Bloc Notes de Jean-Claude Petit : Acteurs de paix, porteurs d’espérance

 

Acteurs de paix, porteurs d’espérance

 

  le Bloc-notes de Jean-Claude Petit

 

Depuis une dizaine d’années, membres et amis de Chrétiens de la Méditerranée, nous nous efforçons, seuls ou en groupes, d’être des acteurs de paix. Dieu sait si, en la matière, les défis sont multiples. Or voici que, tout autour de nous, s’en profile un nouveau, peut-être plus redoutable encore à relever : je veux parler du défi de l’espérance dans un univers de plus en plus troublé, de plus en plus inquiet, qu’il soit proche ou lointain. Vous m’objecterez, à juste titre, que la situation du monde, si chaotique soit-elle, n’est pas un sujet majeur de la campagne présidentielle. Précisément, voilà bien ce qui me préoccupe et me scandalise quand, par ailleurs, j’entends le nouveau Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterrez – un grand homme de paix – dire haut et fort : « Le monde a changé : il est plus dangereux. » Et la France, une nouvelle fois concentrée sur son nombril, n’en aurait cure ! Allons donc ! Lequel ou laquelle d’entre nous ne porte pas en lui aujourd’hui un sentiment mêlé d’inquiétude et de peur ?

 

Quand le présent est à ce point porteur de violences en tous genres, de la multiplication des conflits au retour des famines et de la torture, de la remontée, à nos portes, des nationalismes, des populismes et des dictateurs, et quand l’avenir devient incertain, à notre mission citoyenne d’acteurs de paix s’ajoute celle d’être des porteurs d’espérance.

L’espérance ! Un homme a su en être un témoin majeur dans le monde à travers les nombreuses missions de paix que les papes lui ont confiées : je veux parler de notre cher cardinal Roger Etchegaray, aujourd’hui en retraite dans son Pays basque natal. Voici ce qu’il en écrivait en 2012 dans L’homme à quel prix ? : « L’espérance ne se distribue pas comme un colis de vivres. L’importance n’est pas ce que nous en disons, mais ce que nous en vivons au creux de notre vie entière. » (1)

Pour nous aider à être, en même temps qu’acteurs de paix, les porteurs de celle que le père Etchegaray appelle « l’infatigable espérance », deux fois par mois, dans la suite de ce bloc-notes, nous laisserons la parole à des personnalités amies qui nous confieront “leur regard sur le monde”. Merci à Paul Malartre, ancien directeur national de l’Enseignement catholique, et aujourd’hui président des Amis de La vie d’ouvrir la route. Avec sa tribune « Besoin de prophètes ».

 

Jean-Claude Petit

 

  • L’homme à quel prix ?, Editions de la Martinière, septembre 2012