CM - Israël/Palestine

Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 10:15

Lettre adressée le 9 septembre 2011

 

A Monsieur Alain Juppé,P1020569.jpg

ministre français des Affaires étrangères

A Monsieur Guido Westerwelle,

ministre allemand des Affaires étrangères

A Madame Catherine Ashton,

haute représentante de l’Union européenne

pour les Affaires étrangères

 

 

 

Le réseau œcuménique Chrétiens de la Méditerranée créé en 2005 en vue de développer le dialogue des cultures et des religions dans l’ensemble méditerranéen et d’œuvrer ainsi à la construction de la paix, a multiplié, depuis son lancement, les initiatives favorisant une meilleure compréhension réciproque et un respect mutuel entre Israéliens et Palestiniens dans le conflit interminable qui les oppose. Nous sommes convaincus, en effet, avec le Synode des évêques du Moyen-Orient réuni autour de Sa Sainteté Benoît XVI à Rome à l’automne 2010, que la résolution de ce conflit est centrale pour l’avenir de la paix du monde.

 

C’est pourquoi nous nous réjouissons à l’idée que la toute prochaine Assemblée générale de l’ONU puisse faire sienne la reconnaissance de l’Etat de Palestine aux côtés de l’Etat d’Israël dont la légitimité est incontestable. C’est pourquoi également nous souhaitons que nos deux pays, la France et l’Allemagne, et au-delà d’eux l’Union européenne dans son ensemble, apportent leur appui à cette reconnaissance. Nous n’ignorons pas que beaucoup de problèmes complexes resteront en suspens, à la résolution desquels vous ne manquerez pas de poursuivre vos efforts. Mais nous croyons que cette reconnaissance par l’Assemblée générale de l’ONU sera un moment capital sur la voie de la paix. La mobilisation de l’opinion publique internationale autour de cette décision historique devrait engager, en effet, les parties en présence et ceux qui les soutiennent à faire de nouveaux pas en faveur de leur avenir commun.

 

En nous adressant à vous, nous sommes tout à fait conscients qu’il s’agit bien d’une démarche politique. Comme l’ont écrit ensemble dans un récent « Appel aux chrétiens » quatre pasteurs protestants et quatre évêques catholiques, « la paix et la justice sont les biens les plus évidents de l’action politique. Pourquoi y serions-nous insensibles ? Nous sommes attachés au droit imprescriptible d’Israël d’exister, en paix, dans ses frontières reconnues, et au droit du peuple palestinien de développer ses institutions démocratiques dans un Etat libre et prospère. »

 

Plus profondément encore, notre démarche s’enracine dans le message évangélique que nous tenons de notre foi commune, en particulier, en la circonstance, la Béatitude de la Paix : « Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu. » « Il s’agit bien de faire œuvre de paix… pas seulement de dire “paix ! paix !” et, par conséquent, d’en prendre le risque » disent encore, dans leur « Appel aux chrétiens », les personnalités précitées. Et de poursuivre : « la paix, en l’occurrence, ne peut dépendre que de la recherche passionnée d’un avenir commun entre Israéliens et Palestiniens, dans le respect mutuel, dans l’application du droit et dans la quête de la justice. » Nous nous associons totalement à ces propos.

 

La reconnaissance de l’Etat de Palestine par l’Assemblée générale de l’ONU constitue, à nos yeux, une étape essentielle de cette recherche passionnée. Citoyens français et européens, nous attendons de vous, Madame et Messieurs, que vous y apportiez l’appui de notre pays et de notre continent et nous vous en remercions à l’avance.

 

 

pour le réseau Chrétiens de la Méditerranée

Jean-Claude Petit, président

 

Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires
Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 05:47

154023.jpgLE CATHOLICISME FRANÇAIS ET

LE CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

Contribution de Jean-Claude PETIT au Colloque de CVPR.PO

au Sénat Le 20/11/2010

         Faisons d’abord, si vous le voulez bien, un rapide tour dans le passé. Trois traits importants de l’histoire du catholicisme français conditionnent, aujourd’hui encore, l’attitude de la communauté catholique à l’égard du conflit entre Israël et la Palestine. Rappelons-les brièvement avant de revenir sur chacun d’entre eux et d’en préciser les conséquences qui demeurent aujourd’hui encore.

 I – Les marques de l’Histoire

 Premier trait : la proximité très ancienne de la France avec les lieux saints. N’oublions pas que, dès le Moyen-Age, il allait de soi que les seigneurs catholiques se devaient de partir pour Jérusalem et l’ensemble de la Terre Sainte y défendre la foi chrétienne. Cette défense hélas « pas toujours très catholique » a pris, dans les derniers siècles, une forme heureusement plus pacifique et plus positive avec l’arrivée des ordres religieux et la création de très nombreuses écoles, d’hôpitaux et de maternités. Notre proximité séculaire continue d’être assumée aujourd’hui par nos consuls à Jérusalem. De manière rituelle tout d’abord puisque le consul de France assiste chaque année à la traditionnelle messe de minuit que le patriarche latin de Jérusalem célèbre à Bethléem  en présence du président de l’Autorité palestinienne. Mais aussi de manière humanitaire à travers l’aide matérielle apportée par notre pays aux populations de la Terre Sainte.

