Irak

Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 06:16

louis-sako Mgr Louis Sako : «L'attentat de Bagdad était politisé,

j'en suis persuadé. Il a été préparé avec soin.»

Interview  de l'archevêque chaldéen de Kirkouk, Mgr Louis Sako, décrit le traumatisme des chrétiens irakiens. La communauté chrétienne en Irak a compté jusqu'à 1,5 million de membres. Elle est aujourd'hui forte de 850 000 personnes, sur 30 millions d'Irakiens environ. Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk (nord), était récemment de passage à Paris. 

LE FIGARO. - Après l'attentat qui a fait 68 morts dans une église de Bagdad en octobre , comment abordez-vous les fêtes de Noël cette année en Irak ? 

Mgr Louis SAKO. - C'est la première fois que les chrétiens se sentent découragés. L'atmosphère est celle d'un deuil. À Bagdad, le massacre a été très choquant pour les chrétiens, et pour tous les Irakiens qui ont réagi avec force contre cette attaque. À Kirkouk, nous ne célébrerons pas la messe de minuit. Ce sera la même chose à Bagdad et à Mossoul. On ne sait jamais. La police n'est pas professionnelle - et parfois infiltrée par les extrémistes. C'est ce qui est arrivé pour cet attentat : la veille, les barrières de sécurité avaient été déplacées ; le jour même, la police n'est pas venue… C'étaient là des signes. Il faut les voir. Nous n'avons pas le droit d'exposer la vie des fidèles au danger. 

Peut-on parler d'un Noël de terreur ?

De peur, plutôt. Le mot de terreur est trop fort. La terreur, c'est quand tout est fini. Avec la peur, l'espoir subsiste. Tout n'est pas noir, il y a une petite lueur dans la nuit. Lire la suite de l'interview sur le site du journal Le Figaro

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Samedi 25 décembre 2010 6 25 /12 /Déc /2010 09:18

irak-chretiens.jpg Toujours sous le choc après l'attaque de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad le 31 octobre dernier qui a fait 53 morts, les chrétiens d'Irak, victimes régulières de meurtres et d'enlèvements, célèbrent un Noël sans festivités. Pas de sapin, de chants, de guirlandes, de crèches, et encore moins de messe de minuit. Le Noël des chrétiens d’Irak se fête cette année le plus discretèment possible cette année, après la multiplication des attaques récemment. Les représentants des différentes communautés chrétiennes d’Irak ont annoncé l’annulation des célébrations publiques de Noël et réduit drastiquement le nombre de messes. A Kirkouk, l’archevêque catholique chaldéen Louis Sako a renoncé aux décorations sur son église et demandé aux fidèles de ne pas décorer leur maison. A Mossoul, le prêtre syriaque orthodoxe Faiz Wadee a annulé les célébrations religieuses. A Kirkouk, les enfants ne verront pas comme chaque année le père Noël devant les églises. Et dans la plupart des lieux de culte de Bagdad, la messe de minuit a été annulée pour être repoussée au lendemain matin. Lire la suite sur le site de France 24

Noel-2010-Irak.jpg "Devons-nous rester ? devons-nous partir ?"

Malgré les menaces d'attentat, de nombreux chrétiens irakiens se sont rassemblés vendredi 24 décembre pour fêter Noël . Dans l'église Saint-Joseph de Bagdad, une poignée de chrétiens assistent malgré leur peur, vendredi soir 24 décembre, à la traditionnelle messe de Noël, en dépit des menaces d'attentats proférées contre leur communauté par Al-Qaïda. "N'ayez pas peur. C'est le message d'aujourd'hui", lance à la quarantaine de fidèles présents le P. Saad Sirop Hanna, prêtre de l'Eglise catholique chaldéenne. "Ce Noël, la communauté chrétienne est effrayée, elle prend au sérieux les menaces reçues par internet du dénommé Etat islamique d'Irak", souligne toutefois le prêtre, après la messe, qui si tôt finie, voit les fidèles rentrer chez eux. Ces derniers jours, Mgr Louis Sako, évêque de la ville multiethnique de Kirkouk (240 km au nord de Bagdad), ainsi que dix autres personnalités chrétiennes ont reçu par courriel des menaces de mort du ministère de la Guerre de l'Etat islamique d'Irak (ISI). Cette émanation d'Al-Qaïda, a revendiqué l'attaque contre la cathédrale syrienne-catholique de Bagdad ayant coûté la vie à 44 fidèles et à deux prêtres à Bagdad le 31 octobre. Dix jours plus tard, une série d'attentats visant les domiciles de chrétiens à Bagdad faisait six morts et 33 blessés.Lire la suite sur le site du journal La Croix

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Vendredi 24 décembre 2010 5 24 /12 /Déc /2010 06:02

