Le Monde Arabe

Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 05:14

Présentation d'un projet de réformes, au Maroc. Des assises inédites de la société civile, en Algérie. Ben Ali bientôt jugé en Tunisie... Six mois après, le point sur le Printemps arabe. Rédaction de Témoignage Chrétien

Maroc 

Vendredi 17 juin, Mohammed VI a présenté son projet de réformes aux marocains. Les derniers face-à-face entre les manifestants et la police ont eu lieu fin mai. Le 29, des dizaines de personnes ont été blessées à Casablanca, après que la police marocaine ait dispersé à coups de matraque plusieurs centaines de jeunes du « Mouvement du 20 février ». Ceux-ci souhaitaient manifester pour réclamer des réformes politiques et constitutionnelles, ainsi qu'une limitation des pouvoirs du roi Mohammed VI.

Ce jour-là, à Tanger, au nord du Maroc, la police a également dispersé plusieurs dizaines de manifestants du « Mouvement du 20 février » dans un quartier populaire. Les autorités considèrent ces manifestations comme non autorisées.

Le 9 mars, le roi avait annoncé d'importantes réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre. Mais ces annonces avaient été jugées insuffisantes par les manifestants.

Syrie

La violente répression se poursuit en Syrie où des manifestations hostiles au président Bachar Al Assad ont lieu quotidiennement. Le bilan des victimes s’élèverait à 1 300 morts et 10 000 personnes auraient été arrêtées depuis les premières manifestations, le 15 mars dernier à Damas. La population demandait alors « une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence ni tribunaux d'exception ».

Faisant état d'exécutions sommaires, d'arrestations massives et «arbitraires» et d'un usage «excessif» de la force et de la torture, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU (CDH) a dénoncé, mercredi 15 juin, la répression impitoyable de la révolte populaire pour la démocratie en Syrie. Les militants des Droits de l'homme s'alarment aussi des mouvements de population.

Les pays voisins de la Syrie sont de plus en plus solicités par les réfugiés : plus de 8 500 Syriens dont une majorité de femmes et de enfants ont cherché à gagner la Turquie, qui a installé quatre camps à la frontière. Et 10 000 autres fugitifs sont rassemblés du côté syrien de la frontière, espérant être autorisés à se rendre en Turquie.

L'émissaire du président Bachar al Assad en Turquie, Hassan Tourkmani, rencontre, depuis le début de la semaine, des membres du gouvernement turc. Après une entrevue avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, mercredi 15 juin, il devait voir aujourd'hui, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. Ce dernier devait, selon les médias turcs, lui demander l'arrêt de la répression.
 
 

Yémen

Hospitalisé en Arabie saoudite après une attaque le 3 juin contre son palais à Sanaa, le président yéménite Saleh a fait savoir, mardi 14 juin, qu'il se portait bien.

Son absence a ouvert la perspective d'une possible relance de l'accord de transition, élaboré par les monarchies du Golfe et dont la mise en oeuvre a été bloquée fin mai par le refus de signer du chef de l'Etat. Cet accord, élaboré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) avec l'aide des Etats-Unis et de l'Union européenne, prévoirait la formation d'un gouvernement de réconciliation par l'opposition et la démission, un mois plus tard, de M. Saleh. En échange, celui-ci bénéficierai d'une immunité pour lui-même et ses proches. Une élection présidentielle aurait lieu dans les 60 jours suivant.

Mais, mardi 14 juin, les « Jeunes de la Révolution », opposés à cette immunité, ont répété que le président Saleh et les dignitaires du régime devraient être jugés. Ils ont aussi appelé les monarchies du Golfe à soutenir la formation d'un Conseil intérimaire pour assurer une transition pacifique du pouvoir dans le pays.

Sous pression, le vice-président Mansour Hadi avait rencontré, la veille, des représentants de l'opposition parlementaire et les deux parties ont convenu de calmer la situation en attendant de relancer le processus politique.
 