 Deuxième trait : l’instrumentalisation du catholicisme par l’Action française de Charles Maurras avant la seconde guerre mondiale qui fait suite à l’attitude antijuive de nombreux catholiques dans l’affaire Dreyfus. Cette instrumentalisation trouvera son apogée dans l’attitude de Mgr Marcel Lefebvre vis à vis du concile Vatican II (1962-1965). En refusant le concile au motif qu’il met en cause la vérité unique et absolue dont seule l’Eglise catholique est dépositaire, Lefebvre, et aujourd’hui ses successeurs, s’opposent à tout dialogue interreligieux, comprenez avec le judaïsme et l’islam. A l’inverse, ils se veulent, dans le monde entier, et notamment en Terre Sainte, les défenseurs de la civilisation chrétienne et de l’Occident, aidés en cela par les immenses fortunes latino américaines.

 • Troisième trait : l’influence, encore forte, de l’antijudaïsme catholique. Cette influence trouve sa source, on le sait, dans un lointain passé. Elle se traduira, pendant la seconde guerre mondiale, par le soutien des responsables catholiques au régime de Vichy du maréchal Pétain. La majorité d’entre eux fermera les yeux sur les lois antijuives, les rafles et les déportations. On doit cependant à la vérité de dire que de nombreux catholiques mériteront par leur attitude courageuse le titre de « Justes » et que, dans la Résistance notamment, les « Cahiers clandestins du Témoignage chrétien », entre autres, prendront leurs distances avec les autorités de l’Eglise.

 II – Qu’en est-il aujourd’hui ?

             Ces trois « marques » fortes de l’histoire du catholicisme à l’égard de la Terre Sainte et de ses habitants imprègnent-elles encore de nos jours l’attitude des catholiques et de quelle façon ? Pour répondre à cette question, reprenons, si vous le voulez bien, les trois traits que nous venons d’évoquer.

 Quid de la proximité ? Elle existe toujours à travers la présence, effective et efficace, des institutions chrétiennes (écoles, hôpitaux) et l’aide matérielle apportée par de grandes organisations telles l’Œuvre d’Orient, les Chevaliers du Saint Sépulcre, l’Ordre de Malte. Nos consuls sont également très présents sur le terrain, notamment dans les moments où le conflit israélo-palestinien connaît des accès de violence comme ce fut le cas lors de l’occupation de la Basilique de Bethléem.

 La proximité la plus nouvelle est celle manifestée par les pèlerinages, nombreux sur l’ensemble de la Terre Sainte. Malheureusement, beaucoup d’entre eux se contentent d’organiser la visite de monuments, voire de sites discutables historiquement, et d’y faire acte de piété plutôt que démarche de foi et de solidarité. En effet, trop de pèlerins français sont encore capables d’aller à Jérusalem, Bethléem, Nazareth sans rendre visite à leurs frères chrétiens de Palestine, « les pierres vivantes de l’Eglise » dont parle l’apôtre Pierre dans sa première Epître. Enfin, les mêmes pèlerins et d’autres succombent à la peur, hélas encore largement entretenue dans les milieux catholiques, d’être pris dans le conflit israélo-palestinien. Autrement dit, en France même, la proximité actuelle des catholiques avec la Terre Sainte et ses habitants tend à devenir « insignifiante » au sens fort du terme au moment, précisément, où les chrétiens palestiniens sont de plus en plus contraints à l’exode en raison de l’occupation israélienne et où les « lieux sources » de la foi chrétienne sont en péril. Mme Hind Khoury, ex-ambassadrice de l’Autorité Palestinienne à Paris après Leila Shahid, s’étonnait souvent de la relative indifférence à ce sujet de l’Eglise catholique. Elle avait raison.

 Quid de l’instrumentalisation ? L’extrême droite nationaliste chrétienne et sa mouvance intégriste ne se contentent pas, aujourd’hui, de condamner tout dialogue interreligieux. Sans la revendiquer explicitement, elles participent pour une bonne part à la montée, en France, de l’islamophobie. Elles le font notamment en apportant un soutien équivoque aux chrétiens du Moyen-Orient, remparts à leurs yeux de l’Occident chrétien et victimes, selon elles, non seulement de l’islamisme mais de l’islam dans son ensemble. D’où, par exemple, dans un haut lieu de Paris, récemment, l’appel d’un prêtre à la croisade qui a valu à son auteur, Dieu merci, les remontrances de Mgr Santier, évêque de Créteil chargé, dans l’épiscopat, du dialogue interreligieux.

 Quid de l’antijudaïsme ? C’est sans doute la marque de notre Histoire qui a connu l’évolution la plus nette et la plus positive. Depuis le concile Vatican II et grâce à lui, le dialogue judéo chrétien a été l’objet de progrès considérables. Suppression de l’ancienne prière du Vendredi Saint pour la conversion des juifs accusés d’avoir tué le Christ. Déclaration solennelle de repentance à l’égard du peuple juif faite à Drancy par les évêques de France. Travaux scripturaires et théologiques visant à mieux connaître le judaïsme. Conférences, rencontres, sessions diverses. Bref, sous les formes les plus diverses, le catholicisme français est entré dans une ère nouvelle. Malheureusement, cette profonde et heureuse mutation connaît, depuis une quinzaine d’années, avec l’occupation israélienne de la Palestine, le développement incessant des colonies dans les Territoires occupés et l’échec des négociations de paix, un temps de fortes turbulences qui risque de se développer encore avec la poursuite du conflit. Aux divisions qui s’accentuent dans le monde catholique entre pro-israéliens s’appuyant sur le nécessaire rapprochement avec le judaïsme et pro-palestiniens vivant une solidarité de plus en plus étroite avec leurs frères chrétiens de Terre Sainte privés de liberté religieuse, viennent s’ajouter en effet trois facteurs aggravants qui conduisent  à une approche de plus en plus peureuse et paralysante du conflit israélo-palestinien.

