CM - Voyage Mosaïques Liban 2010

Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 06:41

Camp palestinen Shatila Les enfants"Organiser un voyage sur le thème du vivre-ensemble dans un pays marqué par la guerre et les affrontements  communautaires peut sembler contradictoire. C'est pourtant le pari relevé par le réseau Chrétiens de la Méditerranée et l'Institut catholique de la Méditerranée qui ont emmené vingt-quatre jeunes professionnels et étudiants à la découverte de l'économie sociale et solidaire au Liban, en avril dernier (...) « Le fait de vivre ensemble ne va pas de soi, il faut le construire et le faire vivre ", constate Simon, étudiant (...) « Ces rencontres m'ont donné envie de poursuivre l'expérience. Cette année, je me suis inscrite à des cours sur le dialogue interreligieux. " Aleth, Salariée du CCFDTerre Solidaire". Lire la suite de l'article publié dans la revue Faim Développement du CCFD Terre Solidaire de novembre 2010

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 07:27

Remi-Caucanas.JPG Deux mois se sont déjà écoulés depuis notre voyage « Mosaïques » au Liban.

Deux mois pour digérer d’abord ; pour digérer et mûrir ce que nous avons vu, vécu et entendu. Chacun a fait le tri. Pour beaucoup, le camp de Chatila reste une image forte, peut-être la plus marquante car la plus choquante. Mais pour tous cependant, le Liban demeure cette mosaïque de visages, de couleurs et de saveurs : les visages de tout ceux et toutes celles qui nous ont offert l’hospitalité et qui nous ont accueilli les bras ouverts ; les couleurs du souk arc-en-ciel de Tripoli, des colonnes blanches de Baalbeck et de Tyr, de la corniche illuminée de Beyrouth ; les saveurs infinies des produits de la Bekka et le parfum azur de Harissa.

Deux mois pour réfléchir aux problématiques abordées et pour enrichir nos questionnements accrus. Certains ont repris leurs notes des nombreux exposés que nous avons pus suivre à l’Université Saint-Joseph, au Cirdic ou ailleurs. Il faut dire qu’il y avait de quoi faire : de l’ « audace » de Guy Aurenche à l’appel de Mgr Hajje, en passant par les interventions de Nicolas, Adriana, Anne, Julien…, nos cahiers remplis méritaient réflexion. Pour d’autres, ce sont des lectures, des projets de voyages ou des conférences qui ont ouvert plus largement encore le champ des investigations. La tournée française, au début du mois de juin, du Père Manuel Musallam, ancien curé de Gaza, en est certainement la meilleure illustration. Ce cri palestinien a trouvé dans notre expérience libanaise une caisse de résonance immédiate. L’acuité du conflit israélo-palestinien - que nous avons perçue au Liban - est devenue encore plus perceptible et terrible. C’est la raison pour laquelle nous organiserons, au cours du premier semestre 2011, une journée d’études spécifique sur cette question.

Deux mois enfin pour espérer : espérer dans ce Liban « message » (selon le propre mot de Jean-Paul II) ; espérer dans ce groupe que nous avons constitué, que nous avons tous porté et qui nous a tous porté ; espérer dans les nouveaux défis que nous nous sommes lancés. D’ailleurs le cri de Musallam n’était pas celui d’un désespéré, bien au contraire ! On retrouvait en lui cette même espérance qui anime l’Orient tout entier. C’est cette espérance que nous devons porter, parce que l’aventure Mosaïques continue à travers chacun d’entre nous.

Deux mois se sont déjà écoulés depuis notre voyage Mosaïques, et ce temps n’a pas été trop long pour nous permettre d’atterrir. Certains sont encore dans les nuages…Rémis Caucanas de l'ICM

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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 06:31

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Le "Jour du Seigneur" a réalisé un reportage sur le voyage "Mosaïques" au Liban en avril 2010 pour l'émission "Ainsi sont-ils" passée sur KTO en juin 2010. Reportage en 5 épisodes  réalisé par Flore Vigneron. 

1. Partages au Liban. En avril, une mosaïque d'une vingtaine de jeunes Français, étudiants et professionnels, chrétiens et musulmans, engagés dans des mouvements associatifs, partait à la découverte d'une autre mosaïque: le Liban .

2.Tourismes mais solidaires. Les jeunes Français découvrent les vertus de l'économie solidaire dans la vallée de la Béqaa...