                                                                                   michel-dubost.jpg  CHRÉTIENS D’IRAK
L'attentat de la cathédrale de Bagdad a bouleversé le monde. Des blessés sont arrivés en France... Et les témoignages sont déchirants. Il est évidemment bien d'accueillir ces blessés. De les entourer de notre prière. Et de notre affection. Mais ils doivent nous réveiller. Il ne s'agit pas simplement de sentiments mais de l'avenir de la planète.
La majorité des personnes déplacées dans le monde sont des musulmans. La majorité des victimes d'attentats dans le monde sont aussi des musulmans. Et, s'il est normal que nous soyons attentifs à nos frères chrétiens... A nos yeux, une victime est une victime. Il n'y a pas de différence. Sauf, et c'est le cas en Irak, lorsqu'il s'agit d'éliminer un groupe
religieux. Personne ne pense en Irak éliminer les sunnites ou les chiites, mais certains pensent éliminer les chrétiens parce que chrétiens. La plupart des attentats ont pour but la recherche du pouvoir. Les attentats contre les chrétiens ont pour but le départ, l'anéantissement des chrétiens. Toute la différence est là. Et c'est cela qui incite à la lutte. Nous ne nous battons pas simplement pour les chrétiens mais pour les droits de l'homme Et, en particulier, pour la liberté religieuse : celle de changer de religion, de pouvoir l'exprimer, d'être un citoyen à part entière, celle, non seulement de pratiquer, mais d'exister librement dans la sphère publique.  Et notre combat doit servir au musulman qui ne veut pas pratiquer le Ramadan, au juif qui ne veut pas qu'on lui impose le shabbat, comme au chrétien, comme à l'athée. La liberté religieuse est la pierre de touche de la véritable liberté. Michel Dubost   Président de Justice et Paix décembre 2010

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Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 06:11

Pascal-Gollnisch.jpeg Noël sera célébré à Bagdad comme partout dans le monde par les chrétiens, mais la tristesse dans le cœur. Mgr Sako  (Kirkuk) et Mgr Matoka  (Bagdad) témoignent. Pour marquer la solidarité de l’Eglise de France, le Père Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, s’est rendu à Bagdad pour prier, notamment avec la communauté syriaque. Il  sera de retour mercredi. Message de l'Oeuvre d'Orient

Mgr-Louis-Sako.jpgNoël sous le signe du deuil pour les chrétiens d’Irak

Lors de son passage à Paris pour recevoir le Prix le Paix 2010 qui lui a été décerné par Pax Christi, l’Œuvre d’Orient a interrogé Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkuk sur les préparatifs de Noël en Irak.

« Cette année, nous sommes en deuil. Nous célèbrerons simplement la messe, de jour car même à Kirkuk, ce n’est plus possible de célébrer la messe de nuit. C’est trop dangereux pour nos fidèles.  A Souleymaniye, c’est possible car c’est une ville kurde et les chrétiens y sont nombreux. Plus de 1000 fidèles participent à la messe du soir de Noël, environ 500 pour les messes du dimanche soir. Noël est un jour de congé pour tous. Beaucoup d’irakiens fêtent Noël, chrétiens et non chrétiens, surtout ceux qui sont en contact avec les chrétiens. Avec arbre, petits cadeaux, père Noël… On vend des décorations de Noël sur les marchés et il y a même des crèches chez les commerçants chrétiens. Les irakiens sont modérés, les fanatiques viennent de l’étranger. Généralement il y a des grandes fêtes entre Noël et le Jour de l’An, des réceptions avec les autorités politiques… mais la communauté est en deuil, il n’y aura pas de fêtes, seulement des veillées de prières ».  Après son intervention au Parlement Européen de Strasbourg (14/15 décembre), Mgr Matti Matoka, archevêque syrien de Bagdad, a fait un bref arrêt à Paris pour visiter ses fidèles soignés en France avant de retourner auprès de sa communauté pour partager le temps de Noël. A Bagdad non plus pas de fêtes, mais messes et  prières sous protection grâce aux murs qui devraient être érigés autour de l’archevêché et de la cathédrale, nous a-t-il confirmé. L’Œuvre d’Orient lui a transmis les nombreux  messages de condoléances et d’encouragements reçus des chrétiens de France ainsi que des dizaines de cartes de vœux réalisées par des enfants qui seront offertes aux enfants de son diocèse. « Toute votre sollicitude, toutes vos prières, votre amitié sont en grand réconfort. Cela nous donne du courage, nous a dit l’évêque, c’est ce dont nous avons le plus besoin. ». Selon un Père dominicain de Bagdad « 30 à 40 000 personnes auraient quitté Bagdad (pour le Kurdistan ou l’étranger) depuis le 31 octobre. Nous pensons que 100 000 chrétiens pourraient partir prochainement » Si nous ne faisons rien, l’Irak portera bientôt le deuil de ses chrétiens. Nous devons nous mobiliser. Paris, le 20 décembre 2010  Source l'Oeuvre d'Orient

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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 06:32

Statue du Christ dans le nord de l'IrakLes chrétiens d’Iraq sont depuis quelque temps en butte à une série d’attentats spectaculaires, parmi lesquels des prises d’otages et le massacre à l’église Notre-Dame du Salut à Bagdad à la fin octobre, 2010 sans parler des attentats ciblant des maisons chrétiennes dans le quartier d’El Mansour il y a quinze jours.