 III – Trois facteurs aggravants

          Le premier de ces facteurs est la confusion – hélas entretenue à haut niveau dans l’Eglise catholique en France et au Vatican – qu’a créée dans les années soixante-dix le développement d’une communauté de chrétiens dits « hébraïsants » en Israël même. Majoritairement français à l’origine, ces hommes et ces femmes souhaitent vivre dans ce pays leur foi chrétienne en redécouvrant ses racines juives. Cette initiative, légitime et louable, est encouragée par plusieurs religieux dominicains qui se sont séparés de leurs frères de l’Ecole française biblique et archéologique de Jérusalem qu’ils jugent trop proche des chrétiens palestiniens. Ils fondent donc la maison Saint Isaïe. L’un d’eux, le père Marcel Dubois, enseigne la philosophie à l’Université hébraïque de Jérusalem. Un autre, le père Bruno Hussar crée la communauté Neve Shalom. Ensemble, ils soutiennent activement les nouveaux arrivants et sont bientôt rejoints, dans ce soutien, par des religieux bénédictins français qui remettent en service l’abbaye d’Abu Gosh, proche de Jérusalem. L’expérience de la petite communauté hébraïsante, intéressante en soi, aurait pu s’avérer fort utile si elle n’était pas tombée, surtout du fait de ses leaders, dans deux pièges très néfastes. Le premier a consisté à regarder de très haut, en Occidentaux donneurs de leçons, les chrétiens palestiniens et leurs Eglises, à leur reprocher leur « ringardise » sur le plan religieux et à les accuser d’un nationalisme trop violent à l’égard d’Israël. Le second a été de tomber rapidement et imprudemment dans un soutien quasi inconditionnel à la politique d’Israël. Le fossé a dès lors grandi entre chrétiens du pays et nouveaux arrivants à tel point que ces derniers ont pris le patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, comme cible, lui reprochant son manque de considération et le mettant en cause jusqu’à Rome avec l’appui de personnalités catholiques françaises.

             Le deuxième facteur est lié à la montée en puissance, dans l’opinion publique française, de la prise de conscience de la gravité de la Shoah. Légitime en soi, cette montée en puissance s’accompagnera, chez les responsables catholiques comme chez beaucoup d’autres, d’un fort sentiment de culpabilité avec les conséquences paralysantes qu’ose décrire un évêque lucide et courageux, Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi France. Parlant de l’interférence entre la relation de l’Eglise au monde juif et l’approche du conflit israélo-palestinien par cette même Eglise, Mgr Stenger écrit ceci : « Toute prise de position sur le conflit israélo-palestinien a été, pendant toutes ces années, polluée par le syndrome de la Shoah. Tout ce qui peut, d’une manière ou d’une autre, apparaître comme une prise de position contre l’Etat d’Israël est passé au crible de ce qui a été fait au peuple juif à travers la Shoah et est, de ce fait, sujet à controverse. Qu’on le veuille ou non, que ce soit légitime ou non, le poids de l’Histoire a contribué à paralyser le jugement de l‘Eglise de France sur des comportements politiques, comme si le droit à la terre, à s’en emparer par tous les moyens, était la contrepartie de la souffrance infligée au peuple juif au moment de la Shoah. »

             Bien sûr, à juste titre, Mgr Stenger n’omet pas de préciser : « Quand on parle de l’Eglise en France, il est clair qu’il ne s’agit pas de tous les chrétiens ni de tous les évêques, mais d’une tendance au sein  de laquelle il y a des exceptions. »

             Le troisième facteur est l’influence déterminante de feu le cardinal archevêque de Paris, Mgr Jean-Marie Lustiger. L’Histoire et, je l’espère, ses biographes, diront, bien entendu, le rôle fort que cette éminente personnalité a joué dans le développement - heureux -  des relations entre juifs et chrétiens mais ils ne devront pas oublier comment le cardinal a su jouer habilement de son pouvoir – qui était grand – pour que soient évités, dans l’Eglise de France, toute critique sérieuse de la politique israélienne vis à vis de la Palestine et tout appui trop marqué aux communautés chrétiennes des Territoires occupés. Sous son influence, avec l’appui d’autres évêques et d’autorités intellectuelles catholiques, Mgr Michel Sabbah a été mis en quarantaine lors de ses séjours en France et on a laissé se développer, sans vraiment réagir, une campagne insidieuse contre lui. A tel point qu’invitée par ses soins à Jérusalem pour y rendre visite aux communautés chrétiennes de Palestine, une délégation d’évêques français a préféré être hébergée dans un grand hôtel de la ville israélienne.

 IV – Les conséquences de l’attitude peureuse des responsables catholiques

             L’attitude pour le moins frileuse de l’Eglise catholique à l’égard du conflit israélo-palestinien a eu trois conséquences fâcheuses.

 • D’abord, pendant de longues années, un tarissement des pèlerinages.  « Il a fallu, dit encore Mgr Stenger, l’invitation forte des évêques en janvier 2003 pour que le flux revienne et je ne suis pas sûr que le niveau antérieur soit atteint. Ce qui pose un réel problème : la Palestine en effet est aussi notre « Terre Sainte », le lieu source pour les chrétiens, et elle constitue un fondement pour la foi. C’est l’une des raisons, en dehors des raisons de droit et de justice, pour lesquelles les chrétiens de France devraient se sentir partie prenante de l’issue du conflit. » Et d’ajouter : « On n’a guère entendu non plus l’Eglise de France prendre position sur l’internationalisation des Lieux Saints. Il y a là la perte de la vision d’un patrimoine spirituel dont la dimension n’est pas seulement géographique mais aussi historique et théologique. »

 • Le silence quasiment total des structures officielles de l’Eglise catholique sur les prises de position des chefs d’Eglises et des chefs religieux de Palestine réclamant justice et paix pour leur peuple dans de nombreux documents. Dernière illustration en date : la difficulté à faire connaître au public chrétien français le texte intitulé « Kairos Palestine » fruit d’un long travail œcuménique de théologiens palestiniens publié à Noël 2009 avec l’appui du Conseil œcuménique des Eglises.