Jordanie

Le roi Abdallah II a discuté mardi 14 juin avec des Jordaniens âgés de 20 à 30 ans et originaires des 12 provinces du pays, dont Tafila, où des jeunes en colère avaient lancé, la veille, des pierres et des bouteilles sur des policiers antiémeute.

En acceptant l'idée de former les futurs gouvernements avec des parlementaires élus, le roi acquiesce à l'une des principales demandes des manifestants mobilisés depuis six mois. Il a ensuite ajouté qu'il faudrait deux ou trois ans pour qu'un gouvernement élu puisse remplacer celui nommé par la monarchie. Le temps que de nouveaux partis politiques soient matures et suffisamment établis pour remporter des élections législatives et mettre en oeuvre leur programme.

Un échéancier vague et long qui ne satisfait pas les manifestants, dont les Frères musulmans, le principal parti d'opposition, qui réclament une libéralisation rapide du régime politique de leur pays.

De son côté, le gouvernement a affirmé qu'il était en train de rédiger des lois pour procéder à des réformes politiques, lois qui devraient être promulguées cette année.


Algérie

Des Assises inédites de la société civile algérienne, destinées à relancer les activités des organisations sociales et syndicales, se sont ouvertes pour trois jours, mardi 14 juin, à Alger. Voulues par le président Abdelaziz Bouteflika, elles réunissent plus d'un millier de délégués de divers horizons.

« L'objectif de ces premiers Etats généraux de la société civile est de restituer la parole aux associations et aux syndicats, reconnus, formels ou non formels, et leur donner un espace de discussions, un espace de libération de la parole », a expliqué un responsable du Conseil national économique et social (CNES), organisateur de l'événement.

Accusant le CNES d'être un porte-voix du pouvoir, plusieurs organisations de la société civile, dont la Ligue algérienne des droits de l'homme (LADDH), ont refusé d'y participer et dénoncent un moyen pour le pouvoir de gagner du temps et « d'absorber la contestation pour contourner l'exigence de changement exprimée par la société ». Egypte

Le peuple égyptien continue de manifester régulièrement depuis la chute de Moubarak, le 11 février. Le 27 mai, ils étaient des dizaines de milliers  rassemblées place Tahrir, au Caire, pour protester contre la lenteur de la transition démocratique et des réformes.

Le Conseil suprême des forces armées, avec le maréchal Tantaoui à sa tête, est censé réformer le pays et assurer des élections démocratiques. Des élections législatives sont prévues en septembre prochain pour remplacer le Parlement actuellement dissout.

Les Égyptiens attendent aussi avec impatience le procès de l’ancien chef d’État, fixé au 3 août. Accusé de corruption et d’avoir mené une répression sanguinaire contre les manifestants, Moubarak se remet pour l’instant d’une crise cardiaque datant du 12 avril. Sa femme, Suzanne, placée en détention provisoire le 13 mai, a été libérée quatre jours plus tard après avoir remis ses avoirs à l’État.
 

Tunisie

Le procès de l’ancien président tunisien Ben Ali et de sa femme, réfugiés en Arabie Saoudite, commencera le 20 juin. Ils sont notamment poursuivis pour complot contre la sécurité d’Etat, homicides volontaires, torture, abus de pouvoir, malversations, blanchiment d’argent, trafic de drogue, recel de pièces archéologiques. Ils seront jugés par coutumace, les autorités saoudiennes n'ayant pas répondu à la demande du gouvernement tunisien de lui remettre Ben Ali.
 
Les premières élections de l’après-Ben Ali, initialement prévues le 24 juillet, ont été reportées. L’élection de l’Assemblée constituante est finalement repoussée au 23 octobre. La commission électorale avait demandé le report du scrutin afin de pouvoir organiser des élections en toute transparence et assurer la crédibilité des résultats dans les urnes. Cette décision a été bien accueillie par l’ensemble des principaux partis politiques, comme le mouvement islamiste Ennahda, Al-Watan et le Parti démocratique progressiste (PDP).