3. La foi des chrétiens Libanais. Une messe en rite latin et byzantin, célébrée en six langues, plonge les jeunes au coeur du vivre ensemble. A Tyr, quatre ans après la guerre, ils découvrent l'isolement des chrétiens d'Orient en terre musulmane.

4. Les blessures de Beyrouth. Beyrouth, métropole au carrefour de l'Occident et de l'Orient. Au camp de réfugiés palestiniens de Chatila, les Français mesurent les défis que le Liban a à relever.....

5. Le chemin parcouru. Pour tous les jeunes du groupe Mosaïque, il y aura un avant et un après leur voyage au Liban. Après les rencontres confessionnelles et culturelles et l'aventure collective qui les ont fait avancer dans l'art de vivre ensemble.

 

 
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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 06:52

AnneBilan d'Anne:

Partir au Liban dans le cadre de Mosaïques était avant tout pour moi l’occasion de découvrir et comprendre un pays que je ne connaissais pas. Je ne m’attendais toutefois pas à découvrir un pays aux contrastes si grands. J’avais une certaine image d’un Liban assez « brillant » intellectuellement et culturellement. Ce Liban existe bien mais j’ai aussi découvert un pays très marqué par les guerres et une grande pauvreté notamment dans les zones rurales mais aussi dans certains quartiers de Beyrouth.

Travaillant en France dans le domaine du développement agricole et rural, les visites des coopératives libanaises m’ont particulièrement intéressées et je me suis rendue compte que malgré un contexte différent, les questions que se posent les libanais ne sont pas très éloignées de celles que nous nous posons ici : comment maintenir la population en zone rurale, comment valoriser les ressources locales ? Et finalement, les solutions envisagées sont également assez voisines : en particulier, le regroupement et la mobilisation d’acteurs locaux pour faire vivre leur territoire.

Dans une société libanaise très marquée par le communautarisme religieux, nous avons rencontré des personnes qui s’engagent au jour le jour pour faire avancer le « Vivre ensemble ». Dans son intervention, Guy Aurenche évoquait la tension entre le souffle et la goutte d’eau. Toutes ces personnes que nous avons rencontrées apportent leur goutte d’eau : l’engagement de chacun est une goutte d’eau et c’est la somme de ces gouttes d’eau qui pourra faire changer le monde. Ces beaux exemples d’engagement m’ont fait reprendre conscience de l’importance de ne pas se disperser : un seul engagement vécu pleinement, associé à l’engagement des autres sera bien plus fécond que de multiples engagements vécus superficiellement. Sur un plan personnel cette expérience au Liban m’encourage à poursuivre mon engagement dans le Pôle Europe de la Coordination des Jeunes Professionnels (CoJP). Ce qui a été construit en Europe au sortir de la deuxième guerre mondiale, alors que les populations étaient encore marquées par le conflit est assez incroyable. Aujourd’hui, l’enthousiasme du début s’essouffle un peu, mais la construction doit continuer : quelle formidable expérience de vivre ensemble que l’Union européenne!. Anne

 

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Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 06:27

Sémiramis Bilan de Sémiramis

Mosaïque Liban était marqué par diverses rencontres. Tout d’abord, la rencontre avec l’Histoire du Liban, des phényciens, des romains, des mamlouks, en passant par les ottomans, la création du Liban, la guerre civile à aujourd’hui. Ensuite, la rencontre avec les universitaires à l’université Saint Joseph. Et surtout, les rencontres : celle de ces personnes, membre du clergé, membre associatif, acteur de paix et jeunes professionnels ou étudiants.

A la vue des immeubles, le Liban donne l’impression d’un pays en train de se construire. Les grands portraits d’hommes politiques surplombant ces bâtiments, faisaient contraste aux discours de certains jeunes libanais in-intéressés voire pessimiste à l’égard de la politique libanaise. L’ingérence du pays était une critique récurrente. Chez les libanais chrétien tout comme musulman, on pouvait constater une pluralité de points de vue : un nationalisme libanais, un conservatisme chrétien, une vision « pro-arabe », « pro-occidentale », « pro-hezbollah » ou encore un a-politisme.