 • Enfin l’acceptation, sans véritable réaction, de la prise en main massive de la guidance des pèlerins français sur les Lieux Saints chrétiens par des guides israéliens, sans réel souci ni de l’emploi ni de la formation des guides chrétiens du pays.

             Heureusement, ces effets négatifs sont de plus en plus corrigés par la présence active et efficace des grandes ONG chrétiennes, le CCFD-Terre Solidaire et le Secours Catholique principalement, et par celle, très précieuse, de l’Œuvre d’Orient. A quoi il faut ajouter une attention de plus en plus grande d’une partie de la presse chrétienne aux réalités palestiniennes et le développement de rencontres et de jumelages entre chrétiens des deux cultures. Sans oublier le récent Synode des évêques du Moyen-Orient qui devrait encourager les catholiques d’Occident à accompagner leurs frères d’Orient dans leur marche vers une vraie citoyenneté, condition de leur avenir.

 Jean-Claude PETIT

Président du Réseau Chrétiens de la Méditerranée

 

Ecrire un commentaire
Voir les 3 commentaires
Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 06:16

WorldWeekPeacePalestine.jpgLa Semaine mondiale pour la Paix en Palestine-Israël, initiative du Forum oecuménique Palestine-Israël (PIEF) du Conseil oecuménique des Églises, se déroulera du 29 mai au 4 juin 2011.

 

L'objectif de cette semaine de prière est d'encourager les Églises, les communautés et les personnes individuelles à rendre un témoignage commun en participant à des célébrations communautaires, à des initiatives éducatives, à des manifestations de témoignages en faveur d'une paix juste pour les Palestiniens et les Israéliens.

Au cours de cette semaine, dans plus de 20 pays sur les six continents, une grande diversité de communautés religieuses, d'organisations pour les Droits de l'Homme et pour la paix, ainsi que de croyants vont prendre part aux initiatives qui marqueront cette Semaine pour la Paix en Palestine- Israël.

Le Conseil oecuménique des Églises invite ses Églises membres, les organismes religieux ou communautaires, et toutes les personnes de bonne foi à rejoindre d'autres artisans de paix, dans leurs régions ou à travers le monde, en participant aux manifestations de cette Semaine mondiale pour la Paix en Palestine-Israël.

Pour plus de renseignements sur la Semaine mondiale pour la Paix en Palestine-Israël, et pour en avoir le programme, dans tous les pays, prière de consulter le site Web pour ces initiatives : 

www.worldweekforpeace.org

 

Vous pouvez également télécharger, utiliser et diffuser les trois documents proposés par le Conseil oecuménique des Églises pour préparer la Semaine mondiale pour la Paix en Palestine-Israël :

 

- Un document de présentation de la Semaine de prière. Cliquer ici.

- Une prière de Jérusalem proposée par les Autorités des Églises de Jérusalem. Cliquer ici.

- Une Liturgie de la Parole. Cliquer ici.

- Une série de témoignages. Cliquer ici.

- Un appel pour la Paix de Jérusalem. Cliquer ici.

 

Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires
Dimanche 8 mai 2011 7 08 /05 /Mai /2011 06:04

JerusalemArticle de Bernard Flichy, bénévole envoyé par le Secours catholique pour participer au programme EAPPI (Programme d’accompagnement œcuménique en Israël et en Palestine) du 3 octobre au 23 décembre 2010. Bernard Flichy est aussi membre du réseau Chrétiens de la Méditerranée. Publié dans la revue Projet du Ceras, édition de mars 2011.

 

L’urbanisation israélienne se fait de plus en plus agressive à l’égard des populations palestiniennes, comme en témoignent des chiffres surprenants sur la situation de Jérusalem-Est : volonté de diminuer le nombre des habitants palestiniens, quasi-interdiction de construire des logements, développement des colonies dans le « Holy Basin », réduction du caractère arabe de la vieille ville. Les chiffres sur lesquels s’appuie cet article sont publiés sur les sites de B’Tselem, centre d’information israélien pour les droits de l’homme en territoires occupés et Ir amin (« la ville des peuples »), organisation qui milite pour l’égalité entre tous les habitants de Jérusalem. Trois mois passés à Jérusalem [1], dans le cadre du programme d’accompagnement créé par le conseil œcuménique des Églises (EAPPI [2]), m’ont permis de mieux comprendre la politique actuelle de judaïsation mise en œuvre à Jérusalem-Est.

 

Avec les quatre autres accompagnateurs de mon équipe, je devais assurer une présence dans la vieille ville de Jérusalem-Est ainsi que dans les quartiers mitoyens, où se trouvent de nombreux souvenirs historiques et religieux (le « Holy Basin »). Grâce à cette présence attentive aux Palestiniens, j’ai pu rencontrer et connaître un certain nombre d’entre eux. Ils m’ont fait découvrir combien ils sont victimes d’une politique de discrimination de la part des autorités israéliennes.

 

Une politique de réduction démographique

On ne peut que constater, à Jérusalem-Est, la mise en œuvre d’une politique visant à réduire la population palestinienne. Il ne s’agit là que d’un élément de la politique démographique d’Israël à l’égard de la population d’origine de la Palestine mandataire.