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Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 05:46

Carte de la Palestine Barack Obama a promis jeudi 19 mai 2011 un changement d'approche des Etats-Unis envers le Moyen-Orient, plaçant fermement son administration du côté des manifestants pour la démocratie, dans un discours très attendu revenant sur six mois de révoltes arabes. Source le site du journal Le Monde

 

 

 

 

 

 

 

Faute d'un changement d'approche, impératif, l'Amérique fera face à une profonde rupture avec le monde arabe, a assuré le président américain depuis le département d'Etat, où il prononçait cette allocution.

 

L'hôte de la Maison Blanche est revenu en détail sur les épisodes du printemps arabe. Il s'en est pris en particulier au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, et au président syrien Bachar Al-Assad.

 

LA SYRIE SUR LE CHEMIN DE L'IRAN, POUR OBAMA

"Le peuple syrien a montré son courage en exigeant une transition vers la démocratie, a commenté M. Obama. Le président Assad est maintenant face à un choix. Il peut diriger la transition, ou s'écarter". Barack Obama a aussi exigé la fin des violences contre les manifestants, la libération des prisonniers politiques, et l'accès des groupes de défense des droits de l'homme "dans des villes comme Deraa", foyer de la contestation syrienne.

A défaut, Bachar Al-Assad – que Washington a personnellement sanctionné mercredi – et son régime "seront défiés de l'intérieur, et continueront d'être isolés à l'extérieur". Le président américain a par ailleurs accusé la Syrie de "suivre son allié iranien", qui l'aide, selon lui, à organiser la répression.

 

TOURNER LE DOS À L'EXTRÉMISME

Au Bahreïn, allié précieux des Etats-Unis dans le Golfe persique, M. Obama a réclamé un "vrai dialogue" entre le pouvoir et l'opposition. Il a aussi rappelé que le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, devait respecter ses engagements concernant la transition du pouvoir.

Revenant sur la mort d'Oussama Ben Laden sous les balles d'un commando américain, M. Obama a pris soin de remarquer que les révoltes arabes semblaient, à ses yeux, tourner le dos à l'extrémisme. Il a souligné que le chef d'Al-Qaïda "rejetait la démocratie et les droits individuels pour les musulmans au profit d'un extrémisme violent".

Aujourd'hui, a-t-il insisté, les Arabes voient l'extrémisme d'Al-Qaida comme "une impasse". Ben Laden est "un meurtrier de masses", et dès avant sa mort, son réseau"perdait sa lutte (...) car l'immense majorité des gens ont vu que le massacre d'innocents ne répondait pas à leur quête d'une vie meilleure", a déclaré le président américain.

 

POUR UNE PALESTINE DÉMILITARISÉE

Barack Obama a également affirmé que les frontières d'Israël et d'un futur Etat palestinien devaient être fondées sur celles de 1967. "Le retrait complet et graduel des forces militaires israéliennes devrait être coordonné dans l'idée d'une responsabilité de la sécurité palestinienne dans un Etat souverain et non militarisé", a-t-il précisé.

"Il faudra se mettre d'accord sur la durée de cette période de transition, et l'efficacité des accords de sécurité devra être démontrée".

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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 05:04

Nabil Ennasri-copie-1 

 

Tribune Libre de Nabil Ennasri, président du Collectif des musulmans de France, publiée le 12 avril 2011 dans Témoignage Chrétien.  

Depuis le début de la révolution du Jasmin en Tunisie, on assiste à la réapparition d’un discours alarmiste qui appelle Tunisiens et Égyptiens à redoubler de vigilance pour éviter une participation au pouvoir des « islamistes ». Cette vision est simpliste et dangereuse. Par Nabil Ennasri, président du Collectif des musulmans de France (CMF).

"Le vent de dignité qui souffle sur le monde arabe ne peut que réjouir les défenseurs de la liberté. Pour la première fois depuis les indépendances, une révolte populaire a chassé du pouvoir deux dictatures parmi les plus féroces de la région.

