Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 06:03

Michel DubostC'est la onzième année que se réunit la Coordination Terre Sainte pour soutenir les communautés chrétiennes locales. Le site du Patriarcat Latin de Jérusalem publie l'interview vidéo de l'un des fidèles membres de cette coordination, Mgr Dubost, évêque français du diocèse d"Evry.

 

Un communiqué de presse publié à l'issue de la tournée de la coordination dans la région est également consultable ici.

 

 

 

1/ Les échanges de la Coordination Terre Sainte ont-ils été influencés cette année par le Printemps arabe ?

 

Bien sûr. L’actualité fait que tout ce qui était stable semble beaucoup moins stable aujourd’hui. Et ce qui m’a frappé c’est qu’au fond, que ce soit ici ou dans le monde arabe, ou bien même en Occident, ce Printemps pose des questions que nous nous ne posions pas trop :

 

- La question de l’aide : nous avons aidé des gouvernements qui étaient dictatoriaux en pensant que ça donnerait de la stabilité, de la sécurité. Mais qu’est ce que la sécurité, la vraie sécurité ? La sécurité consiste-t-elle à ce que les peuples ne puissent pas bouger ? Mais on s’aperçoit que ça bouge quand même.

 

- On s’est posé aussi un certain nombre de questions nouvelles ou anciennes sur ce qu’est la démocratie. Et ici plus particulièrement se pose la question de l’environnement démocratique du pays de Terre Sainte et de savoir ce qui va arriver. Il est clair que le Printemps arabe a déchaîné, a « enlevé des chaines » à des groupes qui étaient jusqu’ici marginaux et qui semblent maintenant avoir une place importante. Mais est-ce que ceci est pour un temps ? Ou est-ce que ceci est pour longtemps ?

 

2/ Quels sont les apports concrets de vos discussions et conférences pour l’église locale de Terre Sainte ?

 

Pour le moment nos échanges ont apporté quelque chose qui est simple et qu’il faut toujours renouveler : c’est le Christ qui donne sa paix. Et nous croyons cela profondément. Et nous croyons que ceci peut avoir un impact social voire politique. Et au fond, ce que nous sommes venus dire à nos frères des différentes communautés catholiques locales, c’est que tous les chrétiens, en particulier tous les catholiques du monde, les assurent de leur support et de leur aide. Cela est très important. Hier par exemple nous étions avec Mgr Chacour (ndlr : évêque melkite de Galilée) et nous avons réalisé l'importance de soutenir l’église melkite, tout comme les maronites que nous avons rencontré ensuite. C’est essentiel que chacun se sente à la fois dans l’unité et dans le respect les uns des autres. Si nous faisons cela ensemble, ici, alors à mon avis les chrétiens peuvent apporter quelque chose à la paix. Car ils ne veulent ni la violence, ni la force, ni même des avantages inconsidérés.

 

3/ Que retenez-vous pour l’Eglise de France de vos rencontres avec les communautés locales ?

 

Déjà, il ne faut pas que nous nous sentions toujours en donneur de leçons mais il faut aussi que nous arrivions à en recevoir. Et quand je vois les chrétiens d’ici, les chrétiens de Gaza, j’ai envie de recevoir leur dynamisme, leur force et leur courage de témoigner à temps et à contretemps de leur foi. Et aussi de recevoir leur volonté d’éduquer les jeunes. J’ai été très frappé de voir que le message qu’ils ont à nous donner c’est de faire attention à l’éducation et à la formation. Il y a des difficultés en Terre Sainte, c’est un monde difficile, mais c’est un monde qui essaye de vivre et ça c’est très bien.

 

Propos reccueillis par Amélie de La Hougue

 

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