 

En juin 1967, après la conquête de Jérusalem-Est et l’extension de son périmètre, les Israéliens ont procédé au recensement des habitants qui s’y trouvaient [3] et les ont dotés du statut de résidents permanents de Jérusalem et, à ce titre, d’une carte d’identité bleue, frappée au verso d’une ménorah [4]. Ce statut est transmissible à leurs enfants, dans la mesure où les deux parents en bénéficient. Ce sont les seuls Palestiniens autorisés à vivre à Jérusalem. Jusqu’en 2003, il y a eu quelques exceptions pour des cas de réunification familiale. Depuis, celles-ci sont devenues impossibles, condamnant les couples mixtes (l’un résidant à Jérusalem, l’autre étant d’origine arabe, qu’il habite la Cisjordanie ou l’étranger) à vivre séparés. En revanche, le statut de résident permanent peut être accordé à des étrangers qui ont choisi de venir vivre à Jérusalem. Il n’est pas fait de différence entre ceux-ci et les familles palestiniennes qui, bien qu’y vivant depuis des siècles, sont maintenant considérées comme des étrangers dans leur propre pays, sans aucune protection dans la mesure où ce statut est révocable.

 

Depuis quelques années, les résidents palestiniens de Jérusalem peuvent avoir à prouver que Jérusalem est leur principal lieu de vie, à savoir qu’ils y demeurent et y travaillent. À défaut, même s’ils y sont propriétaires de leur logement, ils risquent de perdre leur statut de résidents. C’est ainsi qu’en 2008, environ 5 000 palestiniens se sont vu retirer leur carte de résident, soit parce qu’ils avaient séjourné plusieurs années à l’étranger soit parce que, en raison de la pénurie de logements, ils sont contraints d’habiter de l’autre côté du mur.

 

Par ailleurs, la municipalité de Jérusalem mène une politique d’urbanisme très restrictive à leur égard et une politique de discrimination en matière d’équipement et d’investissement urbains. Les Palestiniens ne peuvent construire que sur moins de 13 % de Jérusalem-Est [5], alors qu’ils représentent 59 % de la population de cette partie de la ville. En outre, les démarches administratives pour l’obtention d’un permis de construire sont très longues, jusqu’à dix ans voire plus (il n’y a pratiquement pas de plan d’urbanisme dans les quartiers palestiniens), et onéreuses, pouvant aller jusqu’à 20 000 €. Les Palestiniens sont donc conduits à construire sans permis ou à se loger en dehors des limites de la ville, au risque de perdre leur qualité de résident permanent et ses avantages (la sécurité sociale en particulier).

Étant par définition illégales, les constructions sans permis peuvent être démolies après une décision de justice. On estime à 20 000 le nombre de logements palestiniens « illégaux » à Jérusalem-Est. En 2010, 75 d’entre eux ont été détruits et un peu plus d’une centaine, condamnés à la démolition. La démolition elle-même peut intervenir à tout moment mais, dans certains cas, elle ne se produit que plusieurs années après le jugement définitif. Parfois, des logements sont démolis avant même que l’appel du premier jugement n’ait été examiné. Faire peser l’incertitude sur l’avenir de la population est un moyen fréquemment utilisé pour la déstabiliser, avec un effet destructeur sur les enfants et les jeunes, comme je l’ai observé dans les quartiers de Al-Isawyia et de Silwan qui connaissent des démolitions. Le « contrevenant » [6] est en outre soumis à une amende et doit payer les frais de démolition, qui peuvent aller jusqu’à 12 000 €, ce qui incite les plus pauvres, à l’effectuer eux-mêmes. La formule employée par Yaqoub Odehen résume bien cette politique : « Légalité de la démolition… illégalité de la construction » [7].

 

Le nombre et la qualité des équipements publics des quartiers palestiniens sont très inférieurs à ceux des quartiers juifs. Seuls 10 à 12 % du budget municipal sont affectés aux premiers, alors qu’ils représentent 35 % de la population globale de la ville et sont soumis aux mêmes impôts. C’est ainsi que 90 % des trottoirs, des rues goudronnées et des égouts se trouvent à Jérusalem-Ouest. On y compte aussi 1 000 jardins publics, contre 45 à l’Est, 34 piscines contre 3, 26 bibliothèques contre 2. Aucune école n’a été construite pour les Palestiniens depuis des dizaines d’années. Tout est fait pour les dissuader de continuer à vivre à Jérusalem.

 

Le développement des colonies dans le « Holy Basin »

Quelques heures après la conquête de juin 1967, 135 maisons palestiniennes ont été démolies pour laisser place à l’esplanade qui est actuellement devant le Mur occidental du temple (aussi appelé Mur des lamentations), au pied du Haram al Sharif (le « noble sanctuaire » en arabe), où se trouvent le Dôme du rocher et la mosquée Al Aqsa.

Puis la reconstruction du quartier juif de la vieille ville, détruit pendant la guerre de 1948, a commencé. Sa superficie est alors passée d’un peu moins de 1 hectare à 11 hectares. En 2011, 44 ans plus tard, la volonté politique est toujours la même : augmenter la présence juive dans Jérusalem-Est agrandie. S’y ajoute aujourd’hui celle d’encercler la vieille ville au moyen de colonies qui la couperont de la Cisjordanie.

