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CHRETIENS DE LA
MEDITERRANEE
DIALOGUE ET SOLIDARITE ENTRE LES CHRETIENS D'ORIENT ET D'OCCIDENT Chroniques Moyen Orient Maghreb Christianisme arabe Publications |
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Dans une église d’Algérie qui a vu le nombre de chrétiens décroître fortement ces
dernières décennies, Mgr Ghaleb Moussa Abdallah Bader témoigne que « l’Eglise sera toujours l’Eglise : elle ne dépend pas des chiffres ». Mais il déplore l’effet sur les activités de l’Eglise de
la loi de 2006 qui restreint ses possibilités d’engagement, sa liberté religieuse. L’évêque évoque également ses « très bonnes relations » avec le ministère des Affaires religieuses. Une
interview publiée le 5 décembre dernier par le site Zenit.org.
Les propos de l’archevêque d’Alger ont été recueillis par Mark Riedemann, pour l'émission télévisée « Là où Dieu pleure », du Réseau catholique de radio et de télévision (Catholic Radio and Television Network, CRTN), en collaboration avec l'association internaitonale: “Aide à l'Eglise en Détresse” (AED).
Mark Riedemann - Vous êtes le premier archevêque arabe en Algérie après une suite de hiérarchie française. Est-ce que le peuple a senti que vous comprendriez mieux la culture?
Mgr Ghaleb Moussa Abdallah Bader - C’était l’intention de l’Eglise, comme un signe de respect envers ce pays arabe. La nomination d’un Arabe après une période de Français était une réponse aux évolutions qui étaient en cours dans cette Eglise. Oui, l’Eglise a été un moment dirigée par les Français, mais ils sont à présent une minorité dans laquelle 40% sont Africains, étudiants ou immigrants. Le reste sont des chrétiens d’Europe, d’Amérique latine et d’Amérique du Nord.
Quelle a été la réaction du gouvernement local?
Lire la suite de l'interview sur le site de Zenit.org.
Nous publions également ci-dessous l'article de
lavie.fr publié le 05/12/2011 et intitulé
"Passe d'armes en Algérie entre le gouvernement et les chrétiens" par Natalia Trouiller :
Alors que le gouvernement vient de reconnaître enfin l'Eglise protestante d'Algérie (voir l'interview de Mustapha Krim par Henrik Lindell), les chrétiens algériens sont malgré tout toujours des citoyens de seconde zone. En cause: la loi du 20 mars 2006, dont l'archevêque d'Alger, Mgr Ghaleb Bader, a récemment demandé l'abrogation.
ALGERIE: LA LOI DE 2006 NE SERA PAS AMENDEE
C'est en tout cas ce qu'a affirmé le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs (donations à caractère religieux, NDLR) d'Algérie, à l'occasion d'une question orale posée lors d'une séance plénière de l'Assemblée populaire nationale. "Les chrétiens exercent librement leur culte dans un cadre réglementé. Ils peuvent s'organiser en associations pour collecter des fonds et construire des églises. Tous les citoyens sont égaux devant la loi". Le directeur de l'orientation religieuse de son ministère, Mohammed Aissa, a lui haussé le ton: "[Certaines associations chrétiennes] se croient au-dessus de la loi algérienne. Des mesures ont été prises à l’égard de ces églises au même titre que les mesures prises à l’égard de mosquées ouvertes sans autorisation, dont 42 à Alger. Ces églises, soit elles se conforment à la réglementation en vigueur, soit elles sont fermées. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas de vraies églises. Cela doit être dit. Il s’agit de pizzerias, d’étages dans des immeubles à caractère administratif, des habitations orientées vers l’exercice du culte". Et de brocarder l'archevêque d'Alger, Mgr Ghaleb Bader, qui a récemment demandé dans la presse algérienne l'abrogation de la loi de 2006 qui sert souvent de prétexte sur le terrain pour entraver les activités chrétiennes: "Toutes les associations à caractère cultuel d’obédience chrétienne considèrent que cette loi est bénéfique à l’organisation du culte en Algérie. Mgr Bader considère que son cheval de bataille est d’amender cette loi. Je dirai que les lois en Algérie se créent par l’Assemblée populaire nationale. Et ceux qui veulent changer les lois n’ont qu’à se faire élire au Parlement pour changer les lois qu’ils veulent. Les lois ne se changent pas par l’avis d’une personne ou d’une autre sur la base d’avis émis de l’étranger". Pourtant, Mgr Bader est loin d'être isolé: Mustapha Krim, le président de l'Eglise protestante d'Algérie, demande la même chose depuis toujours (>>voir sur Lavie.fr son interview par Henrik Lindell)
> Cette ordonnance de 2006, prise à l'époque dans le but de donner des gages aux islamistes, que dit-elle? On peut la trouver sur la toile: parmi les dispositions qu'elle prévoit, celle-ci: "Est puni d’un emprisonnement de deux ans à cinq ans et d’une amende de 500.000 DA à 1.000.000 DA quiconque : 1 - incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion, ou en utilisant à cette fin des établissements d’enseignement, d’éducation, de santé, à caractère social ou culturel, ou institutions de formation, ou tout autre établissement, ou tout moyen financier, 2 - fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou métrages audiovisuels ou par tout autre support ou moyen qui visent à ébranler la foi d’un musulman".
