lancement d’entreprises, des bibliothèques et d’autre encore.

 

Différents groupes de jeunes de Terre-Sainte ont pu venir visiter leur paroisse ou école jumelée avec le diocèse anglais. 

 

« Palestine pilgrimage »

 

L’an dernier nous nous sommes apperçu qu’une organisation plus structurée et professionnelle était nécessaire, car des demandes de pèlerinages comme la nôtre arrivaient de partout au Royaume-Uni. Afin de faciliter cela, Mgr Michael m'a libéré pour trois ans afin de mettre en place une société sans but lucratif - Palestine pilgrimage - qui organisera des pèlerinages en Terre Sainte excédentaires, dont les recettes iront directement au Patriarcat latin pour soutenir des causes humanitaires de Terre-Sainte.

 

Il y a onze membres dans la société, tous bénévoles. Le diocèse met des locaux gratuitement à notre disposition et ainsi nos coûts d'exploitation restent très faible, ce qui nous permet de proposer un prix très compétitif avec une assurance raisonnable de fonds substantiels pour des projets humanitaires. Nos pèlerinages se divisent en trois catégories: les pèlerinages « standards » pour visiter les Lieux Saints, mais il y a aussi la possibilité de rencontrer nos frères et sœurs chrétiens qui vivent en Terre Sainte pour vivre un partage fraternel.

 

Nous organisons aussi des pèlerinages pour les jeunes ou pour des groupes scolaires, qui sont adaptés à leur porter porté sur le plan religieux, historique, géographique et politique de la région.

 

Notre dernier type de pèlerinage est une visite guidée sur mesure où il faut s'inscrire avec l’intention d'être dans un groupe qui désire mieux comprendre la situation politique. Pour ces pèlerinages, nous travaillons en étroite collaboration avec des ONG palestiniennes et israéliennes.

 

L’organisation a été fondée en mars 2010 et nous avons commencé à notre activité en mai. Nous sommes tout à fait reconnu par les autorités britanniques et enregistrée comme une entreprise. De plus nous sommes en lien avec l’ATOL (Air Travel Organisers' Licensing).

 

Notre carnet de commande se porte bien puisque 400 pèlerins ont réservés un voyage pour 2011 et nous projetons un chiffre de 1000 pèlerins pour 2012. Nous sommes entrain de voir si nous pouvons faire profiter des pèlerins d’autre pays. Nous sommes actuellement en discutions avec des groupes d’Irlande et des Etats-Unis.

 

Source: Père Paul Maddison (http://www.palestinepilgrimage.org.uk/)

 

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