Les colonies des quartiers périphériques

Nous ne traiterons pas ici des grandes colonies qui ont été bâties sur 35 % de la superficie de Jérusalem-Est. Leur développement est resté constant, même pendant les périodes de gel de la colonisation. Elles constituent, pour ainsi dire, la grande demi-couronne qui entoure Jérusalem-Est. Il y a aussi une petite demi-couronne, constituée par les quartiers de Sheikh Jarrah, Wadi al-joz, At–Tur, Ras al Amud et Silwan. Ceux-ci ceinturent la vieille ville du Nord au Sud en passant par l’Est. C’est le « Holy Basin » où se trouvent la grande majorité des sites historico-religieux de Jérusalem. Quelques milliers de colons y habitent [8], protégés par autant de gardes privés. C’est dans ces quartiers que la pression des colons se fait le plus fortement sentir. Liés, en général, à l’extrême-droite israélienne, ils sont utilisés par les autorités municipales et nationales pour judaïser progressivement les secteurs palestiniens entourant la vieille ville. Ils pratiquent la politique du fait accompli, une technique employée depuis le début du conflit avec les Palestiniens. Ils obtiennent de la Justice, de la municipalité, et de l’État, le droit et les moyens d’expulser ou de faire démolir des bâtiments palestiniens.

Tous les moyens utilisés pour prendre le contrôle de la terre et des propriétés dans ces quartiers ont une apparence de légalité. Ainsi, l’expropriation dans l’intérêt général est utilisée pour la création de grandes colonies. La loi sur les propriétaires absents permet à l’État israélien de s’approprier les biens fonciers des réfugiés, qui en sont spoliés. Sont considérés comme propriétaires absents les Palestiniens qui n’ont pas la qualité de résidents mais qui possèdent un bien foncier à Jérusalem-Est. Cette loi est toujours applicable sans débats contradictoires et sans que les intéressés n’en soient informés par la publication des décisions de l’administration. Des résidents permanents habitant le logement d’un propriétaire prétendument absent peuvent ainsi être expulsés du jour au lendemain.

Un autre moyen consiste à acheter des biens fonciers à des propriétaires palestiniens. Cela se fait, trop souvent, au travers de moyens douteux : menaces, fausses dépositions, documents falsifiés, signatures posthumes… Des ONG israéliennes, comme B’Tselem [9] ou Ir Amim [10] en témoignent. J’ai eu, personnellement, l’occasion de le constater, tant à Sheikh Jarrah qu’à Jabal Moukhabar. Dans ce dernier cas, l’un des copropriétaires palestiniens était décédé avant la réalisation de la vente, et les signatures des autres étaient des faux.

L’utilisation de l’appareil judiciaire permet de réclamer des biens qui auraient appartenu, avant 1948, à des particuliers juifs ou à des associations juives. La loi israélienne reconnaît la validité de telles revendications, mais refuse les mêmes droits aux réfugiés palestiniens qui possèdent des biens fonciers dans ce qui est devenu aujourd’hui Israël.

L’État recourt également au transfert de biens publics d’importance historique et archéologique au bénéfice d’organisations de colons d’extrême-droite : leur but est de prouver l’ancienneté de la présence juive dans ce quartier situé au pied de la mosquée Al Aqsa. Les fouilles qu’elles mènent négligent, quand elles ne les détruisent pas, les traces des autres civilisations qui les ont précédées ou suivies [11], comme à Silwan.

Ces colons tiennent un discours à la fois nationaliste et religieux traditionaliste. Ils veulent re-judaïser le pays, en commençant par Jérusalem. Soutenus par les partis de la droite israélienne, ils sont en fait le bras caché de l’État qui, par l’intermédiaire de différents ministères et de la municipalité de Jérusalem, les subventionne, les protège juridiquement et militairement.

 

La volonté de réduire le caractère arabe de la vieille ville

Il y a encore quelques années, à l’exception de juifs orthodoxes se hâtant de rejoindre le Mur occidental, des patrouilles de soldats et de quelques colons, on ne rencontrait aucun Israélien dans la vieille ville. Ils avaient peur de s’y promener. Aujourd’hui, leur présence est devenue banale. Ils fréquentent les cafés, les boutiques et s’y comportent quasiment comme s’ils étaient chez eux. À l’entrée de la vieille ville, porte de Jaffa, se trouvent une grande ménorah et un centre d’information juif. Le premier panneau indiquant le Saint-Sépulcre est écrit en toutes les langues, y compris en hébreu, mais pas en arabe. Si cette partie de la ville n’était pas occupée depuis le mois de juin 1967, le fait que des Israéliens juifs [12] se promènent, pacifiquement, dans un quartier arabe pourrait sembler normal. Or ils organisent, tous les jeudis d’octobre, dans le quartier chrétien, une sorte de festival théâtral, avec des comédiens israéliens déguisés en chevaliers ou troubadours. Une foule de plusieurs milliers de juifs, en général non religieux, envahit alors le quartier. Lors du soir de la nouvelle lune, une partie de la vieille ville est interdite aux Palestiniens. Plusieurs centaines de soldats sont déployés à cet effet. Ils font fermer les boutiques à 18 h et interdisent aux Palestiniens de circuler pour laisser la place à une procession d’un millier de juifs, dont beaucoup de jeunes. Ils manifestent pour la construction du 3e temple, à l’emplacement de ce qu’ils estiment être celui du 2e temple. Cette construction supposerait, bien évidemment, la destruction du Dôme du Rocher et de la mosquée Al Aqsa [13]. Les fouilles, plus ou moins sauvages, entreprises à proximité, ne font que renforcer les craintes de la population musulmane à ce sujet.

Il y a encore peu de temps, pour se rendre au Mur occidental, les sections de soldats arrivaient par le quartier juif ou par la porte des Maghrébins (la porte la plus proche du Mur occidental). Beaucoup descendent, maintenant, à travers les quartiers arabes de la vieille ville.