 

Le monde arabe est certainement au seuil d’un tournant historique, promesse d’une démocratie à venir. Encore faut-il savoir de quelle démocratie l’on parle.

 

Car depuis le début de la révolution du Jasmin en Tunisie, on assiste, particulièrement en France, à la réapparition d’un discours alarmiste, instrumentalisant la peur de l’islam et qui appelle Tunisiens et Égyptiens à redoubler de vigilance pour éviter une participation au pouvoir des « islamistes ».

 

Les tenants de ce propos estiment que l’émergence de la démocratie dans les pays arabes fera le jeu de ces partis à l’idéologie funeste. On entend même certains observateurs regretter l’âge d’or des dictatures arabes qui avaient au moins le mérite de contenir cette menace.

 

Cette vision est simpliste et dangereuse. Simpliste car on y élude la complexité et l’hétérogénéité des mouvements d’inspiration islamique qui, quoi qu’on en pense, constituent une réalité incontournable du monde arabe.

 

L’islam politique est divers et la quasi-totalité des partis qui s’en revendiquent ont fait le choix de la non-violence et souhaitent concourir à l’exercice du pouvoir en respectant les libertés fondamentales.

 

Dangereuse, car agiter le chiffon vert pour nier aux peuples arabes une réelle transition démocratique revient d’une certaine manière à infantiliser ces populations et à les placer sous tutelle. Le monde arabe serait un espace qui ne serait pas assez mûr pour s’approprier les mécanismes de la démocratie moderne." Lire la suite sur le site du journal Témoignage Chrétien

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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 05:35

Patriarche-Mgr-Fouad.jpg Synthèse de l'interview video réalisée le 11 avril 2011 :

1. Quel est votre avis sur le « printemps arabe » ?

D’un côté, nous sommes très contents de cette prise de conscience de la jeunesse qui prend en main sa destinée. C’est un mouvement sans couleur politique ni religieuse particulière. Il émane de cette jeunesse arabe une prise de conscience de sa propre force et vitalité. Elle a su cassé l’élément « peur » (peur de la police, peur des services secrets, peur de la prison). Aujourd’hui, on peut dire que la peur a changé de camp. Les gouvernements craignent cette masse de jeunesse, cette masse d’opinion qui se réveille. L’Eglise, elle, a toujours prêché plus de démocratie, plus de liberté et plus de dignité des personnes. Et moi-même, dans mon premier discours de Patriarche, j’avais appelé de mes vœux de toujours éviter sur le plan politique comme religieux les décisions unilatérales.

D’un autre côté, il faut reconnaître qu’il y a toujours une part d’inconnu dans ce genre de mouvements. Maintenant que ces populations se sont lancées, nul ne sait ce qu’il adviendra par la suite. Pourvu que ce soit pour le meilleur.

2 . Quel est le rôle des chrétiens d’Orient et ceux de Terre Sainte?

Les chrétiens du Moyen-Orient ne doivent pas être en marge de ces mouvements. Comme nous l’avons dit au Synode d’octobre dernier, les chrétiens doivent se sentir 100% citoyens comme leurs compatriotes musulmans. Ils doivent participer à la vie de leur pays si ces mouvements sont en faveur du bien collectif. Je n’aime pas voir les chrétiens en dehors de ces mouvements. Car c’est aussi leur pays. Ils ne doivent pas se sentir dans un ghetto à part.

Quant aux chrétiens de Terre Sainte, il faut rappeler que la situation politique est ici extrêmement délicate et très différente des autres pays. Il n’y a pas de recette miracle. Chaque pays ayant ses spécificités. L’Eglise de Jérusalem a une mission particulière et se doit de collaborer à une paix juste et durable à travers ses interventions, ses institutions, et ses écoles. Il est évident qu’Israël aujourd’hui comme les pays arabes voisins doivent entendre la vague de contestations généralisée. Si la masse des jeunes ont soulevé ces mouvements dans leur propre régime, tous les pays y compris Israël doivent être vigilants. Nous-mêmes - Eglise catholique et chefs religieux, sommes interpelés sur la manière de bien les guider.