La semaine dernière, le pape Benoît XVI a attiré l’attention du monde sur les souffrances de ces chrétiens, déclarant : « les communautés ecclésiales prient pour les chrétiens qui souffrent de persécutions et de discriminations, particulièrement en Iraq », exprimant aussi l’espoir que « la liberté religieuse soit assurée à tous dans le monde entier ».

Malgré tout, la multiplication des attentats contre les chrétiens soulève bien des questions quant à leur avenir en Iraq.

Ces attentats ont instillé la crainte et la terreur au sein de la communauté chrétienne, poussant de nombreux fidèles à envisager l’exil. Tous les encouragements prodigués par le gouvernement, tous les appels de la communauté internationale les invitant à ne pas quitter l’Iraq ont échoué en raison de l’insécurité qui règne dans certaines régions du pays. A en croire les intéressés, le message de l’Etat islamique d’Iraq, mouvement insurrectionnel lié à Al-Qaïda, est clair : tous les chrétiens du pays sont des cibles légitimes.

Les chrétiens ne sont pas des nouveaux venus en Iraq. Leur histoire remonte aux Assyriens et aux Chaldéens, les précurseurs de l’Iraq moderne. Ils ont toujours fait, et font encore partie intégrante du tissu social de ce pays, ayant vécu paisiblement aux côtés des musulmans et des autres groupes confessionnels au cours des ans. Ces communautés ont traversé solidairement les épreuves que l’Iraq a endurées au cours de son histoire, et les chrétiens ont pu pratiquer leur religion selon leurs traditions sans incident.

Depuis 2003, malgré tout, un grand nombre de chrétiens ont quitté les régions où le danger était particulièrement élevé, Mossoul et Bagdad surtout, pour se rendre en Jordanie et en Syrie. Pourtant, ils ont le droit de vivre en paix en Iraq, en jouissant des mêmes droits et protections que leurs concitoyens musulmans.

A l’intérieur même du pays, des voix s’élèvent, surtout au sein de la commission parlementaire nouvellement créée pour assurer la protection des chrétiens, afin que leur sécurité soit assurée par les des forces de sécurité spéciales. Ces mêmes voix demandent aussi que des réparations soient accordées aux chrétiens qui ont déjà été victimes d’attentats. Tout dernièrement, le 9 novembre, le Premier ministre Nouri al-Maliki a participé à une émission télévisée avec de hauts responsables des églises afin de déclarer publiquement que les dirigeants iraquiens ont à cœur d’assurer la protection des chrétiens.

En consacrant ainsi une attention prioritaire à la sécurité de la communauté chrétienne, l’assemblée parlementaire prend position et veut faire savoir aux chrétiens que le gouvernement défend tous ses citoyens.

Les autorités territoriales des provinces de Najaf et d’Erbil ont également invité les chrétiens à venir s’installer provisoirement dans ces enclaves de paix, tandis que le gouvernement central continue de combattre les mouvements insurrectionnels comme l’Etat islamique d’Iraq et tous ceux qui perpètrent des attentats dans les zones du pays où le niveau d’insécurité reste élevé.

Consternés par les attentats, les sunnites et les chiites ordinaires du pays sont également solidaires de leurs concitoyens. En plus des voisins, des institutions d’enseignement viennent aussi à la rescousse. Ainsi, l’Université de Kufa dans la ville de Najaf, a invité des professeurs et des étudiants chrétiens dans ses locaux, tandis que le gouvernement du Kurdistan propose officiellement ses institutions à des étudiants et à des professeurs chrétiens.

Les chrétiens d’Iraq sont connus pour leur patriotisme et leur amour du pays. Moi qui suis leur compatriote musulman, je suis consterné de voir leurs vies et leurs foyers menacés, je suis accablé de les voir partir. J’espère que les Irakiens chrétiens et musulmans, solidaires, sauront surmonter cet obstacle, comme ils ont su surmonter toutes les souffrances que leur pays a connues dans le décours de sa longue histoire. Source Oumma.com

Ahmed Fahad
Instructeur dans le département des médias de l’Université de Dhi Qar en Iraq. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

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