Bruxelles menace de sanctions les pays n’accueillant pas de réfugiés – OLJ

La Commission européenne a durci le ton hier face aux États membres de l’UE, en menaçant de sanctions ceux qui refusent d’accueillir des réfugiés, tout en appelant à durcir les mesures nationales contre les migrants économiques.
« Il y va de notre devoir de pouvoir affirmer clairement, aux migrants, à nos partenaires dans les pays tiers et à nos concitoyens, que si des personnes ont besoin d’aide, nous les aiderons, sinon, elles doivent rentrer », a insisté le vice-président de la Commission, Frans Timmermans. L’exécutif européen « n’hésitera pas » à lancer des procédures d’infraction contre les pays refusant d’accueillir des demandeurs d’asile depuis l’Italie et la Grèce, a prévenu devant la presse le commissaire chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos.
Quelque 13 500 demandeurs d’asile ont pour l’heure été « relocalisés » depuis la Grèce et l’Italie, alors que les autres pays européens s’étaient engagés en septembre 2015 à en répartir jusqu’à 160 000 en deux ans. Ce plan, réservé aux migrants ayant le plus de chances d’obtenir un statut de réfugié, visait à la fois à montrer la solidarité de l’UE avec ceux qui fuient la guerre et à soulager l’immense pression sur Athènes et Rome. Pourtant, la Hongrie, l’Autriche et la Pologne « refusent toujours de participer au programme », tandis que d’autres « n’y prennent part que dans une mesure très limitée », a déploré la Commission. Ce même accord a considérablement fait chuter les arrivées en Grèce, avec des « traversées quotidiennes entre la Turquie et les îles grecques qui sont passées de 10 000 personnes par jour en octobre 2015 à 43 par jour aujourd’hui », selon la Commission. « Il n’y a plus d’excuses » pour les États membres, a insisté M. Avramopoulos.
Bruxelles a aussi présenté hier un « plan d’action » pour renvoyer de manière beaucoup plus systématique les migrants économiques. La Commission demande notamment aux États membres de raccourcir « les délais de recours » contre les décisions de retour. Elle a pressé tous les membres à placer « en rétention les personnes auxquelles une décision de retour a été signifiée ». Les centres de rétention ne doivent pas « être considérés comme quelque chose ressemblant à des camps de concentration, ce qui serait très éloigné de nos principes », s’est défendu M. Avramopoulos.
(Source : AFP)