3. Qu’attendez-vous des chrétiens d’Occident ?

Lors du Synode, nous avons touché de près cet argument en reconnaissant que l’Eglise d’Occident ne doit pas regarder l’Eglise d’Orient justement comme l’Eglise d’Orient. C’est la même Eglise confrontée aux mêmes défis pour la jeunesse, la famille, les vocations, …

Les chrétiens qui viennent de l’Occident ne doivent pas se contenter d’aider notre Eglise. Ils doivent se considérer partie prenante de cette Eglise, qui est leur Eglise-Mère. Mieux, ils doivent se sentir responsables de l’avenir des chrétiens qui vivent en Terre Sainte. C’est en venant vivre ici à Jérusalem qu’ils pourront donner des vitamines à leurs racines chrétiennes. C’est un profit mutuel à échelle locale et mondiale. Jérusalem a cette dimension mondiale qui fait qu’on en fera jamais assez pour la Terre Sainte.

Propos recueillis par Christophe Lafontaine

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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 05:01

Egypte manifestants et militairesArticle de Claire LESEGRETAIN : Source Journal La Croix.

Tunisie, Syrie, Égypte… le nombre et la place des chrétiens dans ces sociétés diffèrent. Après avoir intensément participé aux manifestations populaires, en Égypte par exemple, ils attendent des réformes de régime qui garantissent leur sécurité
« Un clair signe d’espoir.» C’est ainsi que les évêques de la Commission des épiscopats de la communauté européenne (Comece) perçoivent le printemps arabe, « après des décennies d’impasses diplomatiques et de conflits au Moyen-Orient ».
Réunie en Assemblée plénière à Bruxelles du 6 au 8 avril, la Comece encourage fortement les citoyens du Maghreb et du Machrek à poursuivre leur engagement « en vue d’obtenir l’avènement des droits fondamentaux et de la démocratie dans leurs pays ».
Les évêques européens rendent hommage en particulier à la jeune génération qui a joué un rôle moteur dans tous ces pays, en lançant et organisant ces soulèvements « de façon courageuse, pacifique et œcuménique ».
Les soulèvements populaires dans les pays arabes depuis janvier ont en effet vu des millions de personnes, toutes religions confondues, crier ensemble leur aspiration à l’égalité citoyenne, à la liberté de conscience et d’expression et à la dignité humaine.

"Il n'y a pas de mouvement chrétien en tant que tel"

« Ce sont des peuples tout entiers qui sont en mouvement ; il n’y a pas de mouvement chrétien en tant que tel », insiste Joseph Yacoub, enseignant à l’Institut des droits de l’homme à l’Université catholique de Lyon.
Pour autant, on peut s’interroger sur la manière dont les chrétiens se sont engagés dans le « printemps arabe » en Tunisie, en Égypte, en Syrie, en Libye, au Yémen, ou à Bahreïn. Comment restent-ils investis dans les processus politiques en cours ? Leur arrive-il aussi de redouter les conséquences de ces transformations majeures ? Les situations varient d’un pays à l’autre.
En Tunisie, les 1 % de chrétiens, principalement des étrangers, ont assisté, sans y participer, aux manifestations populaires qui ont abouti au départ de Ben Ali. De même, en Libye où l’on compte environ un million de chrétiens – surtout des travailleurs étrangers –, ceux-ci se sont très peu impliqués dans l’insurrection.
« Bon nombre d’ouvriers philippins ou indiens ont déjà fui le pays », rappelle Samir Arbache, historien des religions et spécialiste du Proche-Orient à l’Université catholique de Lille. Même chose à Barhein et au Yemen où les chrétiens, surtout étrangers, ne comptent guère numériquement." Lire la suite sur le site du journal La Croix

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