Le Liban ou la rencontre de l'Histoire: « Nous avons l’expérience de la guerre, nous connaissons trop bien le bruit des bombes et des coups de feu » 

Les libanais connaissent bien l’histoire, elle est présente dans leurs esprits parce qu’ils l’ont vécu. « Nous avons l’expérience de la guerre, nous connaissons trop bien le bruit des bombes et des coups de feu » : une phrase récurrente des libanais de tout âge. Cette phrase fait étrangement écho aux propos bouleversants des deux évêques maronite et melkite de Tyr. « Vous êtes les enfants de la paix, vous n’avez jamais connu la guerre », disaient-il, chose que les français oublient au quotidien. Lors d'une rencontre difficile et bouleversante, ces deux évêques nous avaient fait part de la situation des chrétiens du sud Liban. Leur histoire est marquée par des conflits et des massacres, gravées dans les mémoires des habitants du Sud. Je me rappelle de cette femme musulmane de Beyrouth, en larme, elle témoignait de son vécu lors des différents conflits. Son village, situé au sud du Liban, avait été bombardé et son père avait faillit mourir. Partisane du Hezbollah, elle se justifiait : « ils ne sont pas terroristes comme peuvent dire les autres, mais ils sont là comme pour faire acte de résistance », face à l’agresseur, ou face à l’ingérence du pays ? Ses douleurs étaient encore présentes.

Shatila : le droit au retour

Situé à Beyrouth Ouest, le camp palestinien de Chatila, connu pour le massacre de 1982, est un « entre lieu », voire un « non-lieu ». Une transition où vivent des populations depuis 6 générations. Dans les pays voisins, l’espoir des personnes se traduit par l’émigration ou par l’espoir d’une amélioration de la vie. Au camps de Chatila, la situation était tout autre : leur seul espoir d’avenir est le retour. Un espoir inculqué aux enfants depuis 1948. Face à ça, je me suis posé la question de l’éducation des enfants : élève-t-on des enfants pour les conditionner, ou élève-t-on les enfants pour leur promettre un meilleure avenir ? On n’était pas là pour les juger, mais pour les comprendre. Ce rêve du retour, une réaction naturelle d’être humains arrachés de leur terre, une notion récente apparue justement lors du conflit israélo-palestinien. Etant une enfant de réfugiés assyro-chaldéen, je connaissais trop bien ce problème et de tous les traumatismes qui s’ensuivent.

Etudiante en Histoire, un écart était perceptible entre l’enseignement de l’Histoire du Liban et ce qui dit au Liban : illustre-t-elle deux points de vue différents ou deux réalités du pays ? Je ne le sais guère. J’en garde un goût amer : le passé et ses rancoeurs sont pesants et les conflits extérieurs se font sentir. Ils ont des répercussions sur le quotidien des libanais. Après 20 ans, les libanais ont la volonté de se relever. Mais le pays n’a effectué aucun travail de mémoire et garde des rancoeurs. Comment connaître la paix lorsque le travail de mémoire et de justice n’ont pas été faits ? Est-ce que paix signifie dialoguer avec autrui en acceptant sa spécificité ou volonté de trouver à travers les différences une quelconque chose qui les unifierait ? Tel était le dilemme auquel le Liban se trouvait. Cette situation m’a permise de mesurer l’ampleur des actions menées par les associations rencontrées sur place. Or est-ce le travail des associations ou de l’Etat ? On nous répétait souvent que le gouvernement libanais n’était pas présent au Liban…  

 

J’ai connu le « vivre ensemble », désormais, je connais son sens grâce à Mosaïque Liban. Malgré nos différences, le courant passait par l’ouverture, l’amour et la compréhension de l’autre dans la joie et la bonne humeur. A travers son histoire et ses acteurs locaux, le Liban a témoigné de la possibilité du vivre ensemble par un choix personnel et un compromis. Il nous a aussi appris à comprendre l’autre dans ses douleurs et ses rêves. Il suffit d’un rien pour être heureux et être en paix, tout comme qu’il suffit d’un rien pour être en guerre : c’est dans la rencontre de l’autre que naissent les paix et les conflits. Tel était le message du Liban. Mosaïque Liban était aussi l’occasion de (re)-découvrir la France, par sa pluralité et ses acteurs de paix. La volonté de s’engager à la paix n’était plus le fait d’un seul homme mais de plusieurs. Guy Aurenche,  président du CCFD a porté un message fort encourageant à tous les jeunes engagés. Pour lui répondre, je citerai une phrase de Gandhi : « Les petites choses n’ont l’air de rien, mais elles donnent la paix ; c’est comme les fleurs des champs ; on les croit sans parfum, et toutes ensemble, elles embaument ». Sémiramis

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