 

Il faut ajouter à tout cela les dizaines de colons de plus en plus visibles, accompagnés de gardes civils armés, qui habitent les colonies de la vieille ville. Il y a aussi, en plein quartier musulman, une nouvelle synagogue, des yeshivot [14], sans oublier plusieurs postes de police israéliens. Les drapeaux israéliens fixés sur les colonies sont de plus en plus grands. Comme à Hébron, les Palestiniens dont les habitations sont surplombées par des colons sont obligés de poser des grillages au-dessus de leur cour pour se protéger des immondices lancées par ces derniers. Tout ceci s’inscrit dans une continuité historique. Les autorités israéliennes, qui ont succédé aux autorités juives d’avant le 14 mai 1948 [15], poursuivent une politique du fait accompli,devant laquelle la communauté internationale, après avoir protesté, finit par s’incliner.

 

Quelques rappels historiques

Le plan de partage de la Palestine mandataire voté par l’ONU le 29 novembre 1947 prévoyait de faire de Jérusalem un Corpus separatum. L’offensive victorieuse israélienne en a décidé autrement. En 1948, la ville a été divisée entre l’Ouest, vidé de sa population arabe palestinienne et judaïsé, et l’Est (dont la vieille ville) qui, vidé de la population juive, est resté arabe. Le nombre de réfugiés arabes a dépassé les 70 000, contre quelques milliers de réfugiés juifs. En juin 1967, la ville Est, qui atteignait 6 km2, a été conquise puis agrandie par l’annexion de 28 villages palestiniens (soit 64 km2), pour être réunifiée avec la ville Ouest (38 km2). Une des premières mesures a été de raser les maisons palestiniennes et la mosquée qui se trouvaient devant le Mur occidental du Temple, pour permettre la construction de l’esplanade que l’on peut voir actuellement. 650 Palestiniens ont été ainsi expulsés. Peu après, la reconstruction du quartier juif a commencé, sur une superficie considérablement accrue, entraînant d’autres destructions.

Dès le début de l’occupation en 1967, le facteur démographique est devenu très important dans la politique israélienne. Le découpage des nouvelles limites du « grand Jérusalem » a été fait en appliquant, le plus possible, le principe de prendre la terre sans les hommes. D’où un découpage de villages annexés et la prise de terres agricoles, comme à Beit Hanina au nord, et à Bethléem et Beit Jala au sud. Il fallait que le plus grand nombre possible de juifs s’y établissent dans les meilleurs délais afin que la communauté internationale soit amenée à reconnaître le « fait accompli » de cette occupation. Ben Gourion, après la Guerre des six jours, déclarait : « À n’importe quel prix, nous devons amener des juifs dans Jérusalem-Est, et ce, dans un laps de temps très court, même s’ils doivent habiter dans des cabanes » [16]. De ce fait, un peu plus d’un tiers de la ville Est agrandie a été expropriée. Des dizaines de milliers de logement y ont été construits : 46 978 à la fin de 2001 [17], beaucoup plus de 50 000 à ce jour. Un peu moins de 200 000 juifs y sont logés.

 

Dans les années 1980, s’ajoutant aux précédentes expropriations, les grandes lignes d’un plan d’urbanisme ont mis en réserve foncière près de 40 % de Jérusalem-Est, entre autres dans le but d’y aménager des parcs nationaux. Après la prise en compte de la surface nécessaire à certains équipements publics, il n’est resté que 13 % sur lesquels les Palestiniens résidents de Jérusalem ont le droit de construire. Ce sont, en général, des quartiers déjà urbanisés.

En dépit de cette politique et de l’arrivée massive de colons, la population palestinienne représentait encore 35,2 % des habitants en 2008 (contre 28 % en 1967). Ils auront probablement dépassé les 40 % vers 2020. Ces chiffres expliquent la très forte volonté actuelle de renforcer le caractère juif de la ville. En effet, à chaque nouvelle perspective de négociations réapparaît le spectre des « paramètres Clinton », qui prévoyaient un partage de Jérusalem tenant compte de la répartition de la population.

 

L’occupation et l’annexion de Jérusalem-Est ont été condamnées par les résolutions 242, 446, 452 et 465 du Conseil de sécurité de l’ONU. Elles sont également contraires à la 4e Convention de Genève. La judaïsation de Jérusalem-Est est sans doute un des obstacles majeurs à la solution du drame israélo-palestinien. Israël veut en faire sa capitale unifiée et éternelle, sans se soucier des droits de ses habitants palestiniens, victimes d’un « apartheid » qui n’ose pas dire son nom.

 

Notes

1 Du 3 octobre au 23 décembre 2010.

2 Site de l’EAPPI, Programme d’accompagnement œcuménique en Israël et en Palestine.

3 Quant à ceux qui avaient fui les combats en 1967, ils sont allés grossir la masse des réfugiés de 1948.

4 Ce chandelier à sept branches des Hébreux est aussi l’emblème de l’État d’Israël [ndlr]. Les autres Palestiniens des territoires occupés par Israël ont une carte d’identité verte dont Israël contrôle indirectement l’attribution en surveillant les registres d’état civil palestiniens.

5 La densité dans les quartiers juifs est deux fois plus faible que celle des quartiers palestiniens : 23,8 m2 par habitant juif contre 11,9 m2 par habitant palestinien.

6 Celui-ci ne se sent pas en faute car il estime, à juste titre, qu’il vit en territoire occupé.

7 Cf. l’étude Agressive Urbanism (décembre 2009) sur le site internet de Civic Coalition for Defending Palestinians’ Rights in East Jerusalem.