Et pour compléter ce tour d'horizon de la situation des chrétiens en Algérie, cet article du quotidien algérien Liberté (le 3 décembre) intitulé : le gouvernement revoie sa copie sur la liberté de culte. “Les chrétiens peuvent construire des églises en Algérie”
Par : Nadia Mellal
La sortie du ministre des Affaires religieuses, faite jeudi en marge de la séance de questions orales à l’APN, se veut une réponse aux propos de l’archevêque d’Alger qui dénonçait des entraves faites à l’exercice du culte chrétien.
“Les chrétiens peuvent s’organiser en associations pour collecter des fonds et construire des églises.” Cette déclaration est du ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Bouabdallah Ghlamallah.
Intervenant jeudi dernier, en marge d’une séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN) consacrée aux questions orales, le ministre a fait cette déclaration en réponse aux voix qui se sont levées ces derniers temps pour évoquer le manque de lieux de culte réservés aux chrétiens en Algérie.
Questionné, en outre, par les journalistes à propos des critiques émises par l’archevêque d’Alger, Abdallah Ghaleb Bader, à travers les médias contre le décret sur l’exercice des cultes en Algérie, le ministre des Affaires religieuses a répondu en annonçant l’existence “entre 12 et 15 églises qui activent dans la clandestinité en Algérie”.
Le membre du gouvernement n’a pas manqué, à cette occasion, de démentir l’existence de restriction à l’encontre des chrétiens en Algérie. Il fera observer à ce propos que “les chrétiens exercent librement leur culte dans un cadre réglementé”, avant de préciser : “Tous les individus sont égaux devant la loi.”
Dans ce cadre, il évoquera l’existence de sanctions prévues par la loi “contre toute atteinte aux cultes”. Par ailleurs et à l’occasion de la séance plénière, le ministre a répondu aux questions des députés. À une question d’un député du Mouvement pour la société de la paix (MSP) sur la nécessité pour l’Algérie de renouer avec son rôle pionnier dans le monde arabo-musulman par l’organisation de manifestions d’envergure telles que “le séminaire sur la pensée islamique”, le ministre a expliqué que “l’Algérie a adopté un nouveau procédé pour diffuser la tolérance religieuse et consacrer la modération par l’organisation de manifestations internationales qui regroupent les meilleures compétences”.
Des approches conjointes ont été développées avec les pays du Maghreb et du monde islamique pour organiser des rencontres visant à dénoncer l’extrémisme, a précisé le ministre, annonçant l’organisation, pour la première fois en Algérie, d’une session de l’Académie de la pensée islamique. Dans ce cadre, le ministre des Affaires religieuse ne manquera pas de faire une remarque au député, auteur de la question. “Il ne faut pas vivre dans la nostalgie du passé, les séminaires sur la pensée islamique, en dépit de leur importance, n’ont pu préserver une génération entière du terrorisme sauvage ni de l’extrémisme.”
Par ailleurs et en réponse à une autre sollicitation à propos des conditions de déroulement du hadj 2011, le ministre a indiqué que “l’opération s’est très bien déroulée”, balayant d’un revers de la main les informations rapportées par certains titres de la presse sur la protestation de hadjis algériens contre les conditions de leur séjour au hadj.
Le ministre précisera, dans ce cadre, que “l’évaluation définitive de l’opération aura lieu une fois que la commission du hadj aura remis son rapport comme chaque année”. Questionné tout autant à propos des bénéficiaires des fonds de la zakat, le membre du gouvernement a expliqué que pour l’année 2011, “ils étaient près de 3 000 à en avoir bénéficié par le biais de
68 projets”.
Interrogé, en outre, à propos du statut des commissions de mosquées, le membre du gouvernement a indiqué qu’“elles ne sont pas régies par la loi sur les associations, leur champ d’activité se limitant à la mosquée”.
NADIA MELLAL
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