Algérie : en colère, les magistrats menacent

Le Syndicat des magistrat algériens s’érige contre ce qu’il appelle une campagne médiatique féroce menée par certaines parties contre le pouvoir judiciaire et met en garde.

En Algérie, le Syndicat national des magistrats hausse le ton, s’insurgeant contre la « campagne médiatique féroce » menée par certaines parties contre le pouvoir judiciaire. Mieux, il met en garde les pourfendeurs patentés qu’il compte « recourir à tous les moyens légaux pour répliquer ».

Les affaires déférées devant la justice, notamment celles de la chaîne de télévision KBC, le rachat d’El Khabar par Ness Prod ou encore la condamnation du journaliste freelance Mohamed Tamalt à deux ans de prison, voire encore celle du général Hocine Benhadid qui a passé 10 mois en prison sans jugement, ont poussé les Algériens à dénoncer une institution sous le joug de l’Exécutif. Plusieurs ONG et associations luttant pour la liberté de la presse ont en effet dénoncé l’instrumentalisation de la justice pour museler la presse et la liberté d’expression.

Face à l’opinion qui a dénoncé les nombreuses dérives de l’institution, constatées ces derniers mois, les magistrats menacent, dans un communiqué publié dimanche. « Face à ces dérapages graves, le syndicat se réserve le droit de recourir à tous les moyens légaux comme celui de se constituer partie civile pour répliquer et défendre l’ensemble des membres de l’institution judiciaire ».

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Pour le Syndicat qui dénonce « une ingérence flagrante dans le travail de la justice et un outrage à l’encontre des membres du pouvoir judiciaire (…), estimant même qu’il s’agit là « d’actes criminalisés par la loi », « l’indépendance de la magistrature n’est pas un tremplin pour réaliser des fins politiques ou politiciennes et des fins personnelles mais un principe fondamental ».

Le Syndicat des magistrats, qui parle de suprématie de la loi, de légalité et de l’Etat de droit…, conseille que « les prérogatives du pouvoir judiciaire et des magistrats s’inspirent de la Constitution et des lois de la République. Se conformer à la légalité juridique à travers la justice concernant toutes les questions fondamentales et décisives, reste le seul moyen d’imposer la suprématie de la loi, d’éviter le chaos et les dérapages et de réaliser l’égalité de tous devant la loi ».

MALICK HAMID