8 Il y a environ 200 000 colons implantés à Jérusalem-Est dans la « grande couronne ».

9 Cf. le rapport en anglais de B’Tselem, « By Hook and by Crook », juillet 2010.

10 Site en anglais de Ir amin.

11 Cf. le rapport en anglais d’Ir amin « Shady Dealings in Silwan », mai 2009.

12 20 % de la population israélienne est arabe. Ce sont les Palestiniens d’Israël, descendants de la population restée sur place en 1948.

13 Construite au VIIe siècle, la mosquée Al Aqsa est la plus grande de Jérusalem et fait partie, avec le Dôme du Rocher, d’un ensemble de bâtiments religieux construit sur l’esplanade des mosquées (Haram al-Sharif), troisième lieu saint de l’islam, après La Mecque et Médine, qui peut accueillir plusieurs centaines de milliers de personnes [ndlr].

14 Une yeshiva (yeshivot au pluriel) est un centre d’étude de la Torah et du Talmud dans le judaïsme orthodoxe, généralement dirigée par un rabbin et exclusivement destiné aux hommes.

15 C’est la date de la proclamation de l’État d’Israël.

16 Texte cité par Meir Margalit, Seizing Control of Space in East Jerusalem, Jérusalem, Sam Blat, 2010.

17 Ces chiffres sont ceux de B’Tselem.

Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires
Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 06:08

Jérusalem 2Une mise en présence de l’occupation

Par Vicki Gray le 30 mars 2011  (Service d’information de l’Église épiscopalienne des USA). Source Les Amis de Sabeel France

 

Je viens de rentrer d’un pélerinage de deux semaines en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, mon troisième voyage dans la région. Cela a été accablant au plan émotionnel.

J’ai fait ce voyage en compagnie de quelques 30 personnes de Californie du Nord, membres des Amis de Sabeel d’Amérique du Nord. Sabeel est un groupe œcuménique de théologie de la libération de Chrétiens palestiniens. À la tête du groupe, basé à Jérusalem, le Rev. Naim Ateek, prêtre de l’Église épiscopalienne, diplômé de de la Church Divinity School du Pacifique.  

Notre voyage a été un peu différent des pélerinages courants en Terre Sainte. Le pèlerin courant prend un vol pour l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, emprunte un bus israélien pour remonter la côte vers la Galilée qu’il traverse jusqu’à Nazareth et Capharnaum puis il descent la vallée du Jourdain et monte à Jérusalem à travers le désert de Judée. De tels pèlerins voient quantité de lieux saints, mais ne rencontrent pas un seul Palestinien et reviennent avec la même vision partiale d’Israël/Palestine qu’ils ou elles avaient au départ.

Notre pèlerinage, cependant, avait pour objectif de connaître la vérité de la situation actuelle en Israël/Palestine pour en témoigner.

À cette fin, nous avons voyagé depuis le Mont Hermon sur les Hauteurs du Golan occupées, où nous avons rencontré des villageois druzes séparés de leurs familles en Syrie, jusqu’au désert du Negev dans le sud d’Israël où des habitants de villages bédouins luttent pour préserver leurs maisons de la démolition.

Et à travers toute la Cisjordanie nous avons été témoins de souffrances à chaque détour du chemin – les boutiques aux volets fermés d’Hébron, celles vides de Bethléem, les cultivateurs de Qalqilya et de Jayous séparés de leurs champs, les rues mornes des camps de réfugiés, les blessures encore ouvertes des massacres d’il y a une décennie à Jenin, la puanteur des grenades lacrymogènes à Bil’in. Et partout, les brillantes colonies blanches au sommet des collines, où résident un demi million de colons israéliens, la myriade de postes de contrôle et le spectacle infamant d’un mur de 8 mètres de haut. La souffrance était peut-être plus profonde dans les quartiers de Jérusalem Est où nous avons rencontré des Palestiniens dont on démolissait les maisons à Silwan et à Sheikh Jarrah, où des Palestiniens âgés vivaient sous une tente à côté de leur maison occupée maintenant par de jeunes religieux extrémistes israéliens. Même les morts, avons nous appris, étaient spoliés. Dans le cimetière musulman de Mamilla – en face du consulat américain – des tombes étaient profanées pour faire place à un “Musée de la Tolérance” à financement américain.  

Mon sentiment de profonde tristesse et d’indignation morale a été merveilleusement tempérée par notre rencontre avec de jeunes Palestiniens et Israéliens. Chez les premiers – depuis notre jeune hôte dans le camp de réfugiés d’Arbour jusqu’à l’exubérant acteur du Théâtre de la Liberté de Jenin, jusqu’au cher Lubna, un futur dirigeant d’une Palestine vraiment libre – l’espoir qu’ils trouvaient dans le Réveil Arabe qui se répand dans le Moyen Orient était absolument contagieux. Il en était de même aussi de l’espoir que j’ai trouvé chez de jeunes Israéliens qui refusent de vendre leurs âmes pour un mythe patriotique – les aînés des lycées affrontant la prison en refusant la conscription, les enfants juifs de Solidarité Sheikh Jarrah montant un spectacle de marionnettes pour des petits Palestiniens expropriés, et Michal qui, dans un bus au Negev, à la question de savoir si le mot “apartheid”était approprié, répondit :  “Il est temps de dire que c’est la réalité”

 Oui, il en est temps.

 Le Rev. Vicki Grey, fonctionnaire des Affaires Étrangères en retraite, est diacre dans l’Église Épiscopale du Christ Seigneur (Christ the Lord) à Pinole, Californie.

Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés